QUINCAILLERIE ET SERRURERIE
La serrurerie allemande n'offre d'intérêt, du wii** au xyiii*" siècle, que pour le travail du fer battu, repoussé et gravé ; le goût en était très contestable.
Le cuivre commençait à être employé de préférence au fer pour les coffres de serrures dès la fin du xvii'' siècle. Des serrures d'origine anglaise sont munies de pênes doubles actionnés par un mécanisme que dissimule une sorte de volet double en cuivre à décor gravé.
Le bouton n'apparaît guère dans la serrurerie avant la fin du xvii*^ siècle, au moment où la serrure à bosse ou boîte saillante est d'usage général.
On cherchait à réunir les deux modes d'ouverture et de fermeture de la porte en employant deux pênes, l'un actionné par le bouton engageant et dégageant l'un des pênes de la gâche, l'autre actionné par la clef et exigeant deux tours pour une fermeture complète.
On adopta même pour les serrures de coffre, à la fin du xvii^ siècle, le pêne chanfreiné à 45^.
La manœuvre de la porte à l'aide du loquet ou de la clenche, levier mobile autour d'un axe fixé à une extrémité et libre à l'autre, pour s'engager dans une gâche à mentonnet, n'avait pas été abandonnée. Il fut longtemps le seul mode de fermeture usité pour arrêter la porte dans la feuillure sans la condamner par l'entrée du pêne dans une gâche.
On avait même essayé de combiner le loquet avec la fermeture à clef.
Le ressort le maintenant dans la position horizontale, un tour de clef abaissant un râteau, appuyait le loquet dans la gâche et un nouveau tour de clef était nécessaire pour le relever en dégageant le râteau.
Assurément la réunion dans une même boîte d'un mécanisme remplaçant à la fois le loquet et le verrou ou pêne dormant accusait un progrès.
Il coïncidait avec Temploi des portes à deux vantaux, remplaçant les portes étroites et basses encore en usage au xvr siècle.
La porte à deux vantaux ne battant en feuillure que de deux côtés, il fallait, pour la fixer, constituer avec Tun des vantaux un bâti fixe, en l'arrêtant à l'aide de verrous verticaux, manœuvres d'abord à la main pour l'entrée ou la sortie des gâches. L'une de ces gâches était fixée dans le sol, l'autre saillante sur la traverse haute du bâti.
Dès la fin du xv!!** siècle, on eut l'idée de réunir les deux verrous et de les actionner simultanément par une poignée agissant sur les tiges verticales par l'intermédiaire de bielles.
C'est l'origine de la crémone réalisant, par un montage sur excentrique, le mouvement d'ascension ou de descente des deux tiges. Ce mode de fermeture, applicable à des portes d'armoire, dont les vantaux prennent appui sur les traverses hautes et basses d'un bâti, est d'une application plus difficile quand, comme cela a lieu pour les portes d'appartement, le vantail n'est pas appuyé et qu'il faut, par tâtonnement, réaliser l'entrée des deux verrous dans leur gâche. Aussi, même actuellement, préfère-t-on les verrous isolés aux crémones pour la fermeture des portes à deux vantaux (fig. 107).
Le verrou glisse généralement sur une platine dont il est isolé par un ressort limitant le frottement de glissement. Des coulisseaux rivés sur la platine guident le mouvement de la tige pour l'entrée et la sortie de la gâche.
\Jn autre système dont on trouve l'application dans de vieux hôtels du xvii^ siècle, à Bordeaux par exemple, et qui dérivait de la fermeture à vertevelle, consistait dans l'emploi d'une tige verticale en fer rond muni d'une poignée dont la boucle s'engageait dans une serrure oii elle était condamnée par le pêne. Au sommet, la tige était munie d'un crochet qui, par le mouvement de rotation qu'imprimait la poignée, s'engageait dans une gâche de la traverse fixe, et un verrou mobile, formant four-
QUINCAILLERIli: KT seriil'rerie: 20o
reau autour de la tige, s'engageait en ^'abaissant dans une gâche à scellement.
C'est le principe de l'espagnolette.
On comprend aisément que dans ces nouveaux systèmes, le»
Fi(Ç. 107. — SeiTure et verr(
platines servant d'appui, les coulisseaux, les poignées de verrou» fussent autant de motifs de décoration pour la porte.
Dans les siècles passés, ces verrous étaient des œuvres d'art dans lesquelles intervenait, à côté du travail de forge et de ciselure, celui du découpage et du modelage au marteau.
Souvent même des traits <ie gravure enrichissaient la tige ou
la poignée (serrures de la fin du xviii'' siècle de la collection Bernard).
L'emploi de doubles vantaux modifia aussi la serrurerie proprement dite. Jusqu'à la fin du xviii® siècle, la serrure à boîte s£iillante et à gâche fut constamment employée.
On peut croire que l'idée d'une gâche répétant par ses dimensions la boîte de la serrure dut naître à l'époque où l'on voulut (îommander, par un mouvement d'excentrique, les deux verrous du vantail dormant.
Il fallait, en effet, donner dans la gâche place à ce nouveau mécanisme.
D'ailleurs la gâche, dite à répétition, n'était employée que rarement et c'est de nos jours qu'un besoin de symétrie étranger à l'art a fait adopter cette combinaison.
Au commencement du xix*^ siècle, on remplaça par des gorges en cuivre correspondant aux entailles du panneton de la clef, les garnitures intérieures en fer. On attribue l'invention des gorges, vers 1820, au serrurier anglais Schub et, vers la même époque, était imaginée la serrure à pompe dont la sûreté est due au canon : celui-ci enferme un a barillet » évidé de six rainures, recevant des « barrettes » dont l'une est à coulisse ; les cinq autres, à double branche formant ressort, correspondent aux rainures de hauteur différente du barillet. Une broche centrale, soutenue par un ressort à boudin, guide la clef: le barillet est maintenu par une planche de deux pièces munie d'encoches. La clef, appuyant sur les barrettes, amène leurs « talons » en coïncidence avec les encoches de la planche que la barrette à coulisse fait tourner, transmettant par la rotation d'une « lanterne » un mouvement de translation au pêne dormant.
Ces dispositions nouvelles répondaient à un besoin, celui de rendre les clefs portatives en diminuant leur dimension. La sécurité y perdait car il est évident qu'il est beaucoup plus aisé de crocheter une serrure à gorge que de détruire des garnitures
ql'in(:aili.kiiik et sei<huhf:rie 207
iiiléi'ieiires dont la résistance était d'autant plus grande qne le fer batlu de ces garnitures était plus épais.
Ce (jn'il importe d'observer, c'est que le décor d'une serrure e^t absolument lié à la menuiserie de la porte.
Pip. 108. — Dûcor moderne ilunt- Bcrrui,!. 1 j.niposilion de Killion.
La largeur des champs, des battants et traverses, leur épaisseur, la largeur des bâtis, la profondeur des feuillures déterminent la hauteur du coffre, le développement à donner au palàtte et aux plaques d'appui qui peuvent l'acconipaguer.
La longueur du canon qui détermine la longueur de la clef est en relation avec les épaisseurs.
11 semble qu'à une époque comme la nôtre où l'économie de
la fabrication, ayant pour conséquence la division du travail^ conduit à l'exécution de serrures d'un type déterminé, fixant d'avance, les dimensions du coffre et celles des organes intérieurs de la serrure, la variété du décor puisse s'étendre aujourd'hui comme jadis aux plaques ajourées rivées sur le faux fond, aux plaques d'appui fixées sur le palàtre, aux boutons, aux clefs, etc —
On voit que le champ du décor serait encore très large, à condition d'étudier la menuiserie en conséquence et aussi de perfectionner le type des serrures actuelles qui s'ajustent aussi mal qu'il est possible sur la menuiserie apparente.
Ainsi, comme nous l'avons déjà remarqué, pour renforcer le support du foliot du bouton ou le canon de la clef, on a imaginé de fixer sur le foncet des rondelles saillantes, qu'on entaille brutalement dans les traverses au droit des assemblages^ alors qu'il suffirait, si ces doublures sont nécessaires pour le canon de la clef ou pour le foliot du bouton, d'abaisser de quelques millimètres le foncet sur les estoquiaux, c'est-à-dire de la hauteur correspondante à la saillie des rondelles.
Il est vraiment inouï qu'on n'y ait pas encore songé. Il en serait de même pour la nervure du pêne si elle était étudiée.
Si jusqu'ici on s'est appliqué à reproduire dans la quincaillerie moderne les serrures des siècles passés, il est évidemment possible, sans s'écarter des traditions de bonne serrurerie, de renouveler et de varier à l'infini les formes et le décor des pièces accessoires visibles à l'extérieur (fig. 108). Avant tout il faut éviter d'entailler les pièces de ferrure dans la menuiserie, l'emploi décoratif du fer n'étiint possible que s'il reste apparent.
Gela s'accorde, d'ailleurs, avec tous les principes de bonne construction, aussi bien pour la menuiserie de la porte que pour ses ferrures.
Espagnolettes et crémones.
Ferrures des meubles : serrurerie fine.
Alix époques anciennes, les ferrures des portes étaient considérées comme des ouvrages d'art, susceptibles de perfection. Il en était de même pour la suspension et la fermeture des croisées.
Lorsque ces croisées battaient à un vantail dans des meneaux de pierre, qu'il y eût ou non un bâti, la fermeture la plus simple était le verrou.
Il avait dès lors la disposition adoptée plus tard pour ari'êter un vantail d'une porte à deux vantaux.
Le verrou, tige de fer attachée par des coulisseaux sur le battant de la fenêtre, glissait verticalement ou horizontalement pour s'engager dans une gâche qui était ou scellée dans la pierre, ou fixée sur les traverses hautes et basses du bâti dormant : des arrêts forgés ou rivés sur la tige limitaient sa course en prenant appui sur les coulisseaux qu'on montait sur platine, avec ressort, afin de guider le verrou et de le soutenir dans sa course.
Si la croisée était haute, une targette ou verrou intermédiaire complétait la fermeture.
Lorsque la baie comportait des divisions horizontales et que les châssis supérieurs n'étaient pas accessibles, on les fermait au moyen de loqueteaux dont le pêne horizontal monté sur un
LArt appliqué aux Métiers. — IV. 14
ressort s'accrochait dans une gâche à mentonnet fixée sur le montant.
Lorsque le meneau de pierre vertical était recouvert par le bâti dormant, ce bâti réunissait à même hauteur les deux mentonnets condamnant chaque vantail.
Pour ouvrir le châssis, s'il n'était pas à portée de la main, on agissait, par une corde pendante, sur l'extrémité du pêne en faisant levier sur le ressort pour dégager le pêne de la gâche.
Le verrou vertical se prête à une décoration très simple résultant de la destination de chacun de ses éléments : c'est sa poignée qui forme saillie pour la commande du tirage ; ce sont les épaulements forgés sur la tige pour limiter sa course ; ce sont les coulisseaux et les gâches.
Comme chacune des pièces formant appui est fixée à la menuiserie, il faut les développer dans la limite des champs du bois pour trouver sur les platines l'emplacement des clous ou des vis.
Ainsi nait naturellement la forme à donner à cette platine décorée par ajourage ou découpage des rives et qui accuse le mode d'attache.
La poignée du verrou peut tirer son décor de la tige elle-même enroulée en forme de volute (verrous aux portes des cathédrales d'Avila ou de Salamanque), ou terminée par une pièce forgée ; mais il faut éviter tout ce qui pourrait blesser la main : on est conduit ainsi à développer sur la poignée, par la ciselure, des motifs d'ornements pris dans la masse, souvent même gravés pour éviter des saillies gênantes.
Cette entente particulière du décor est aussi applicable aux poignées de verrous qu'aux poignées de serrure, boutons ou becs de cane dont les dimensions et l'écartement sont à calculer pour la commodité de la main.
Pour le bec de cane, la béquille maintenue horizontalement ar u n ressort est maniée comme un levier en vue du dégagement
du pêne et son volume doit être limité pour éviter l'emploi d'un ressort trop tendu, qui exigerait un trop grand effort de la main.
La suspension d'une croisée diffère de celle d'une porte en ce que la ferrure ne peut être placée que sur les montants verticaux qui réunissent les traverses hautes et basses. Si la ferrure se place entre les deux traverses, elle est à développer dans le sens vertical et à couder pour avoir un appui suffisant.
Ainsi sont nés divers systèmes de suspension dérivés du gond et de la penture dans lesquels les nœuds des gonds, pentures ou paumelles sont forgés et soudés sur des fers plats appliqués d'un côté sur le bâti dormant, de l'autre sur le cadre de la croisée.
On a employé aussi les charnières dont les « œils » en fer plat enroulé sont adaptés aux branches formant équerres et traversés par une broche qu'on a rendue mobile dans un autre système de ferrure, celui des fiches.
La paumelle s'en distingue en ce qu'elle est constituée essentiellement par une pièce forgée munie d'un mamelon formant pivot ou mâle et qu'on fixe sur le dormant et par une autre pièce forgée en crapaudine ou femelle qu'on pose sur le montant de la croisée.
Dans les croisées anciennes, les volets étaient à l'intérieur et se développaient en une ou plusieurs feuilles au moyen de pentures ou d'équerres à charnières, fixées à l'encadrement de la fenêtre soit par des targettes, soit par des loqueteaux.
Les anciennes maisons des xv® et xvi'' siècles possèdent encore des ferrures de ce genre (fig. 109) dont le décor est développé soit sur la poignée du verrou ou le bouton de la targette, forgés et ciselés, soit sur les platines qui servent à les fixer sur le bois et qui sont en général des plaques de fer battu, découpées sur rives et ajourées ou relevées au marteau (ferrures de volets de la collection Bricard).
Lorsqu'au xvii*" siècle, on abandonna les meneaux de pierre et
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qu'on imagina, pour les croisées k deux vantaux, tes ajustements à noix el gueule de loup, donnant une fermeture plus Iierniétique que les feuillures, il fallut moditier le mode de fermeture pour réunir les vantaux en les fixant sur le bâti dormant de la croisée.
Il semble que l'un des systèmes les plus anciens ait été celtti de l'espagnolette, tige de fer rond mue par une poignée et s'en-
Fip. 109. — Énuentu <luublcK et tuqueleaux rerraiil ilcs volcls du w- >.i^clr.
gageant aux deux extrémités par des crochets dans des gâches.
On essaya aussi de combiner, en les montant sur un disque à pignons excentrés, afin de les manœuvrer par ime seide poignée, les deux verrous usiti-s jusque là pour les croisées h un vantail.
Mais contrairement à ce qui avait lieu pour les portes, c'est sur le vantail ouvrant de la croisée que fut fixée l'espagnolette ou la crémone réunissant les deux verrous.
Il est certain qu'on a utilisé dans le même but un système à bielles dont quelques types subsistent encore (Verrou double sur une porte de galerie du xvii° siècle au chàleau de Bourdeilles, Dordogne ; verrou double de la collection lîricard).
SUSPENSION KT FKRMETURK DES CHOISIMES 213
Peut-être même ce système de fermeture a-t-il été précédé d'une autre combinaison dans laquelle les verrous, réunis sur une seule tige munie d'une poignée, étaient manœuvres comme des loqueteaux ayant aux extrémités de la tige des pênes transversaux saillants, qui s'engageaient, pour la fermeture, dans des gcàches à mentonnet. Une combinaison de levier pouvait aussi donner le double mouvement des verrous du haut et du bas.
Les espagnolettes étaient en usage dès le xyii*" siècle aussi bien pour la fermeture des croisées que pour celle des portes cochères.
Sur ces dernières, la tige ronde se terminait par un verrou bas à baïonnette ; la poignée était condamnée par l'engagement du pêne d'une serrure dans une boucle de cette poignée.
Pour l'espagnolette, la rotation de la tige déterminée par la poignée est limitée par une sorte de came et par un second mouvement de rotation, la poignée peut s'élever et s'abaisser pour reposer sur une boucle rendue mobile et montée à charnières. C'est encore la disposition actuelle (fig. HO).
On a pu supprimer la boucle en laissant la poignée retomber verticalement, à condition d'arrêter la rotation de la tige, lorsque les crochets sont entrés dans la gâche ; on a prolongé à cet effet, par deux joues verticales, le cylindre évidé qui permet le mouvement de bas en haut, précédant le mouvement circulaire horizontal, qui sert à engager ou à dégager les crochets.
Pour faciliter l'entrée et la sortie du crochet, on a muni la gâche d'un rouleau.
L'espagnolette a sur la crémone l'avantage de ramener la croisée qui, si elle est haute, pourrait tendre à se gauchir et de l'assujettir dans le bâti dormant mieux que la crémone dont la tige n'entre plus dans la gâche dès que la fenêtre est légèrement voilée.
Pour y remédier on a muni l'extrémité de la tige de la crémone d'un crochet de rappel glissant sur un rouleau horizontal
pour entrer dans la gâche el s'y maintenant en décrivant un quart de cercle lors du relèvement de la tige.
Si la crémone est préférée de nos jours, c'est qu'elle substitue le ter demi-rond au fer rond de l'espagnolette et qu'elle économise ainsi le poids el la dépense; mais les formes des boîtes en
fonte contenant le mécanisme, des coulisseaiix et des gâches, sont en général aussi éloignées que possible d'une solution artistique, lien sera ainsi tant qu'on ne se décidera pas à étudier la Torme pour la destination.
D'ailleurs il n'est pas de décor possible si les ferrures (éqnerres ou autres) consolidant les assemblages ou donnant appui aux paumelles et charnières, ne sont pas apparentes sur le bois. C'est seulement k notre époque qu'on a commis la faute de dissimuler les ferrures dans des entailles. Si nous prenons
aux époques anciennes l'exemple de l'ouvrage le plus simple, celui (l'une targette, il n'en esl pas une, quel que soit son style, qui ne caractérise l'appropriation parfaite du décor à la destination de l'ouvrage et aux qualités du métal.
Tantôt dans un cadre de fer mouluré, le fer battu et repoussé dessine des armoiries et des devises ( targettes des châteaux d' Anet , d'Kcouen, elc.jf tantôt le bouton de la targette est une pièce de forge ciselée représentant une tête ou un animal, et. suivant la tradition du XV" siècle, la pièce forgée s'applique sur un fond de fer battu, ajouré et relevé au marteau (plaque de verrou de la colleclion Carrand à Florence). Les superbes plaques de serrures des châteaux d'iicouen et d'Anet sont exécutées de même.
On faisait encore au xviii^ siècle des targettes de fer ajouré, repoussé et gravé qui sont des chefs-d'œuvre ( Verrou de la collection Bernard,
fig. m).
Le travail de ciselure était sou- ni — v ■■ r f '
vent associé au travail de gravure, arme? de France. (Collection Ber-
comme on le voit sur quelques
serrures de coffrets du Musée de (Muny. On alla plus loin encore : par insertion de fds d'or ou d'argent matés dans des rdels gravés (damasquinage), on a enrichi des pièces de serrurerie fine. De nos jours on a essayé de remplacer le travail à la damasquine par un dépôt galvanoplaslique réduisant la profondeur de l'entaille : l'absence d'arêtes donne un travail plus
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régulier, mais, semble-l-il, moins ferme. On s'est ccintenlé quelquefois de graver les ornements en taille d'épargne et de remplir les creux en émail noir. Sur d'autres coffrets en fer, les fonds sont simplement criblés.
Lescoffretsde I)ois on de cuirétaient,conime les coffret» de fer, mtmis de serrures condamnant un moraillon monté à charnière
Kig. Ilî. — ColTrcI h n
sur le couvercle. Une poignée aidait au transport du coffret : on peut constater sur les cotfrels anciens avec quel art on ménageait sor le couvercle de bois l'emplacement des platines servant à fixer les charnières.
Les coffrets à bijou\ étaient souvent en fer ou en bois recouvert de fer. Sur un coffret conservé au Musée de Cluny, l'enveloppe est formée de deux réseaux de fer ajouré laissant paraîlre entre les mailles, le cuir qui recouvre le coffret en bois (fig. H 2) .
Les plaques du coffret sont emboutie.s et se recouvrent l'une l'autre ; des nervures renforcent le couvercle dont la serrure
SORUIIBKIR flNK
condamne deux moraillons. Les anneaux fixés snr les grands côtés facilitaient le transport.
On utilisait d'ailleurs bien des malières pour la décoration de ces petits cofîres dont nos malles modernes ont conservé l'aspect. Le plus souvent construits en bois et recouverts de
c. (Musée de Clunj'.
cuir ils étaient seulement consolidés par des équerres ou des bandes de fer maintenues à l'aide de grands clous qui garantissaient le bois contre les chocs.
Les serrures assez compliquées procèdent toujours soit de la serrure à auberonnière, soit de la serrure à menlonnets condamnant un ou plusietn-s pênes verticaux fixés dans le couvercle. Les serrures son! presque toujours à combinaisons et à secret.
Sur un coffret conservé au Musée de Cluny, une frise de fer découpé simulant un crénelage avec des tours consolide les
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bords du couvercle (fig. 113). La forme demi-cylindrique est celle qui fut le plus souvent employée et le décor est généralement constitué, pour les coffrets du xv^ siècle, par des bandes de fer ajouré en deux épaisseurs.
Dès le xv' siècle, on commençait à travailler babilement le cuir au repoussé suivant un procédé analogue A celui qu'on
Kij(. m. — Moules H hoslics du xiii- fliiVle. en fer ^rnyi. (Musée de auiiy.l
employait pour le métal. On le gravait, on le ciselait, on le pointillail et, comme pour les coffrets de bois apparentoude fer, c'était toujours la ferrure du coffret qui le consolidait et le décorait tout à la fois. Certains coffrets de cuir sont cependant décorés de feuilles à contour gravé sur fond pointillé ou travaillées au petit fer, comme des reliures, et le guillochis qui en résulte contraste avec la fermeté des ferrures.
Certains coffrets, très simples k l'exléneur, sont munis de mécanismes de serrures qui sont des types de belle exécution. Le fer embouti qui recouvre le coffret a ses rives décorées au burin.