DECOR DES ARMES
Travail artistique des armes défensives au Moyen Age.
L'emploi du fer pour les armes ne paraît guère antérieur à la dernière période des civilisations antiques. Les épées grecques et étrusques sont généralement en bronze et le métal écroui par le martelage atteint presque à la dureté du fer trempé. Les épées celtiques étaient aussi en bronze.
Les épées de fer trouvées dans le cimetière dllallstat, près Salzbourg, peuvent être attribuées aux Gaulois ou (îalales qui occupèrent successivement la vallée du Danube, la Germanie et la Gaule. Ces épées sont comparables pour la forme aux épées celtiques et munies d'une grande soie plate : la soie fut plus lard ronde ou carrée lorsque Textrémité fut rivée au pommeau, pour bien attacher la lame à la poignée.
Sous TEmpire romain, le fer était employé pour la pointe des lances et aussi pour le javelot long, « pilum », qu'on lançait à la main et qui immobilisait en l'alourdissant le bouclier de bois.
Les épées romaines étaient courtes, droites, et à deux tranchants, utilisées comme armes d'estoc et de taille. Lors même qu'elles sont en fer, la poignée et le fourreau sont généralement en bronze. Le cuivre était employé pour la cuirasse (faite d'une seule pièce emboutie ou formée de lamelles se recouvrant en partie], pour le casque, pour l'umbo, disque saillant du bouclier. Cependant les fouilles d'Alise-Sainte-Reine ont mis à découvert
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des casques en fer repoussé el Fumbo est parfois de même métal.
Le cuivre el le bronze semblent avoir été usités exclusivement pour les armes défensives dans les armées grecques. On les employait non seulement pour le casque et la cuirasse, mais pour les agrafes de ceintures, pour les cnémides et genouillères destinées à protéger les jambes.
D'après les objets recueillis dans les sépultures franques on ne peut douter que l'emploi du fer se fût généralisé à Tépoque mérovingienne. Les armes offensives (épée, scramasaxe ou poignard, francisque ou hache, framée ou lance) sont généralement en fer. Des pierres précieuses, des verres colorés enchâssés dans des cloisons enrichissaient la garde et le pommeau qui sont en bronze, parfois même en or. L'épée est à double tranchant el la gorge d'évidement moins accentuée que dans les armes grecques. Il ne semble pas que les Francs aient porté le casque : les armes courtes (scramasaxes) étaient suspendues à une ceinture de cuir, Tépée longue à im baudrier : les agrafes qui sont tantôt de fer, tantôt de bronze, élaient enrichies soit d'ornements d'argent incrusté ou damasquiné, soit de pierres précieuses. Les formes décoratives aussi bien que les matières employées accusent l'origine orientale et c'est de l'art persan contemporain que peut être rapproché le décor des armes mérovingiennes.
Dès le viir siècle de notre ère, le fer prend une telle importance dans la fabrication des armes offensives et défensives, qu'il y a lieu de les étudier séparément ^
1. Le Dictionnaire de VioUet-le-Duc et les notices du Colonel Robert dans les catalogues de notre Musée d'artillerie ont fourni sur Tarmement du Moyen Age les renseignements les plus complets.
DKCOR DU FER
Armes défensives.
Dans l'antiquité, l'armure ne protégeait pas comme au Moyen Age le corps tout entier de l'Iiomme d'armes. Les différentes
imupc byzanlm consei'ïé à Venise, r la Pinzi-lU.
pièces étaient indépendantes, laissant libres les mouvements du corps pour faciliter l'action individuelle.
La phalange grecque opposait h l'ennemi une surface continue de protection à l'aide des grands boucliers qui se touchaient, tandis qu'au-dessus et au-dessous, le casque et les cnémides pro-