LE JEU DU TONNEAU
pr.s une lithographie par Alophe, publiée dans l'Artiste, en 1 836.
LES ARTISTES CÉLÈBRES
d’après ses tableaux, le Corps de garde turc et les Anes dans une ville d’Orient, ne sont pas sans valeur. Je regrette qu’il n’ait pas donné suite à ces essais : la manière admirable dont il comprenait le clair-obscur l’aurait fait réussir dans ce bel art, porté si loin par Rembrandt et remis en honneur par notre génération.
J’en ai à peu près Uni avec la partie légère de l’œuvre de Decamps. On ne peut cependant passer sous silence ses scènes de travestissement, dont plusieurs ont été popularisées par la lithographie. Personne n’a oublié ses chiens savants, ses singes de toute espèce, satires vives, spirituelles, mordantes, des ridicules et des travers humains. Le grotesque, la laideur, la grimace ne sont pas sans doute les sujets naturels de l’art : ils lui appartiennent cependant lorsqu’ils sont revêtus des qualités de composition et de dessin qu’on est bien forcé de reconnaître dans tout ce qu’a fait Decamps. Les Singes experts , exposés au Salon de 1844, sont peut-être le chef-d’œuvre du genre. La couleur en est fine et légère comme la pensée. On assure que Decamps fit ce tableau par rancune, et sous l’impression de quelque sévérité du jury. La vengeance dépasse l’offensé assurément. Le Singe peintre, le Singe se regardant dans un miroir, les Singes musiciens, sont également de spirituelles boutades de cet esprit mordant. Lorsque son talent se fut agrandi et complété, Decamps abandonna presque complètement ce genre de sujets. Il y revint pourtant encore quelquefois. On trouve dans ses deux grands pastels, les Singes boulangers et les Singes charcutiers , qui datent de ses dernières années, des qualités de premier ordre. Dans les Singes boulangers surtout, le comique résultant de l’expression de la fatigue et de l’ennui qu’éprouvent ces fantasques animaux condamnés au plus fastidieux des labeurs est indiqué avec beaucoup de verve et de bonheur.
CROQUIS
D'après une lithographie originale de Decamps