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LES CHEMINÉES

comme le croil Vîollel-le-Duc, une cuisine, le mode rl'évacualion des fumées par ime grande pyramide octogonale coiironiianl la salle centrale, et par de larges liijaux à toitnre conique

correspondant à chaque absidiole, se prêtait à l'effet décoratif le plus saisissant. Mais où se trouvaient les foyers? La destination supposée d'une chapelle funéiaire eût donné d'ailleurs le même effet décoratif.

A Paris les cuisines dites de Saint-Louis, occupant une partie du sous-sol du Palais de Justice, conq>or(aient une série

L'Art ajypli'tiié aiij- iléliei-K. — I. 11

d'àlres disposés autour de la salle, et de hottes dont les manteaux sont construits à crossettes, à peu près comme ceux des cheminées du Mont-Saint-Michel.

Une disposition analogue existe dans les cuisines dépendant de l'ancien Palais Ducal de Dijon, et les hottes, disposées autour de la salle pour recueillir la fumée, sont complétées par un tuyau central, partant de la voûte qui couvre le milieu de la cuisine, et dont les arcs sont reçus par des piliers sur lesquels s'appuient les manteaux des cheminées adossées.

Une disposition du même genre existe encore au château de Montreuil-Bellay, en Anjou, et, autant qu'il est possible d'interpréter la miniature des heures du duc de Berry représentant le château de Saumur, les cuisines du château, établies dans la seconde enceinte, s'accusaient extérieurement par la saillie d'une souche centrale évacuant la fumée.

La disposition la plus magnifique qui soit connue est celle de la cheminée à triple foyer de la grande salle du Palais de Justice de Poitiers, conception géniale de Tarchitecte Guy de Damniarlin qui fut, pendant près de trente ans, maître général des (ïHivres du duc de Berry et qui réédifia partiellement pour le duc le Palais de Poitiers.

Cette cheminée occupe entièrement le pignon de la grande salle, qui est complètement évidé par les fenestrages entre leicoffres, ne conservant comme parties pleines que les contrefort^ nécessaires à la stabilité du pignon. Aux angles de la salle sont des escaliers conduisant à une galerie qui circulait au-dessus du manteau à la base des fenêtres (lîg. 122).

La division des foyers rendait sensible la grandeur de cette composition : les colonnettes et les corbeaux qui les surmontaient n'interrompaient pas la décoration du manteau faite de larges feuilles prises dans les moulures et d'écussons portés par des anges. Un grand emmarchement fonnait soubassement à cette magnifique cheminée.

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