Déclaration volontaire de M. Charles Hindenlang, général de brigade dans l'armée des rebelles [microforme]
Nous publions ici la relation donnée par M. Chs. Hindenlang, l'officier français que les rebelles avaient décoré du nom de général.
Cette courte et simple narration d’un homme aussi horribleñent trompé par les rebelles, doit ouvrir les Jeu à tous les Canadiens qui voudront la lire sans préjugés.
Je suis n6 à Paris, le 29 mars 1810. Ma famille occupe encore en ce moment un rang élevé dans le commerce. Je me nomme CHARL=S HINDENLANG. Lors de notre glorieuse révolution de 1830, malgré ma mère, je pris du service comme. simple soldat'au De régiment d'infanterie légère.
Je passai successivement par tous les gra- * des jusqu’à celui d’officier. Mais voyant peu d'avancement possible dans l’arinée, mes parens m’engagèrent à quitter entière ment le parti des armes, et à venir à New- York, où leurintention était de m'envoyer
des marchandises au printems prochain. .
J'étais fort tranquille, ne songeunt qu’à me mettre au courant des affaires de cette ville, lorsque M. DuverNAY me fit successivement demander par plusieurs personnes, entre autres par un Jtalier réfugié nommé FaLIERE, qu'il voulait avoir aussi pour officier. J’ai été également demandé, et même connu pendant quelques jours, un M. Vox-Scxourrz, se disant colonel et cherchant des officiers et soldats pour le Haut-Canada. Je pourrais au besoin donner quelques détails sur ses moyens d'agir et sur ses dispositions militaires, mais cela seulement de vive voix,
M. Duvernay agissant au nom et pour le Docteur Nezson (Robert), me fit à moi st à un autre officier français qui a servi ‘ans leler, lanciers anglais en Espagne, en qualité de lieutenant où capitaine, des propositions et de belles promesses, en présence d’un négociant nommé M. Bonnafous, Une copié en double et rerapiée de ma main a été remise par moi-même entre les mains d’un officier de Lacolle. Elle contient le déteil des premières conditions ré ciproques. Après nous être consultés, nous refusâmes de signer avant d’être mieux ins formés de la situation du Canada que nous ne connaissions ni l’un ni l’autre. Alors pour mieux nous tromper, l’on nous assura qu’il ne s’agissait que d’aller à St. Albans former des cadres d’organisation pour l’armée; que nous n’avions . pas même besoin, d'armes, suivant M. DuverNay et. ceux auxquels nous nous étions adressés. Non seulement le Peuple Canadien se soulèverait en masse, mais la troupe et surtout messieurs les officiers anglais étaient las d’un service si éloigné de leur patrie et n’atten-
daient que cette occasion d’en sortir, Ils
M. CHARLES HINDENLANG,
Général de Brigade daus l’armée des Rebelles.
ajoutaient encore que les frais immenses que la couronne d'Angleterre est obligée de faire chaque année, fesaient qu'ils savaient de bonne source, que sa majesté la reine VicroniA ne chercherait pas à tenir ce pays sous sa domination.
Nous décidâmes à nous assurer par nousmêmes dé la vérité de tout cela. Nous fûmes donc dirigés eur Burlington et reçus par M. Durorr. Toujours même langage et mêmes promesses. Il nous était expressément recommandés de ne parler en route à qui que ce fut, dans notre propre intérêt, disaiton, mais la suite m’a prouvé que l‘on craignait que nous ne recevions quelques éclaircissements, M. Dufort nous expédia à Plattsburg où nous trouvâmes des chevaux et nous fûmes conduits par ce qu’ils appellent un chasseur jusqu’à Champlain, chez M. DesManais qui nous tenait cachés comme si nous étions de: grands coupables. En général, j’ai remarqué chez tous ces agents une pusillanimité qui allait jus.
qu’à la faiblesse, pour ne pas dire davantage, Nous demandâmes à être conduits suivant la promesse à St. Albans; l’6n nous fit passer la rivière en chaloupe et de l’autre côté nous trouvâmes le docteur Nersow et un Canadien que je suppose être nn guide, Cétte nuit même, le peuple éanadien soulevé devait, suivant l’infâme et misérable NELSON, se trouver sur les côtes pour le recevoir et le féliciter à son débarquement.
250 fusils avaient été amenés et déposés dans une chaloupe par le ‘lonel Américain Burron ! nous partîmes et nous descendimes la rivière jusqu’au quai Vitman, le docteur, son guide, un pilote et nous deux.
Nous arrivons par un tems affreux ; pas un seul homme pour recevoir le fameux pré sident du gouvernement promsoire, et ce n’est qu'après une grande heure d’attente et de misère que le guide revint avec quelques hommes, (5 ou 6 au plus) pour débarquer les fusils. A l'instant, on nous donna 3 chevaux et nous fÎmes route pour Napierville, C’est là que le docteur Côte, à la tête de 2 ou 300 hommes, reçut le Dr. Nelaon et le p'oclama président de la république du Bas- Cünada.. Rien ne fut oublié dans cette comédie, discours et promesses de part et d’autres, L'on nous présenta eomme deux officiers français, en présence d’un: plus grand nombre qui rie tardèrent pas à arriver. Pas un mot ne fut prononcé de notre part.
Nous avions plus besoin d’un bon feu: que de compliments. C'était le dimanche matin.
Pendant trois jours, le D’, Nelson et son collègue ne s’occupérentguères que de messages pour hâter l’arrivée des hommes, Le tundi officier français Touvrey partit avec 50 hommes pour sonder et éclairer les environs : depuis, je'ne l’ai pas revu:
J'ai su depuis que le Dr. Côte avait forcé
M, le curé de lui livrer une asrez forte
sonm3 appartéhätit à Ta patoises; d'autres tentatives de ce ganre ont été faites auprès
de cortains partidulierd.toties.., Lo môma..
soir, une dams me ft demander si js voulais * ‘
faire remettre un litet un oreiller à un pri-
sonnier âgé et malade 4-je le-fis-à l’instant::
et à mon retour, je crus devoir ls communiquer au: De, Gôte..…C’est alo:s qu'il ms prit en partioulieriet qu'il.ma..dit :.qua je n'a-
vais par d'ordre à recevoir ds lui et que j’é-,
tais brigadier. ; Cen paroles achevèrent de
m'ouvrir les yeux et.8i mon.camarada sa fut
trouvé là, il n’y a pas do douts qua nous
aurions avisé. au moyen de nous tirer ds ce.
gouflre..'Faire.un général, commns on fait un soldat! je nai pu m'empèchar d'en rire avec:plusieuri personnes,
Lo lendsmaia, le Drs1Côte partit avec 50 ou 60 honmes.armés, plus un autre détachemsnt envoyé, pour renforcer, oslui com< mandé | par l'officier Fouvrey ; j'ai eu de puis que les armes que le Dr. Côte voulait fairmentrer avaient, été saisies, qu'il avait été repoussé par les troupes de la reine, en laissant un. canon entre, leurs mains, Pendant:ees.trois jours des: Canadiens armés et non-armés, pressés. par les messagers, du Dr..Nelson,.se. rendaient. à Napierville, et j'estims à 2500 hommes la force générale qui.a pu ge réunir en cet.endroit. Pendant tout.e8 tm, ma. seule. occupation, fut de diviser.ta compagnie (suivant les ordres de M.-Nelson):-par 50 hommes, formant cinq peloton:.de, 9 hommes, commandés par un sous-officier, chargé de leur fournir ce dont ils autaient besoin. Lo jeudi, le Dr, Nelson-commanda la marche sur Oldelliowa.
609 hommes armés et tous les officiers l’ac-
compagnaient.. Je ne me souviens que de
quelques noms:de ces officiers. La pluie nous arrêta à Lacolle,. où. nous pagsämen la
nuit 3.c’est Jàique sous .le prétexte d’aller ;
rejoindre. pour l’amener à un poste éloigné de 150.hommes commandé par un nommé Dupuis etun autre capitaine, le lâche et
misérable Nelson, muni. de tout l’argent.,
qu'il:.put-rassembler, chercha à se sauver ; il fut lié, garotté.et sur.le point d’être. livré par les: Canadiens, : il ne. dût son salut qu’ aux:prières.et à l’intercession des capitaines Nicolaset Trudeau.
Il revint à Lacolle. où par les plus grands,
serdiens, il parvint encore à faire croire à sa franchise, il décida que..le lendemain une attaque :qndaite par lui-même en personne aurdit lieu eur :Odelltown.
entière: à quelques malheureux, je jure. eur
l'honneur; qu’un grand nombre: d'hommes.
ontété forcés par les menaces et.les nrécautiong-prises par. le lâche.Nelson, de suivre. lemouvement, il fallait, se. déclarer, patriote: oubureäucrate. . La peur a fait bien deg
patriotés malgré eux. L'affaire. d'Odelitowa-
est Ta seule à laquelle j’ei assisté, et j'ai été à môme-de me convaincre de la vérité de es:que j'avance,.en disant qu'il y a des géns-qui ne marchaient que par la crainte, Envarrivant. sur le plateau faisant. face à la maison fortifiée, La plus. grande. partie des hommes se répandit dans la plaine à droite; sur’la gauche; il n’y eut qu'une poignbe d hommes couragoux qui furent:s’embuequer derrière une grange et co nmençèrent le feu, La plus grande partie des canadiens était
Dans l'intérêt.
de la:seule vérité, et pour. rendre justice,
reste plus que la place. Je n'ai jamais eu { d'armes à feu, je ployai moi-même :£ous
p pour gagner la frontière par ua détour,
ho:s dale. portés. dufiail à ganoux, le vi ;. sage dans la neig», priant Dieu et ne remuant
Was plus, qus des, saints de pierre ; plusieurs Hart dans otte Spédhdan) todt
le temps que dura le feu. Oh! pitié pour ds tels hommes; ila fallu être bien fourbe et bien adroit pour amanar à la révolte de ssmblables gens ! Il est certain que si l'on
. damandait à quélques uns, ce: qu'ils/cvousc }° * laieat et ca qu’ils aspérajent, qu'ils
\ LL LECTEE raient répondre...
Alors je fus enfin convaincu que le Dr. .
Nalson n’était qu'un lAche et vil moteur de'':
F troubles, qu’un voleur déhonté qui fuy ait: ;
avec l’argsnt, laissant massacrer des (gens qui, sans ses parf lea insinuations, Er tranquilles dans Jeurs chaumières dont il ns”
mes pieds, le sabre dont j'étais armé ; mon parti était pris : sauver des-malheüreux, s'il, .
‘# était possible ; je courus la plaines. deman +
dant au milieu des balles, ce qu'était.de=, venu le Dr, Nelson. Maisides centaines.
d'hommes allaient souffric:pour un seul .:
coupable ; le misérable avait profité du moment où les troupsa étaient: occupées), Je:
restai paisible spectateur de l’action, :n'at+ tendant que le moment de pouvoir melivret, et traîter du salut de tous ces malheureux ÿ ; mais bientôt une vingtaine de bureauerates:, sortis du bois imprimèrent une telle frayeur, . aux Canadiens que bientôt la petite armés .
ne fut plus qu’un troupeau fuyant à: toutes, jambes, A pied et entourré seulement de...
quelques cavaliers, je voulus. attendro;;que l'on se mit à notre poursuite pour me ren dre, mais on nous laissa fuire:à notre aise.
J’arrivai des derniers à Napierville ; les-offi»,, ciers étaient assemblés':et s’occupaient de , placer des gardes: C’est alors que je:signifiai. ; hautement, que, ayant été irompé:.et pou vant juger par moi-même de toute! la ;stü-., pidité d’une pareille: entreprise; n'ayant, prêté aucun serment ni reçu aucun argent, pas même mes frais déboursés, je :me.re-, gardais comme entièrement libre:de ; mes...
actions et nullement lié à la cause des mat:
heureux Canadiens. J'invitai tous ces mes-; sieurs à faire comme moi, .et l’on. décida à, , sa séparer, Nous partimes une douzaine ensembles.
«ous primés les bois pour.éviter les postes.
de nos gens qui nous eussent:arrêtés,.et;, au, point du jour, je laissai tout. le :monda ur. la. frontièré auprès de Champlain, et dans la.
compagnie d’un seul homme quéje:connajs., à peine de vue, : Jeisortis du:bôiset fus.me.. rendre à un jeune iomme que.je vis ausoin, armé d’un fusil. Je’ voulais;idemander.à , être conduit de’suite devant un:oficiér sue.
périeur, mais:ne sachant pas:un. mot. d’an-.
glais, je ne pus ne faire: comprendre,, Je, fus mené de poste en poste, EnGo'à..La:, colis je demandai à des officiers la permission. | d'écrire une lettre à son excéllence:; l’on ne, répondit'que oui, mais je’ restai toujoyta;, garolté et cè n’est qu'aujourd'hui, à .Mon-, tréal, que je puis exposer devatit-ica yeux.
de son excellenes {out/ce queje.puis:sawoir.
C'est uns hains ‘ét un mépris: profond :qui, m'anime contré:le! Doct:NaLson et:008..
complices.