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Quand ces Parlements furent détruits,on s'en applaudit. ils sont bien morts de leur belle mort, disait-on; personne ne les regrettéra; ot on ne s’occupera jamais de les rétablir.
On sait, d’ailleurs, qu'ils étaient généralement entachés de Jansénisme. Malgré tout cela, on dit aujourd’hui que ces Tribunaux étaient très-respectables. On dit aussi que les Evêques recouraient à Îeurs jurisdiction. Mais comme ils étaient forcés d’y recourir pour avoir gain de cause au Civil, cela ne prouve pas que les Evêques approuvassent les prétentions des Parlements.
Pour nous qui, heureusement, ne sommes pas soumis à un pareil Tribunal ; nous qui, comme les autres Prêtres et les fidèles catholiques, reconnaissons que l'Eglise est une puissance entièrement indépendante pour les choses spirituelles; et qui savons qu’il n’est rien de plus spirituel que l’Election de ces Pasteurs, comment pourrionsnous regarder comme non-canonique, l’Election de Mgr. de Telmesse, lors même que la Puissance temporelle ne s’en serait pas du tout mêlée? Surtout quand le Concile de Trente prononce anathème contre quiconque dira que les Evêques choisis par le Pape ne sont pas des Evêqu légitimes, c’est-à-dire appointés selon les Lois Canor ques. Or, n’avons-nous pas une certitude morale et sufisante, que le St. Siége a choisi Mgr. Lartigue pour gouverner ce District, en qualité d’Auxiliaire et de Vicaire-Général ? Et de bonne foi a-t-on jamais demandé à voir les Brefs des Evêques avant Mgr. de Telmesse ? ou plûtot ne s’est-on pas contenté de cotte certitude morale ?
L’'Autorité des Parlements était, dit-on, très-grande.en France ; leurs Arrêts formaient la Jurisprudence du Royaume, et on était obligé de s'y soumettre. Oui, on était obligé, c’est-à-dire forcé de s'y soumettre ; mais non pas obligé en conscience d’y obéir dans bien des matières ecclésiastiques. En effet pour que les Loix
soient obligatoires par rapport à la conscience, il faut
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qu’elles soient conformes à la justice, Mais si ces Loix et leur application faite par les Parlements étaient con. formes à la justice, pourquoi disait-on qu’on était heureux que le Roi de France s’opposât aux Parlemonts, et protégeût le Civrgé contre eux. Et en effet, comment peut-on. croire que ces Parlemonts aient eu droit de limiter comme ils ont voulu faire, la puissance du Pape et des Evêquos, ot de les assorvir à l’autorité sécujière ?
On était si persuadé de l'injustice des Parlèmente à cet égard, que l’on a dit plus d’une fois : ‘ Si l’on intro- “ duit ici Jousso ot les autres Autours qui ont compilé 4 les Arrêts ot les Maximes de ces Tribunaux, c'en est ‘« fait des droits des Curés ; les Marguilliers leur feront la loi. On doit donc craindre, ajoutait-on, que les (« Ouvrages de ces Jurisconsultes ne tombent entre les “ mains des Avocats, et ne soient suivis dans les Cours « de Justice.”
Ainsi pensait-on et parlait-on alors. Mais actuollement on dit que ces mêmes Ouvrages renferment et expliquent le Droit français, tel qu’il existait avant la Conquête du Canada par les armes Britanniques. Droit juste et légitime, ajoute-t-on, auquel nous devons nous soumettre.
On prétend donc que nous sommes obligés de suivre ici les Lois françaises, (telles qu'expliquées par Jousse et autres,) dans ce qui concerne la Religion, pour les objets mixtes, par exemple pour la formation et l'érection des Paroisses. Et, cependant, on a voulu donner une tartie de la Paroisse de Montréal, pour augmenter celle de la Chine, et cela en employant seulement les voies de conseil et d’insinuation, sans observer aucune forma. lité.