‹ Décor du métal; le cuivre et le bronzeChapitre 21 sur 24 · ÉCHAPPEMENTS · texte numérisé non relu

ÉCHAPPEMENTS

On désigne sous ce nom'ie mécamsme par lequel le mouvement du dernier rouage des horloges est suspendu d’une manière intermittente. Ce régulateur dégage à chacune de ses vibrations ou oscillations une dent de la roue, qui, en tournant, lui restitue la force qu’il avait perdue pendant le temps où il vibrait en vertu de sa vitesse acquise . L’échappement a pour principal objet l’alimentation du mouvement du régulateur.

On appelle oscillation le mouvement alternatif du balancier d’une pendule et vibration celui du balancier circulaire d’une montre d’une extrémité à l’autre de sa course. Ce balancier étant au repos, lorsque le rouage agit, l’arc décrit par le balancier sous l’impulsion de la roue se prolonge au moment où, la dent échappant, le balancier marche encore en vertu de la vitesse acquise. Au point où cette vitesse

devient nulle, le balancier, sollicité par la pesanteur, tend à revenir au repos en décrivant un arc en sens inverse : il est repris au passage jusqu’à échappement de la roue, et continue ainsi sa marche alternative. Dans la montre c’est le ressort spiral qui remplace, pour le balancier, l’effet de la pesanteur sur le pendule.

Le pendule donnant la seconde est celui qui semble préférable

Fig'. J22. — Horloge portative, à cadran horizontal, en bronze doré.

Epoque de François I'^ (Collection P. Garnier. )

pour les horloges. A Paris, la longueur de ce pendule prise du point d’attache au centre d’oscillation du pendule est de 0.9939.

L’échappement le plus employé pour les pendules est l’échappement à ancre où la pièce principale, ainsi désignée par sa forme et sa fonction, est l’intermédiaire qui transmet au balancier la force du rouage. Dans les montres, l’ancre, mobile et é({uilibrée sur un centre à pivot, porte une fourchette dont le bout embrasse le doigt de détente faisant partie d’un cercle a justé sur l’axe du balancier.

Le balancier tournant, le bout de la fourchette est abaissé et la dent devient libre. Elle agit sur la palette et pousse l’ancre

APPLICATIONS DU MÉTAL A l’hORLOGERIE

en même iemps que la foiirchelie dans le sens de son mouvement. L’ancre est tenue entre deux pressions contraires jusqu’au décrochement que le balancier opère à son retour.

Le spiral des montres régularise, comme le balancier des pendules, la force motrice, parce que, continuant toujours à agir, il donne au rouage le temps de reprendre son activité, effaçant

Fig. 123. — Horloge en cuivre repercé et gravé ayant peut-être appartenu au prince de Gondé {xvi” siècle).

ainsi les causes accidentelles d’irrégularité. C’est à la fois un régulateur et un moteur.

Ces indications sommaires concernant les mécanismes d’horlogerie sont nécessaires à l’étude de la décoration des horloges et des montres. A chaque époque, au fur et à mesure des progrès de l’horlogerie, les formes se sont modifiées, accusant les modifications des rouages.

Sans remonter jusqu’à la clepsydre (ou horloge^à eau) qui au premier siècle avant notre ère, occupait à Athènes la Tour des vents, ni même à l’horîoge dont le khalife de Bagdad fit présent

à Charlemagne, on connaît la disposition des plus anciennes horloges à poids, dont les sonneries étaient réalisées par de petites figures, appelées Jacquemarts, frappant sur des timbres à

l’aide de marteaux.

Les horloges anciennes conservées à Rouen (Tour du Gros

Horloge), à la cathédrale de Beauvais, à la cathédrale de Strasbourg, sont justement célèbres. Celle de Strasbourg qui datait de 1354 a dû être refaite en 1547 et en 1838.

Les cadrans placés sur les tours pour indiquer de loin les heures ne sont guère antérieurs à la fin du xv® siècle.

C’est seulement au xvi® siècle qu’ont été publiés des travaux sur l’horlogerie. L’im d’eux, dû à rarehilecle du château d’Ecouen, Jean Bullaiil, a pour titre Traité de Géométrie et d'Horologiographie.

La décoration d’un cadran n’est pas arbitraire : il faut avant tout que les aiguilles, marquant les heures et les minutes sur les divisions d’un cercle, soient visibles à distance. Les exemples récents de cadrans de dimension colossale, construits pour des gares de chemins de 1er, et sur lesquels l’heure est peu visible, prouvent la nécessité d'études auxquelles les architectes devraient être mieux préparés.

Il importe que les armatures du cadran, qui sont en bronze ou eu cuivre, ne luttent pas avec les chiffres, que ces chiffres UC soient pas confus, que les aiguilles faites en métal découpé et

Fig. 124. — Horloge du xvr siècle, cadran ajouré et cercle mobile marquant les heures (Collection P. Garnier).

APPLICATIONS BU MÉTAL A l’hORLOGEHIE

repercé, soient d’un volume suffisant pour êlre bien visibles, que leurs dimensions les distinguent l’une de l’autre. Gomme les divisions des minutes sont sur le cercle extrême, l’aiguille des minutes est la plus longue et on la fait plus fine, de telle sorte

Fig’. 12.j. — ■ Horloge en cuivre et bronze dorés, xvi' siècle (Collection P. Garnier).

qu’elle ne puisse être confondue avec celle des heures. Souvent le cadran placé à l’extérieur est distant de l’horloge et les aiguilles sont mues par une transmission. Elles doivent être légères et bien équilibrées. L’ornement qui arrête la vue doit être placé près de la pointe qui s’appuie sur les divisions du cadran. Le cuivre, qui est rigide à faible épaisseur, est employé généralement pour les aiguilles qui souvent sont dorées.

Si l’horloge est à l’intérieur de l’habitation, le cadran est cou-

tigu au mécanisme qui, marqué par le cadran, occupe îa partie haute d’un support en foraie de gaine dont la longueur est commandée par la course du poids.

Les horloges à ressorts d’acier, qui furent très employées en

Allomagoe au xvi® siècle, n’ont point fait abandonner les horloges à poids qui sont encore en usage.

Ce sont les horloges portatives à ressort qui ont été le plus usitées en France au temps de François P’-’. Elles avaient le plus souvent la forme d’une boîte cylindrique surmontée d’un cadran horizontal ( Horloge portative à cadran -horizontal du temps de François Pq collection Paul Garnier). L’ime de ces horloges (fig. 122), qui repose sur des supports en forme de tortues, est décorée sur sa partie cylindrique d’un remarquable bas-relief dont les personnages se suivent dans l’ordonnance adoptée pour les u Triomphes ». l’ne autre liorloge, qu’on croit avoir appartenu au prince de Coudé dont elle porte les armoiries, a sa partie cylindiique décorée par la gravure, et une petite coupole ajourée supporte le cadran en forme de couronnement (fig. 123).

C’est pour les horloges portatives, prototypes des montres, (|ue fui imaginée la fusée conique destinée à régulariser le mou-

Fig. 126. — Horloge portative ou pendule d'époque Louis XV en marqueterie de Boulie Château de Versailles).

APPLICATIONS DU METAL A l’hORLOGERIE

vemeni du ressort : elle fut surtout employée pour les montres dont le système d’échappement était à roues de rencontre. L’invention du balancier ou régulateur, employé d’ailleurs pour les horloges à poids, avait précédé celle de la fusée.

Les horloges portatives du xvi® siècle , françaises ou allemandes, sont de formes très variées ; mais presque toujours le mécanisme est apparent.

Pour F une de ces horloges, dont le cadran est à jour, le mouvement est placé dans le support (fig. 124) et im cercle mobile marque les heures (Collection Garnier). Une autre, munie d’un timbre, est couronnée par une sorte de coupole en cuivre ajourée et dorée qui enveloppe le timbre et en accuse la forme (fig. 125).

Paul Garnier, qui possédait une admirable collection d’horloges et de montres anciennes, a pu retrouver sur des gravures du XVI® siècle les motifs de décoration qu’utilisaient les horlogers. C’étaient, ainsi que nous l’avons dit, des gravures de Théodore de Bry, de Thomas de Leu, d’Étienne Delaune.

Les horloges allemandes du xvi® siècle sont très ouvragées. Elles affectent la forme d’une sorte de campanile, portant le cadran et couronné par une galerie circulaire à un ou deux

Fig. 127. — Horloge de l'époque de la Régence en marqueterie de Boulle (Château de Versailles'.

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