‹ Décor du métal: le ferChapitre 12 sur 27 · DL<:UII DU VER · texte numérisé non relu

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Ce sonl les seiTures dites k •< auberonnière » qui furent d'usage Constant en France du xiv" au xvi" siècle.

L'auberon peut s'engager dans un mentonnet qui se ferme seul mais dont l'ouverlure exige la rotation de la clef.

Ou a employé aussi le système d'un pêne à mentonnet s'accrocbant dans l'auberon du couvercle du coffre.

Ainsi qu'on le voit sur une belle sen-ure du xv'' siècle du Musée de ('luny (fig. 103), ces organes compliqués étaient mis en mouvement par la rotation de la clef, dont la tige, forée snivanl une forme de cœur ou de trèfle correspondant à celle du canon, complétait la sécurité due aux garnitures,

La rotation de la clef actionnait un balancier man<i-uvraDl quatre pênes à mentonnet condamnés par un pêne horizontal, les divers organes tendant à la condamnation ou au dégagement

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des pênes qui relient le convercie à la face verticale du coffi-e (lig. 104), A l'exlérieur, le palàtre est renforcé par un cadre de fer tordu limitant une décoration d'arcalures.

Les serrures à auberonnière ont été très employées en France. La disposition la plus commune est celle de la clef placée verticalement au milieu de la serrure au-dessous d'une

Fie. 101. - Inlét'icur de la senure de colTre du Musée de Cluiiv. Péncs à mi^iitonncts.

entaille où s'engage l'auberon. A l'intérieur sont les garnitures dans lesquelles passe le panneton de la clef et le ressort que !a clef soulevait pour mettre en mouvement le pêne.

Le plus souvent le moraillon est orné de quelque animal, lézard ou scarabée. Une pièce forgée cache l'entrée qui, parfois, s'ouvre à secret à l'aide d'un ressort.

Une bande de fer battu travaillée à jour et godronnée forme le cadre : elle esl prise entre deux bandelettes saillantes de fer

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lordu el réserve aux angles la place des clous forgés qui fixent le palàlre sur le bois.

Au xv' siècle, les plaques ajourées de fer battu sont frér queuiment comprises entre des saillies de fer forgé inspirées de l'arcbilecture lapidaire, pinacles, gables, arcatiires. Chaque pièce de la serrure s'accuse par une ornementation spéciale.

Dans ce cadre architectural s'iutercalenl des ligures, des écussons ou des devises.

Sur la serrure dun très curieux colfre du Musée d'Augers, représenlaut ratta<|ue de la Mort, ou lit une inscription découpée ic Michau Ciirard » ilig. iOîll.

Le travail du fer battu, découpé, ajouré et modelé, procède par oppositions de pleins el de vides, et exige des ajoiirages très étudiés puisqu'en réalité c'est le vide laissant voir le fond du bois qui crée l'opposition décorative. Certains coffres en fer ont mis à profit pour le décor ce procédé d'ajourage. Dans ces coffres la saillie des garnitures est visible à l'intérieur.

Le pins souvent la serrure n'avait qu'une entrée : la clef généralement forée s'engageait suivant une broche dans le forage du canon jusqu'au secteur vide qui permeltail au panneton de la

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clef de s'introduire dans les garnitures. (Serrure de la collection

Bernard) (fig. iOC).

G'élail la serrure dite à >• tour » ou a tourelle »,

La serrure bénarde ou à deux entrées se rapprochait de la

serrure à tour par la disposition du secteur évidé : si variée que

fig. lOS, — Conj»' sur deux seiriii'os à tour du xvii* sii'cle. (('.ollcctitm Ucriiard.)

fût la décoration des plaques d'entrée, le méeauisme des serrures f) tour était à peu près uniforme.

Quand la serrure fermait une armoire, les coulisscaux du verrou étaient fixés, deux sur la boîte de la serrure, le troisième sur le bâti servant de gâche ; c'est la serrure à verrou dite à " vertevelle » dont le pêne condamnait le moraillun et fixait le

vantail en retenant le verrou dans la gâche. (Serrures à bosse de la collection Bernard.)

Souvent la boîte emboutie se prolonge par une plaque de fer battu et ajouré, rivée sur le palâtre : la ciselure et la gravure complètent le décor de la boîte et du moraillon.

La serrure à bosse apparente avait l'avantage d'éviter l'entaille du bois. La tête était seule entaillée. (Serrure du xvii® siècle de la collection Fontaine.)

Au XV® siècle on eut l'idée, pour les ferrures du coffre, de placer la penture du moraillon sous le couvercle pour parer au forcement du coffre par pesée. (Coffre de Saint-Germain-l'Auxerrois.) Cependant, comme les penlures étaient fixées par de grands clous rivés et non par des vis, la sécurité n'était guère diminuée lorsque la penture était à l'extérieur.

Comme sur les portes espagnoles, les tètes des clous s'appuyaient sur des rosaces formant de précieux motifs de décoration.

Si compliqués que paraissent les piouvements des serrures anciennes, ils se réduisent toujours à des combinaisons de pênes prenant appui sur des ressorts qu'une sorte de fléau actionné par la clef met en mouvement.

Les complications de mécanismes caractérisent surtout la serrurerie allemande du xvi® au xvii® siècle.

C'est toujours la clef tournant dans les garnitures du tour ou rouet qui sert à condamner ou à dégager les pênes. Ceux-ci s'accrochent quelquefois dans des mentonnets, mais généralement la clef prend appui dans les barbes pour les pousser en soulevant le ressort qui retient le pêne quand la clef n'agit pas.

Une serrure de la collection Bernard a tout son mécanisme compris dans une cuvette emboutie : elle fournit un exemple de l'emploi des mentonnets dans lesquels s'engageaient les crampons du couvercle d'un coffre. L'usage du mentonnet est ancien, et prêtait k la fermeture rapide du couvercle sans nécessiter Tintervention de la clef.

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