‹ Déclaration et observations presentéesChapitre 17 sur 36 · SELS · texte numérisé non relu

SELS

donc des raisons certaines et non douteuses, importantes et non communes. Or à qui est-ce à juger si ces raisons sont telles ? Ce n'est certainement pas à ceux qui y sont intéressés.

Des Prêtres blâment leur KEvêque, décident qu'il a tort, en ont-ils le Droit ? Ils parlent en conséquence, ils inspirent les mêmes sentiments à leurs amis et à leurs Elèves. Le peuvent-ils en conscience ? Chacun aura le même droit de s'élever contre ses Supérieurs.

Dans le clergé, les Prêtres sont subordonnés à leur Evêque. Ils ne doivent donc pas chercher à l'emporter sur lui dans ce qui concerne la Religion, à moins que le Supérieur de l’Evêque ne le décide ainsi.

Car on doit savoir que tout Evêque a droit de dire ce que disait autrefois St. Thomas de Cantorbery au Comte de Leicestre, qui le citait au tribunal de son Souverain Henri II. ‘“ Considérez, mon fils, qu'il n’est ni selon la “ loi, ni selon la raison, que des enfants se parlent pour “ juger de leur père, et qu'ils le condamment : ainsi je ‘“ me soustrais au Jugement du Roi et au vôtre, et à celui “ de tout autre qui entreprendrait contre moi. Respon- ‘ sable à Dieu seul, je ne puis être jugé que par le Pape, “à qui jen appelle comme vous en êtes tous témoins.” Hist. de l'Eglise Gallie: livre XAVII, tome IA page 922.

Personne n’1 donc droit de parler hautement contre Mgr. de Québec et son Auxiliaire ; et de condamner publiquement leur conduite, avant qu'ils aient été con. damnés par ie Pape encore moins de les calomnier, comme ont fuit quelques-uns ; ce qui est regardé comme si grave par l'Eglise, qu'elle le met au nombre des trois seuls cas où elle prononce la dégradation solennelle contre ceux qui s’en rendent coupables, savoir, pour le crime d'hérésie, la falsification des Lettres Apostoliques, et la calomnie contre son propre Evêque, Durand de

Maillanne, verbo. Dégradation. Mais en attendant Le jugement de Rome, s’il doit avoir lieu, voyons ce que nous avons à faire.

III MaAxIME.

Il faut un juge pour terminer les contestations.

Le parti des Evêques, et celui des Prêtres qui leur sont opposés s’accusent mutuellement de subtilités, de pré ventions, de fausses imputations. Qui en sera le juge ? Ce ne sera certainement pas le Public. Cependant des Prêtres dénoncent leurs Evêques au Public. Mais outre que ce n’est-pas là la marche de l'Eglise quand les Supérieurs sont en faute, comment le public pourrait-il décider entre ces mêmes Supérieurs, et quelle force aurait sa décision ? En effet, chucun des deux partis soutient qu'il a raison : il faut un juge pour donner le droit à qui il appartient. Quel sera le juge ? Le Public ? Il n’a ni les lumières, ni la prudence, ni l'autorité nécessaires pour juger de si grandes questions.

Le Public ou le Peuple ne peut donc être juge dans cette cause Qui le sera donc ? Sera-ce le Gouvernement ? Mais comment le Gouvernement peut-il décider entre les Pasteurs Catholiques et leurs ouailles, en matière de Religion ? C’est d’ailleurs ce qu’il ne prétend pas, et ce que nous ne pourrions lui demander. Ilen faut dire autant des Tribunaux Civils. Enfin, sera-ce le Clergé ? C’est ce qu'il reste à examiner.

Ceux des Prêtres de ce District qui sont mécontents de la conduite des deux Evêques, et qui s’en plaignent ne peuvent point décider la contestation par eux-mêmes ; car ils sont partie intéressée et par leur caractère sacerdotal, soumis à l’Evêque Diocésain et à son Auxiliaire. Ainsi quelque soit leur manière de penser et de s’énoncer, rien de tout cela ne peut donner le dessous à leurs Supérieurs Canoniques. Les aütres ne sont pas qualifiés non plus pour juger et décider dans ces affaires. Quant à l'Evêque Auxiliaire, on lui refuse la qualité et .les pouvoirs qu'il a reçus de Rome, et on l’accuse au lieu de recevoir ses ordres, comme on devrait. Enfin l’'Evêque

Diocésain est lui-même blâmé publiquement ; on vont détruire les Etablissements qu’il a faits’dans le Diocèse, et rendre nul le Mandement qu'il a adressé à ce sujet ax Clergé et aux Fidèles de ce District. On est par consé-

sont quent bien éloigné de prendre pour juges cos deux Prélats. préc Quel autre tribunal reste-t-il donc à invoquer, sinon celui ge ? qui a droit de juger les Fidèles, les Prêtres et les Evêques des 4 eux-mêmes, savoir le St. Siége ; c’est aussi le seul tributre \ nal auquel les premicrs Pasteurs puissent être cités dans 1pé- : ce qui concerne la Religion.

der ‘à Ces principes sont incontestables : il fallait donc forsa | mer un Appel Canonique au St. Siége, puisqu'on ne vouent 1 lait pas se soumettre à l’Evèque Diocésain, ni à son Auxiqui (à liaire‘ comme je suis persuadé que nous davions le faire à ni dès le commencement. Au lieu qu'en résistant aux Eveéres ques et les dénonçant comme on a fait, on s’écarte de la subordination essentielle au Gouvernement de l'Eglise, ans et l’on s'expose par là à être blämés et repris même par ne- les Laïcs.

der En effet si un simple Fidèle demande quel est le sujet na- des contestations entre les Evêques et les Prêtres ; on lui nd ! répondra que ce sont les honneurs de l'Eglise, et l’auto. en rités nécessaire pour gouverner spirituellement ce District. le | Il répliquera : ces honneurs et cette jurisdiction contestée paraissent bien regarder la Religion, ce qu'on ne de , pourra nier Mais continuera-til, dans les choses qui ne concernent la Religion, quand d’un côté ve sont des Evê 8 ; ques, et de l’autre des Prêtres qui contestent, moi qui ne 1 Re connais pas ces matières, quel parti suivrai-je ? Celui des 1] 6. }r) Prêtres, ou celui des Evêques qui sont supérieurs aux l 1, | Prêtres ? Quelle réponse leur donnera t-on ? | 6. ! Ne vous mêlez pas de ces discussions, lui dira t-on. à va Mais, répliquera:t il, les Prêtres s'adressent aux laïcs ; ! à ; ils disent que les laïcs sont intéressés dans ces débats, et 4 “ ; qu’ils doivent les connaître pour former leur opinion. Ils 1 e | poursuivent vivement les Evêques, q'ii sont au dessus du jh | à Clergé et des Laïcs. Je crois être obligé de me déclarer L | pi | |

pour les Evêques, jusqu’ à ce que leur Supérieur les ait condamnés. Autrement quand de: Capitaines s'élèvent contre leur (rénéral, sans qu'aucun ju'e compétent décide, les soldats devraient se déclarer pour eux et se soulever contre le (ténéral. Si donc vous êtes nos Pastours, : donnez-nous l'exemple “de la soumission que vous nous prêchez ; et obéissez à vos Supérieurs, comme vous vou .lez que nous vous obéissions,

IV MaAxIME.

Dans les matières de Religion, il faut céder à la plus grande Autorité. (! Nous devons donc nous joindre à lu partie la plus considérable du Clergé de ce District et à cinq Evêques, lesquels approuvent la conduite de nos deux Prélats, et soutiennent que nous devons exécuter le Bref du Pape, Li je m'explique.

Lil 10. cinquante-quatre Prêtres de ce District, (ce qui forme la majorité,) ont donné par écrit leur adhésion au Bref en question du Souverain Pontife et au Mandement de Mgr. de Québec, déclarant qu'ils désapprou- Il vent le pamphlet sorti de Longueuil, et tous autres Ecrits faits contre les dits Bref et Mandement. Et il est à remarquer que plusieurs de ces Prêtres sont amis du Séminuire.

| 20 Mg. Poynter, Evêque d'Italie, et Vicuire aposto- | lique de Londres s’est déclaré ouvertement p ur Mgr. * (À | Plessis contre le curé de Longueuil. On ne peut douter Al

également que les Evêque de ithésine, (1) de Rose et de Juliople, ne pensent comme Mgr. Poynter. Entin Mgr. le

l Coadjuteur, qui dès avant le départ de Mgr. de Québec 1 AU pour l’Europe, a connu et approuvé les Plans, n’a pas fait à À connaître qu'il eût changé d'avis. Voilà donc cinq

| Evèêques, juges naturels des matières Ecclésiastiques, qui

| se joignent à Mgr. de Telmesse, à Mgr. de Québoc, et au

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à (1) Voyez à la fin, le 3e appendice à cemémoue. |

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Souverain Pontife lui-même, qui s'énonce clairement par son Bref, ot commande avec l'autorité qu’il a reçue de J. C. dont il est le Vicaire. Enfin ces Prélats sont suivis par le plus grand nombre des Prêtres de ce District. Qui nous empêche de nous réunir à ces Prélats ot à ces Prêtres, qui approuvent de concert l'Etablissement fait par le Chef de l'Eglise, pour notre District? Le parti opposé n'est ni aussi considérable, ni aussi bien appuyé. (1)

Mais après avoir vu ce que notre devoir nous prescrit dans les circonstances présentes ; Voyons ce que demandait et ce que demande de nous, non pas une justice rigoureuse, mais la bienséance de notre état, la reconnaissance, les sentiments d'honneur, etc,

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