LE CUIVRE ET LE RRONZE EN ITALIE
aux vitraux légendaires tels que ceux de la cathédrale de Sens L'iùifnnt prodigue, %. 92, Décor du verre .
Ces rapports entre les œuvres françaises du xiii'" siècle et les (Ouvres italiennes du xiv^ sont facilement explicables par linfluence qu'exerçait notre art au temps où les Papes séjournaient à Avignon et où des princes français, maîtres, depuis Charles d" Anjou, du royaume de Xaples, étaient à Florence les protecteurs, sinon les chefs du parti Guelfe.
Telle figure de la Foi tenant d'une main la croix, de l'autre le calice, et enveloppée dans un manteau agrafé sur la poitrine, reproduit un type vulgarisé en France dès le xii'' siècle. On peut s'en assurer en comparant la Foi d'Andréa Pisano à IFglise figurée sur une verrière de lancienne cathédrale de Chàlons MuséeduTrocadéroi.
L'Espérance ifig. 56 1 représentée de profil sur l'un des panneaux de la porte du Baptistère est comparable pour le style aux belles figures du portail de la cathédrale de Reims, et les ba-i-reliefs de la vie de saint Jean sont à rapprocher des admirables bas-reliefs du tombeau en forme de châsse conservé dans l'église d'Aubazine Corrèzei.
La porte d'Andréa Pisano aurait été achevée en 1330. Celle de Lorenzo Ghiberti. qui est au nord du Baptistère, fut exécutée de 1401 à 1424, après un concours dans lequel l'artiste s'était mesuré avec Jacopo délia Quercia. Niccolo d'Arezzo et
Fig. 56. — Un bas-relief de la porte d'Andréa Pisano : l'Espérance.
•su
LE CriVRE ET LE BRONZE
liriinellesehi.Oii lui attribue, comme collaborateurs, pour la fonte du bronze, Donatello et Michelozzo. (Les morceaux de concours de Brunelleschi et de Gbiberti sont au Musée national de Florence.
Cette porte a la même ordonnance que celle dWndréa Pisano ; elle s'en distingue par la composition plus touffue et plus mouvementée des bas-reliefs représentant des scènes de la vie du Cbrist et de la ^ ierge. Les ligures isolées, et particulièrement celle de saint Jean lEvangéliste, ont malgré leur petite dimension une telle ampleur de forme, une telle énergie d'expression que (ibiberti s y révèle comme un précurseur de Micbel-Ange.
Parmi les bas-reliefs, celui de l'Annonciation (tig. o7 1 accuse encore, dans la ligure de la \'ierge, le style des sculptures de nos catbédrales. La Grucilixion est d'albire moins simple mais vraiment tragique. D'autres sujets, Jésus au milieu des Docteurs, le Baptême du Gbrist, sont traités moins sobrement que ceux de la porte d'Andréa Pisano : le sculpteur tend à assimiler le bas-relief à un tableau, usant des ressources de la perspective pour distinguer des plans différents.
Ce qu'on n'admire peut-être pas assez, c'est le décordes chambranles des portes, où l'artiste interprète en maître décorateur les animaux et les plantes, nous montrant des écureuils fig. 58 1
Fig. J^. — L'n l);t;s-rc'licl de hi |)ifiMU-rf purti fie Ghibcrli : rAnnoiicialion.
Li: CriVKE ET LE HRONZE EN ITALIE
dans des loiiffes de noisetier ou de châtaignier, ou des oiseaux sur des épis de blé. interprétant la nature en observateur sincère mais avisé, et mettant à profit les procédés de la fonte à cire perdue, pour traduire en l)ronze les délicatesses de formes observées sur la nature.
Sur le chambra ide de la porte d'Andréa Pisano.
qu exécuta, dit-on. un lils de Ghii)erti. l'artiste a été plus loin encore, enlevant sur les fonds des pavots, des palmes et des Heurs des champs, ou exécutant des rubans à des épaisseuis (pii ne semblent réalisables qu'en bandelettes de métal mince.
Des ouvrages récents nous montrent d'ailleurs la possibilité d'obtenir aujourd'hui de pareilles finesses.
iChar et chevaux de Debrie, fondus par Gruet.
La seconde porte de Ghiberti fig. .o9i. qui fait face à la cathédrale, a été exécutée de 1423 à 1452. L'artiste s'y est atlVanchi de la division en petits panneaux et il a développé dans des cadres carrés, prenant toutes la largeur du vantail, de grandes scènes qu'il a eu soin d'occuper, comme lavaient fait les grands peintres décorateurs du xv'' siècle, par des personnages de premier plan. La perspective n'intervient dans ces tableaux de bronze que pour aider à rendre la composition claire sans décomposer par des lignes fuyantes la surface à décorer.