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celui de savoir dans quelle mesure la présence
de mimistres radicaux-socialistes dans le Cabinet Poincaré engage la tactique et l’action de notre Parti.
La déclaration inaugurale du Gouvernement permet de répondre avec précision à cette question cite Ce document définit amsi la têche du Ministère
« Le Cabinet qui se présente devant vous s'est formé dans un esprit de réconciliation nationale, pour parer aux dangers qui menacent
vrai, le seul débat que nous devions vider, c'est |
tout à la fois la valeur de notre monnaie, la,
liberté de notre Trésorerie, et 1’ équilibre de nos finances. »
Sur ce ‘terrain, et pour poursuivre ce but, | hotre Parti, faisant abstraction des personnalités,
ne devait-il pas prêter son appui loyal à l’effort
tenté par le Gouvernement ? Dans sa grande ma- !
jorité, 11 l’a fait. Faut] le regretter ?
Alors que, par suite d’une panique organisée à la faveur d’une crise ministérielle, et qui visait à atteindre nos chefs, tous nos chefs, les coffres du Trésor, vidés de leur substance ne pouvaient plus se remplir que par des inflations nouvelles, alors que la ruée des déposants assiégeaient les guichets des Banques et des Caisses d'Epargne, que la livre bondissait à 248 francs, la panique a été arrêtée; le franc à regagné le tiers de ce qu'il avait perdu, les bons de la Défense Na-
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tionale se sont normalement renouvelés, le Budget a été équilibré, quatre milliards et demi de ressources ont été trouvées pour l'amortissement, en un mot, les lourds nuages qui menaçaient de crever en cyclone ont élé dissipés.
Ces faits justifient à eux seuls l'attitude de nos amis.
Reste l’averur. Qui de nous peut déclarer que nous touchons au port et que de salut du franc est assuré ? Hélas, des causes profondes de la dépréciation «de notre monnaie subsistent, .et, tant qu'on ne des aura pas extirpées, nous serons exposés à des dangers contre lesquels :il mous faut à tout prix garantir notre pays, dont le destin domine, et.de bien haut, le sort de tous les Partis politiques. De l'attimde du Gouvernement en face de «ces graves problèmes, .dépend da nôtre à son égard. (4 pplaudissements.)
Notre Parti envisage que, dans une situation exceptionnelle, 1l ne saurait assumer la responsabilité de provoauer l'échec de l'effort tenté par le Cabinet d'Union Nationale. Il ne renonce, nullement d'ailleurs, à indiquer dans celte situation, les solutions qu'il a depuis longtemps envisagées pour parer au péril financier, ni à sa volonté de ‘faire prévaloir ces solutions. Mais, quelle que soit la durée de cette trève, il estime que dans l'avenir, son rôle ne saurait se borner à être à da remorque de combinaisons auxauelles il participerait sans y jouer le rôle de Direction qui doit demeurer son but. (Vifs applaudissements.)
Le Programme financier.
À bref délai, nos élus auront à se prononcer! sur la grave question de nos dettes extérieures. Notre Parti a fait connaître sa volonté, dans les! résolutions que vous avez approuvées. I] ne peut! ratifier les accords sans, lovalement, indiquer en! même temps à nos amis Américains et Anglais, les réserves qu'il apporte dans leur acceptation.|
Nos élus auront à se prononcer, en second!
lieu, sur les décrets publiés par le Gouvernement, en ce qui touche les économies, et qu'il doit présenter à la ratification des Chambres. S'il est parmi les mesures prises, des décisions utiles, parfaitement justifiées, heureuses même, et que! l'opinion, dans son ensemble approuve pleine-| ment, quelques-unes, en particulier, la suppres-| sion généralisée des tribunaux d'arrondissement, doivent être révisées, ou notablement amendées.|
Mais, l'œuvre essentielle de la présente lé:! gislature, demeure la restauration de nos finances. Elle ne s’accomplira pas sans un effoïtl complet et hardi auquel notre Parti saura se consacrer. Le gouvernement et le Parlement, doivent, sans plus tarder, réaliser la Stabilisation! (A pplaudissements), en l’appuyant sur une poli tique financière, conforme à la fois à la justice et à l'intérêt public. Ici, notre Parti a le devoitl de déclarer qu’il n'entend abdiquer aucun de ses droits d'initiative, ni de contrôle (Nouveaut
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applaudissements.) Se gardant d'en user dans un sentiment d’hostilité préconçue vis-à-vis du gouvernement, et, en souhaitant même de pouvoir lui apporter son concours dans sa lourde tâche, il veut confronter ses solutions avec celles qui lui seront proposées, et se réserver de montrer leur efficacité à la lumière de débats loyaux et exempts d'arrières-pensées. [Il a accepté, en un moment tragique de notre histoire financière, que l'on recourut très largement — trop largement — à l'impôt indirect, parce qu'on ne voyait pas, alors, dans l'état d'esprit de la Chambre et du Sénat, d’autre moyen possible de secourir à temps la Trésorerie accablée. Mais il demeure convaincu que le redressement financier, réel et définitif, est inséparable de deux conditions maîtresses : l'appel à la fortune acquise et à l'enrichissement, et la rénovation profonde de notre système de production. (Wifs applaudissements.)
L'appel à la fortune acquise, s'il était conçu sous une forme trop massive ou trop simpliste, soulèverait des difficultés matérielles et morales qui ont été magistralement mises en lumière par le grand financier et le grand Républicain que notre Parti s'honore compter parmi ses chefs éminents, M. Joseph Caillaux. (Vifs applaudissements et cris: Vive Caillaux!) Mais plusieurs projets — le premier en date fut déposé par un des nôtres : Léon Castel — sont pendants devant la Chambre; un autre, élaboré par Painlevé et Georges Bonnet, n’a échoué qu à
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une voix de majorité. I] appattient à nos élus de dégager de ces études, et de ces eXpériénces, par les méthodes les plus adéquates, les moyens dé réclamer des classes possédantes, la juste contribution qu'elles doivent à l’œuvre de Ki. bération nationale.
De même, nous demettons obétinément fdsles à l’idée de L'IMPOT PROGRESSIF SUR LE REVENU, et ne césserons de rédlamer, au besoin par les révisions des textes et des instructions qui l'établissent, son application, sans faiblesse. (Vifs applaudissements.) Nous pensons que l'heure est venue, d'assurer par une ‘entente internationale qu'il faut absolument bêter, l'exercice d'un contrôle demeuré Jusqu'ici difficile, et qui permettra d'en finir avec cette honte qui s'appelle la fraude de l'impôt et l'évasion des capitaux (Applaudissements répétés.) Et s1 le contrôle reste encore insuffisant, la rigueur exemplaire de la répression, peut et doit suppléer à cette insuffisance.
Sur Ce terram des réfôtmes fiscales, nous croyons fermement que éertaines des charges votées nécessiteront dès que l'assainissement telatif de la situation financière va le permettre, une révision salutaire. Les lourds impôts dont certains produits de première nécessité ont été frappés: les exagérations de dtoits qui pèsent sur les boissons hygiéniques, la répartition défectueuse de l'impôt foncier, les répércussions dangereuses de la taxe sur lle chiffre d’affaires, doivent être équitablérent revues et corrigées.
= = me —
Notre Parti doit s’y employer, et si le Gouvernement manquait à son devoir, c’est à nos élus qu'il appartiendrait de prendre les initiatives nécessaires.
Fn un mot, nous avons le devor d'affirmer notre doctrine, de présenter et de soutenir nos solutions et de combattre celles qui leur seraient opposées sans démagogie, comme sans faiblesse.
{À pplaudissements.)
Le programme économique
et rural.
Mais ce n’est pas dans l'impôt, même mieux aménagé, que la France doit rechercher les conditions de son salut financier. C'est sur une production plus large, plus étendue, génératrice de plus d’aisance et de bien-être, et par là même, permettant aux charges fiscales de se répartir plus facilement, qu'il faut arriver à prélever l'impôt, en même temps qu'on contribuera ainsi à résoudre Le redoutable problème de la vie chère. Sachons tirer un meilleur parti de nes richesses métropolitaines et coloniales par la mise en œuvre d’un programme économique aux larges vues, et aux résultats positifs.
Nos colonies, enfin réorganisées, et convenablement outillées, mettront à notre disposition, à bref délai, si nous le voulons vraiment, la plupart des matières premières et des produits
ne
dont l'achat en devises étrangères nous vide! chaque jour de notre propre substance. Notre! parti, qui a créé la doctrine coloniale (salve!
d’app'audissements), instaure dans les mœurs al
dans les lois cette politique indigène. toujours |
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plus largement humaine et fraternelle qui honore la République et à laquelle elle restera
immuablement fidèle, doit garder la tête de l’ac.
tion pro-coloniale. (Nouveaux applaid'ssements.) Parallèlement à cet effort, il en est un autre qu: s'impose À notre action : c’est de mieux
ss
outiller le labeur français, en parachevant d’a- |
bord la résurrection totale de nos chers dépar- |
tements dévastés, en rendant ensuite sa tâche
plus attrayante et moins pénible à la masse des |
travailleurs qui créent la prospérité nationale
De toutes les forces économiques de la!
France, la force essentielle est. depuis des siè- | cles, et demeurera sans doute toujours celle de |
l'Agriculture.
Le souci de sa vitalité, sur ce sol qu'elle
féconde, doit passer avant tout autre. Pour en- | rayer la désertion de nos campagnes, nous ne |
devons négliger aucun des moyens que nous onnent pour les rendre plus attrayantes le progrès et l’art. Mais nous y remédierons bien mieux encore, en réduisant au strict minimum, à un an d'abord, et bientôt, nous l’espérons, à huit où six mois (applaudissements), la durée du service militaire qui, en enlevant la Jeunesse agricole de son milieu, et en la transplantant dans les villes, l’incitent à des habitudes et à des
goûts peu propices à son retour aux champs.
(App'audisserents.) Nous y remédierons ensuite en mettant à la disposition de nos populations rurales, de plus en plus largement, toutes les ressources de la science et de l’économ'e modernes: en livrant aux cultivateurs, à bon compte, les engrais chimiques et les phosphates ; en sélectionnant pour eux les semences; en leur procurant sans lesiner les crédits à longs termes permettant à chacun d'améliorer son domaine; en développant l'enseignement agricole et postscolaire; en multipliant toutes les formes d entente professionnelle et coopérative; bref, en recherchant iout ce qui peut à la fois accroître le bien-être paysan, rendre moins pénible au terrien son séjour dans la ferme isolée au hameau où au village, faire son travail moins dur, avec un résultat plus rémunérateur. Déjà, devant les difficultés de la vie, un mouvement encore timide se dessine vers le retour à la terre. À nous, de l’amplifier en attirant vers les espaces dispo nibles ceux que la vie trépidante des grandes villes finit par lasser, les familles nombreuses qui espèrent y vivre à meilleur compte; en assurant aux ouvriers agricoles, à leurs femmes, à leurs enfants, le concours large et gratuit des œuvres d'assistance et d'hygiène; en leur procurant le bienfait de toutes nos lois de solidarité sociale; en mettant à leur disposition les avances nécessaires pour da construction de maisons agréables qu'ils puissent ensuite acquérir à de bonnes conditions: enfin, en attachant à nos