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étages surmonté d’un dôme. De petits personnages j évoluent au moment des sonneries.
Ce qui est particulièrement admirable, c’est le décor des montres, véritables bijoux, dont le mécanisme apparent était
traité par les horlogers français comme im travail de joaillerie. Grâce aux recherches de Paul Garnier, nous savons maintenant qu’il faut faire honneur de ces beaux ouvrages à des horlogers français résidant à Paris, à Lyon, à Blois, à Dijon, à Tours ou à Poitiers.
G’étaieiît en même temps des dessinateurs habiles, comme ce Jacquart de Poitiers, auteur de charmantes gravures s’appliquant à des ouvrages de toute sorte, poignées d’épées ou boîtes de montres.
Il est probable que les montres de femmes étaient attachées ou à des colliers ou à des ceintures. Sur quelques portraits du wii'' siècle, la montre pend à la ceinture, où elle est fixée par im lueud de rubans.
L’une des montres de la collection Garnier est contenue dans une Heur de lys en argent; elle a été exécutée à Nérac, peut-être
pour Marguerite de Navarre.
Lue auli-e. due à un horloger de Catherine de Médicis, a la
Fis. — Pendule d’époque Louis XVI.
IL’onze et marbre iMusée du Louvre).
APPLICATIONS DU METAL A l'hORLOGEKIE
forme ovale, avec garnitiii’e en cuivre gravée el dorée : le mouvement est contenu dans une enveloppe de verre rose emprisonnaiU des fils d’or qui font l’office de cloisons pour des émaux translucides dessinant des arabesques.
La forme des horloges s’étail modifiée à la fin du xvi® siècle. On adoptait alors l’horloge à cadran vertical dont le cadran masquait en partie le mécanisme ; le support se terminait par une sorte de petit dôme surmonté d’une figure. Au xvii® siècle, l’application qui fut faite du pendule de Galilée aux horloges n’en changeait pas sensiblement la forme.
C'est l’époque oii fut faite l’adaptation au mobilier des marqueteries de cuivre et d’écaille, et les horlogers adoptèrent ce nouveau mode de décor (fig. 126) . Le sujet principal est naturellement le cadran en cuivre, enchâssant le cercle émaillé sur lequel sont inscrites les heures. Un cadre de métal limite le cadran. La boîte cylindrique contenant le mécanisme repose, par l’intermédiaire d’un plateau, sur un pied quadrangulaire dont la surface est enrichie par une marqueterie de Boulle. Les angles sont garnis de belles feuilles de cuivre relevées au marteau. L’une de ces horloges (Garde-meuble national) a pour couronnement une sorte de lampe antique.
De ces exemples on peut conclure que le décor d’une horloge
devrait être tiré du sujet lui-même et devrait mettre en valeur les rouages. Sur les pendules du xvn*' siècle, la composition est subordonnée au cadran, motif principal qu’accompagnent cerlains emblèmes royaux tels que le char du soleil. Les supports, réduits
au minimum d’épaisseur, sont revêtus de marqueterie de Boulle, et les angles sont consolidés par des garnitures de bronze. Ce sont souvent des gaines enrichies de guirlandes d’où émergent des bustes de femme. Un petit dôme surmonté par une galerie de métal ajouré et orné de marqueterie couronne i’borioge.
Vers la fm du règne de Louis XIV et surtout sous la Régence, le décor rectiligne du XVII® siècle s’infléchissait en lignes plus souples donnant naissance à des consoles à feuilles recoquillées , surmontées de figures ou soutenant des groupes d’enfants. On continuait à employer la marqueterie de Boulle pour le décor des fonds (fîg. 127).
La hauteur de la gaine pour ces pendules portatives était <létei ininée par la longueur du pendule qu’on avait appliqué aux horloges à ressorts. Cette disposition était favorable au développement, dans le panneau demeuré libre sous le cadran, de motifs allégoriipies en métal repoussé ou fondu.
Tant (pie les cheminées constituèrent dans les salons des motifs de décoration s’élevant jusqu’au plafond, la pendule dut
Fi;;'. 1.10. — Pendule à la lyre d’époque I.ouis .XVO. Mécanisme apparent Fabrication parisienne.
APPLICATIONS DU MÉTAL A l’hORLOGERIE
reposer sur un cul-de-lampe fixé à la muraille. C’est le a cartel » que la marqueterie de Boulle enrichissait et dont les contours seuls étaient mis à l’abri des chocs par la saillie d’ornements en bronze. (Cartel Louis XV, au Louvre.)
Bien que les formes adoptées à cette époque dérivent d’un type consacré par l’usage, les cartels ne sont pas tous enrichis de marqueterie de Boulle et quelquesuns, laissant apparaître toutes les lignes de construction, rendent bien compte de l’adaptation parfaite de la composition à la destination de l’œuvre.
L’usage de cheminées à chambranle , linteau et tablette de marbre, assignait aux pendules une place sur ces tablettes, entre les flambeaux et coupes complétant la garniture de cheminée (Pendule d’époque Louis X^’I, en bronze et marbre (fîg. 128), au Louvre. Garniture de la cheminée de la chambre de la Reine au Petit Trianon (fîg. 129) ).
Comme on le voit au Petit Trianon, la décoration de la pendule est encore réduite à celle du cadran entouré de feuilles de bronze et porté sur des aigles. Le cadran est toujours le motif principal, et le mécanisme est souvent apparent.
Fig-, 131. — Horloge à poids du .wiii' siècle. Régulateur de Gudin. Gaine de Duhamel l, Musée du Conservatoire des Arts et Métiers.)
Telle pendule en forme de lyre, fabriquée à Paris (fig. 130)^ a son cadran évidé au centre pour laisser voir les rouages, dont, l’exécution est d’ailleurs très soignée. Les branches de la lyre sont terminées par des têtes d’aigle fiiiemenl ciselées, dont les
becs soiiLiemient des guirlandes de fleurs et de fruits, tandis que de la lyre émerge im bouquet de fleurs de soleil.
A côté de ces œuvres de goût se manifestait déjà une tendance fâcheuse à l’abus de décorations allégoriques qui sacrifiaient l’œuvre principale à des compositions de sculpture prétentieuses, souvent même ridicules, en tous cas étrangères à la destination d’ime horloge.
C’est le début des pendules à sujets, aussi éloignées de l’art que de l’horlogerie.
L’adjonction du pendule aux horloges à poids fournissait, au milieu de la gaine, un motif dont le développement correspondait à l’amplitude des oscillations, et on rendit visible cette partie du mécanisme en évidaiît la gaine à hauteur du (lis(iue (Horloge au château de Dangii, horloges au musée du Conservatoire des Arts et Métiers : gaine de Duhamel pour une horloge (le Cudin (fig. 131), gaine de Martin Carlin, 1780 (fig. 132) ). l ue jiorle était réservée sur le côté de la gaine pour le remoiilage du poids. Ici le bronze, comme sur tous les meubles des
Fijj;. 132. — Horloge à gaine en forme (le lyre. Menuiserie de Martin Carlin : 17S0 {Musée du Conservatoire des Arts et Métiers .