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Je n'ai pu voir, sans frémir de colère, un seul homme méditer de sang-froid, et avec connaissance de cause, la perte de tout un peuple, et cela par un vil intérêt. Je tiens de lui-même que la seule ville de Montréal lui a envoyé plus de 20,000 piastres. Qu’at-il pu faire de cet argent? Les églises pillées, les particuliers rançonnés, la raasse des paroisses enlevée. Un tel homme mérite d’être poursuivi et atteint par les lois, dans quelque pays qu’il puisss se sauver. Rien au monde ne peut autoriser le vol et la vio= lence.
Outre l'officier Touvrey et moi, ily a encore à la frontière des officiers français et polonais qu’il a su tromper comme nous, Je les connais en partie ; qu’il me soit permis de les désabuser, que mon exempl: leur pro= fite, et je garderai une reconnaissance éter« nelle à Son Excellence.
Que l’on me permetto d'employer la voie des journaux américains et français à New- York;pour poursuivre les traîtres et leslâches au tems des malheurs présents. Îls savent war leurs mensonges ctleurs fausses appa.
rencés de dévouement exciter des sympas thier ; mais à Now-York, je connais grand nombre de‘négocians. J’ai fait mon devoir d'homme d'honneur, je n’ai pas tourné le dos devant le feu des flammes du gouvernement, je suis resté, malgré toute ma répugnance, je ne suis pas un avanturier, je tiens à une famille recommandable; on me croire, car ma conscience me dit que je n’ai rien à me reprocher. Je connais plusieurs des rédacteurs de journaux français, je les ferai parler afin que l’on reconnaisse partout les traître,
Pendant 5 jours, je me suis vu dans les rangs des ennemis d’ur gouvernement ami et allié de ma patrie. Voilà ma faute, rien ne me coûtera pour la réparer : voilà pourquoi, pouvant me sauver comme un lâche, j'ai préféré rester et me fer à la générosité
du gouvernement’; je ne scrai pas obligé de baisser les yeux et de rougir,quand l’on pare lera de cette malheureuse affaire, J'ai empêché le mal autant qu'il a été en mon pouvoir, mais cela ne suffit pas jusqu'à ce jour, que l’on m’emploie au service de la bonne cause et j'engag: ma parole d’honneur de réparer par tous les services possibles et exigibles, quelques jours d’égarements.
L’on voudra bien comprendre ma situation, j’ai la tôle encore toute frappée des malheurs dont "j'ai été le témoin. Je suis accablé de fatigue ; cette narration eat bien incomplète, sans doute, j’ai omis bien des choses, mais outre qu’il me répugne d’être le délateur de gens que je ne nomme pas,ma conscience en me fesant un devoir de communiquer tout ce qui peut empêcher le malheur des vaincus, m’empôche aussi d’être correct autant que je le voudrais bien. Si quelques autres renseignemens auxquels je puisse fournir matière, peuvent devenir nécessaires, je le répète, rien ne me coûtera pour y satisfaire,
Je jure sur l'honneur et devant Dieu, quo tout ce que j'ai écrit est vrai, et qua, sil y a quelques erreurs que j'ignore, ce ne peut être que dans ce que j’ai entendu dire et non pas dans ce qui s’est passé de vant moi.
Je jure aussi d’être toujours l'ennemi acharné du Dr. Necson, de le poursuivre jusqu’à ce que je puisss lui reprocher son infamie devant le monde ertier;si c'est posible.
Fait à la prison de Montréal, ce 14 novembre 1838.
Cus, HINDENLANG.
Reconnu devant moi, en la prison de Montréal, ce 14 novembre 1838.
P. E, Leccers, J. P.
De l'imprimerie de L’Auni du Peuple.