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provinces, sans hésitation, par des naturalisations rapides, les meilleurs éléments de ces millions d'étrangers qui, séduits par la douceur de notre climat, la fertilité de nos campagnes, éprouvent le besoin de s’y fixer à l’abri tutélaire des lois de la République. (Applaudissements.)
Ft si, par surcroît, nous savons, comme nOUS le devons, protéger par des lois sévères et efhcaces, le paysan contre les méfaits de la spéculation (oifs applaudissements), si nous veillons sur lui matériellement et moralement dans son existence, dans son travail, ses épreuves, son épargne: 51] sent en un mot que, c“lans notre erganisetion politique et sociale, il est le conseiller écouté, l'an sûr dont des avis sont recueillis et suivis, dont les intérêts et Les besoins sont toujours présents à l'esprit du législateur et du gouvernement; s'1l voit vraiment qu'il joue dans la société moderne le sôle de premier plan auquel sa sagesse et ses immenses services lui donnent droit, alors il comprendra qu’une aube nouvelle se lève pour lui, et 1] s'attachera davantage encore à celte tee où les siens ont vécu, où ses descendants wiviont à leur tour. H verra onduler avec l’orgueil de sa tâche souveraine les grands champs dont Les épis nourriront les hommes et qui lui procureront à lwmême, en rémunération de son labeur honoré, l’aisance, de contentement .et da joie. (Nouveaux applardissements.)
Notre parti est, de tous, le plus près de l'âme rurale. 11 lui a emprunté ses qualités de
mesure, de réflexion, de prudence dans l’action, que d'autres partis qui s’essayent vainement à gagner à leur cause les masses agricoles, nous réprochent parfois. Aux heures graves de la République, c’est dans ces populations loyales et saines, ennemies des aventures, et méfantes de vaines paroles, qu'il a trouvé, pour la défendre, l'appui le plus dévoué et le plus sûr.
Au prolétariat agricole, nous devons la justice ; à la production terrienne, nous devons l’appui le plus cordial, le plus efficace, et le plus affectueux des lois de la République
Cet appui, il ne doit pas être ménagé non plus aux autres branches de la production nationale. Nos industriels, nos artisans ét nos commerçants, se plaignent à juste titre que leurs mérites ne soïent pas toujours récompensés à leur valeur. Exigeons d'eux, c’est notre droit et notre devoir, le respect légitime des intérêts du consommateur qui he sauraient être sacriñés aux désirs honteux d’enrichissement rapide d'intermédiaires peu scrupuleux: maïs, cela faït, ne méconnaissons pas le magnifique effort accompli par le commerce et l’industrie dans tous les domaines, et veïllons, par un système fiscal, moins rigide, par des mesurés appropriées à délivrer leurs initiatives des routines aëministralives qui les gênent et trop souvent Îles paralysent. Si notre Parti est favorable à des ac- Cords économiques internationaux, dans fa rne- Sure où 1ls peuvent favoriser la paix, ét mieux Organiser la production, il ne veut pas que ces
ententes dégénèrent en malihusianisme néfaste pour la classe ouvrière, pour les consommateurs, pour le bien-être social. Il entend donc qu :ls soient soumis au contrôle de la nation, et de l'organisation de Genève. (Appaudissements répétés.)
Le programme social.
Citoyens,
C’est par une politique très ferme de réformes! hardies dans tous les domaines de l’activité nationale que nous parviendrons à surmonter et àl vaincre les difficultés que nous a léguées lal guerre. L'histoire de France n'est qu'une lon: gue suite, non de miracles, mais d’efforts vaillants et sans cesse renouvelés. |
Un pays comme le nôtre ne saurait voir s’épa-! nouir pleinement son génie s'il ne donnait d'au tre aliment à ses élans que des préoccupations! d'ordre matériel. Il lui faut un idéal, quil trouve tout naturellement dans sa volonté del progrès et de justice sociale, génératrice d'u équilibre harmonieux entre les citoyens et, con-| dition essentielle de la paix intérieure. Dans! toute révolte, il n’y a pas seulement l'aigreu de la défaite, ou le vil sentiment de l'envie: l'irritation de l'impuissance contre une destinét mauvaise, la croyance que c’est seulement pal
la violence qu'ils arriveront à briser les obstacles, à changer un ordre social inique et cruel, une humanité égoïste et marâtre, font seuls les révoltés et secondent l'action néfaste des mauvais bergers.
Dans la démocratie que nous voulons, 1l ne doit point y avoir de colères légitimes, point d'iniquités ; il faut que ceux qui ressentent durement l'aiguillon de l'infortune, trouvent autour d'eux une société fraternelle, et voient la République se diriger d’un pas ferme et sûr vers ce hâvre de salut qu'est ia Solidarité.
A la suite d’un lent et pénible effort, les privilèges politiques ont, pour la plupart, disparu. Mais il reste encore trop de privilèges économiques et de servitudes sociales.
Dès longtemps, nous nous étions dressés devant eux; mais la politique du Bloc National en a marqué d’une aveuglante clarté le danger toujours menaçant. Jamais, à la doctrine du laisserfaire économique, abritant sous couleur de libéralisme les pires égoïsmes, nous ne sacrifons, ni la journée de huit heures (applaudissements répétés), ni aucune des conquêtes que nous avons aidé le prolétariat à remporter, n1 ces monopoles d'Etat vers lesquels se tendent tant de mains avides. Bien mieux, nous veillerons avec un soin jaloux à ce que la collectivité recueille chaque jour davantage le bénéfice des biens qui lui reviennent légitimement. (Nouveaux applaudissements.)
Nous ferons aussi, en sorte que, dans une so-
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ciété plus juste, chacun avec l’aide fraternelle de la collectivité, puisse connaître, quelle que soit son origine, le destin heureux dont son mé- | rite ou son effort | aura rendu digne.
Nous ne prétendons pas créer un milieu économique et social fabriqué de toutes pièces | Nous prétendons agir par évolutions ‘succes- “sivés qui, prenant corps à corps les imperfec- | tions et les imiquités de la société moderne, don- | neront à la personnalité ‘humaine, selon les vœux de la Révolution, la possibilité de s’épa-
nouir plémement.
En premier lieu, 1l faut vivre, ét notre nation | est menacée d'une crise des plus graves : celle de la natalité. Elle ne pourra la conjurer que | par la protection de la matermté et de l'en- ! fance: la lutte contre la vie chère, et le taudis, et par de large développement de l’habitat ouvrier.
Après avoir assuré à l'individu l'existence | de chaque jour, 1] faut songer à la sécurité du lendemain. C'est le but des Assurances Sociales | dont le proiet de loi a été mûrement étudié, lon- | guement délibéré: mais 1] marque le pas depuis | six années, arrêté par les difficultés financières sans doute, mais surtout par des égoïsmes qui, sous la dernière législature, n'étaient pas près de capituler. Hâtons cette réforme qui apportera aux travailleurs frappés par la maladie, la vieillesse et d'invalidité, à la mère, à l’enfant, une protection généreuse et efficace. Elle deviendra une garantie de max sociale : Mais
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elle aura également cet avantage de rapprocher par des conditions de vie équitables la situation du travailleur des champs, de celle de l'ouvrier des usines. (Applaudissements.)
Nous n'oublierons pas non plus la juste cause des petits retraités dont la situation pémible et douloureuse vaut d'être réglée dans le plus bref délai, ni celle sacrée, des victimes de la guerre, et notamment, des ascendants privés de leur soutien, dont les plaintes légitimes ne sauraient plus longtemps demeurer sans sanction.
Pour préparer les voies au relèvement et à la coordination de notre production nationale, nous ferons appel, comme hier Malvy l'indiquait si éloquemment (applaudissements; cris: « Vive Moaloy! ») aux groupements compétents, et tout particulièrement aux organisations ouvrières par le développement des attributions du Conseil National économique ; PUIS, SU An plan plus large, ouvrant de vastes perspectives sur l'avemir, nous travaillerons à la réunion de ce Consel Economique [nternationa] dont les bases ont été jetées à l'Assemblée de la Société des Nations sous J’énergique et heureuse impulsion de la Délégation Française, et qui, en affermissant la paix, rapprochera les classes ouvrières de tout le pays.
Nous continuerons à faire pleine confiance au syndicalisme dont nous pouvons chaque jour apprécier l’œuvre consciencieuse, Le profond déair de progrès, et de reconstitution sociale. (A4pplaudissements ) Loin de suspecter ses mobiles,
et de jeter un regard soupçonneux sur son acti-| vité, nous persévérerons à l’aider de tout notre cœur, de même que nous donnerons aux fonc-| tionnaires, à quelque rang qu'ils appartiennent, l les moyens de vivre honorablement, et aussi de prêter à l'Etat, dans des conditions qui respectent entièrement leur dignité, l’appui de leurs conseils et de leur expérience. (Nouveaux ap-l plaudissements.) 1
Nous voulons la libération des travailleurs de&. tous ordres, qu'ils soient manuels ou intellectuels, en leur donnant pleine conscience de leurs responsabilités. L'heure est venue d’ailleurs où doit se poser devant la conscience du législateur] 4. pour être à bref délai résolue, a question de leur participation obligatoire aux bénéfices et à] la gestion des grandes entreprises privées ou pu-|f bliques. Par là, nous marquerons une nouvelle|} étape vers la suppression du salariat (vifs ap-|l plaudissements), et accomplirons par les voiesik pacifiques qui sont les nôtres, une révolution dé-|h cisive dont le résultat sera, non la lutte, mais} la solidarité nécessaire des classes réconciliées # dans la Justice, le Travail et le Progrès.
L'Ecole unique.
Notre tâche ne s'arrêtera pas là. L'homme 4 est à la fois corps et pensée : pour «en faire un | citoyen complet, c’est surtout à son intelligence, #
es à son éducation qu'il faut s'attacher. Dans ce but, après avoir veillé sur sa naissance, nous devons donner à l'enfant notre sollicitude comme guide à ses premiers pas.
Pour assurer à la démocratie une éducation à sa taille, à la mesure de ses besoins, nous avons inscrit l'Ecole Unique dans notre programme. (Applaudissements répétés.)
Avec elle, ce sont encore des privilèges de classe qui vont disparaître, des barrières sociales qui vont tomber, car elle permettra d'instruire 1 la masse, en dégageant toutes les vraies élites.
La Justice et la Liberté.
Nous ne les voulons pas seulement dans le domaine individuel et dans l'organisation sc cale. Nous voulons qu'elles s'étendent aux organismes fondamentaux de notre pays. C est dans cet esprit que nous nous monirerons favorables aux larges remaniements de la loi de 1884 dans le sens de l'autonomie communale, | de l'organisation des départements et des conseils généraux sur des bases nouvelles qui leur donneront, avec plus de liberté d'’allures, des responsabilités et des droits plus étendus. Nous ne serons pas dupes d’ailleurs, ni-des agitations Suspectes par lesquelles, en Alsace notamment,
certains éléments essayent, sous le prétexte fal-
= 56, | lacieux de défendre des coutumes que nul né menace, de porter en réalité atteinte à l'unité morale du pays, ni des propagandes cléricales qui, sous couleur de régionalisme, visent simple” ment à maintenir des places de sûreté au profit! des factieux. (A pplaudissements.) Les agressives! exhoïrtations dominicales, des archevêques, dei! évêques et de leurs coadjuteurs crvils et mib-! taires, la propagande menée de mauvaise fol contre l’école laïque, la reconstitution iltégale, des congrégations enseignantes, en un mot, l'action dirigée de Rome contre les Lois que nou considérons, nous, comme les assises définitives de la République, nous trouvera prêts aux né cessaires riposies. (Applaudissements unanimes.)
La volonté de paix.
Paix intérieure par le progrès continu, la So hdarité établie, la Justice progressivement réa Hsée. Paix extérieure par l'arbitrage, la sécurité, le désarmement, tel est le programme que not soumettons à la démocraiie française. Notre dot’ trine, à l'encontre de celle des nationalistes el des communistes, c’est la doctrme du Protocole établi en 1924 par Herriot, confirmée par Pair levé, à la sixième assemblée, et qui a abouti par l'effort persévérant d’ Aristide Briand at! traité de ÉLocarno, ainsi qu'aux entretiens de
Thoiry. Ainsi, s'accuse aux veux de l'Univers désormais pleinement éclairé, le vrai visage de la France, sa volonté immuable et généreuse de soustraire le monde à l'emprise de la Violence, et de ne suivre d'autre route que celle de la Paix et du Progrès. (Applaudissements.) L'œuvre grandiose qui s’accomplit à Genève sera ardemment soutenue, défendue, accrue, par le Parti Radical et Radical-Socialiste qui ne poursuit d'autre dessein, et ne rêve pour la France d’autre gloire que la réalisation de la Paix dans l’entente des peuples civilisés. (Nouveaux applaudissements.)
La tactique électorale et le mode de scrutin.
Mais, pour réaliser ce vaste programme, il aut qu un régime soit fort, il faut aussi qu'il se lenne près de la masse populaire en contact diect avec ses aspirations et ses volontés. Ces Conditions ne peuvent se réaliser dans le chaos, dans la confusion d'élections faussées à l'avance et d’où ne peut se dégager aucune indication Précise. Une démocratie ne peut s’accommoder
un scrutin qui la laisse exposée à toutes les SWprises, comme à toutes les déceptions: il le U faut clair comme sa pensée.
Revenons donc à cette consultation populaire, | simple et loyale, qu'est le scrutin majoritaire. (A pplaudissements.) Peu nous importerait qu'on l'envisageât dans le cadre départemental, s1 nous ne nous trouvions en présence d'un vote | presque unanime du Sénat et d’une préférence marquée du pays républicain en faveur du scrutin d'arrondissement. C’est au projet voté par la Haute-Assemblée que le Parti Radical-Socialiste doit se rallier (nouveaux applaudissements), et c'est pour lui, dès la rentrée, qu'il livrera une Lane où il demande aux partis républicains voisins de la soutenir, et où il réclame du Gouvernement qu’il prenne l'initiative attendue par, le pays tout entier, s'exprimant par la voix de ! l'immense majorité de ses Conseils généraux.
Tous ceux qui ont vraiment au cœur l'amour de ! la République sentent l'importance décisive de cette réforme. Quelles perspectives nous atten-, draient demain, si le scrutin majoritaire n'était pas voté ? Parlons net et jouons cartes sur table. Aucun des partis de gauche — les communistes exceptés — ne peut, soit électoralement, soil! parlementairement, s'isoler des partis voisins. Qu'il y ait entre eux des différences profondes | de doctrine et de tactique, cela n’est point dou teux. Mais qu'il y ait également en eux un, volonté essentielle de réaliser la justice sociale. et le progrès humain, fondement même de l'idéal républicain, c'est non moins certain. Ces paris. ne peuvent aboutir à un résultat positif qu'à la condition de savoir s’'entr'aider à certaines heu)
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res. (Wifs applaudissements.) Divisés, ennemis, ils sont exposés, les uns et les autres, à des défaites cruelles. Restant eux-mêmes, mais ne connaissant pas d'autres ennemis à gauche que ceux qui vont chercher à Moscou le mot d'ordre de violence, de dictature, d’outrages à la patrie, de révolution sanglante, 1ls peuvent envisager dans la pleine indépendance de leur propagande respective et de leur idéal propre, les ententes limitées et fécondes par lesquelles la République sauvegardera les libertés publiques et développera le mieux-être social. (Vifs et nouveaux applaudissements.)
Par le scrutin d'arrondissement, chaque parti Pourra courir sa chance là où 1l n'y aura pas pour l’idée démocratique danger d’être battue au premier tour de scrutin, et où par des ententes préalables, des accords qui n'auraient pas été établis. Au second tour, le jeu normal de la discipline républicaine assurera aux partis de gauche une victoire aisée.
Soucieux de l'avenir de la démocratie, ne connaissant d’autre culte que celui de la Répulique, de la Patrie, nous ne voulons pas laisser se compromettre toutes les espérances, toutes les PHNbiites de justice et de réformes que le Régime porte en lui, sur le coup de dés d’un scru- Un truqué et propice aux embüûches. (Vifs apblaudissements.) C'est pourquoi nous ne vouons pas de conflit avec le parti socialiste de qui nous sépare nettement, nous ne le cachons pas, eS conceptions essentielles, mais de qui nous