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LE CUIVHE ET LE HHOXZE EN ITALIE

monle les pièces les unes après les autres, comme on Favail fait «n constituant le moule à bon creux, en poussant le sahle au fur et à mesure dans les creux et en consolidant par une carc-asse formée de fers plus fins ([ue les traverses les différentes parties du noyau, au fur et à mesure de ravancement du travail.

On se sert naturellemenl de sable tin tamisé, qu'on foule au fur et à mesure dans les deux parties du moule pour compléter le travail.

Le noyau en sable terminé et le moule fermé, on tlémonte à nouveiui le moule à bon creux pièce à pièce, et ou i^ratte ce noyau de l'épaisseur à donner à la cire ou au métal qui prendra la place de la cire. (]'est ce qu'on ap|)elle '< tirer d'épaisseur » le noyau. On le sècbe et on le replace dans le moule à I)on <?reu\, oii, grâce aux (( portées » réservées pour les traverses de métal, il est maintenu dans sa position première et ne peut se déplacer.

Le noyau remis en place, on ferme le moule, dont les deux parties sont repérées et dans lesquelles on a ménagé les « trancbes » de coulée et les évents. On coule la cire à froid et l'air s'échappe par les évents au fur et à mesure de l'introduction de la cire dans les creux. La cire est composée de 2 o de €ire vierge et de 13 de colophane ; on la teinte généralement en rouge sombre ou en noir pour faciliter à l'artiste l'étude des modelés qu'il doit obtenir avec le bronze et lui permettre de donner la dernière main à son œuvre.

Pour cela, le moule est de nouveau redémonté pièce à pièce pour dégager l'épreuve en cire qui emprisonne le noyau. Le moule n'a plus dès lors d'utilité et peut être brisé sauf dans le cas où on voudrait obtenir une seconde épreuve qui exigerait exactement le même travail.

Lorsque l'artiste a fait ses dernières retouches on applicpu» au pinceau sur la cire par couches successives le sable dilué, après pourriture préalable, à l'état de barbotinc, de telle sorte

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qu'on ii'ail pas à craindre de défornialion par pression de lenveloppe. On ménage en la formant les passages pour les- « alLaques » de mêlai et pour les évents. Il faut en etï'et, pour éviter tout défaut, que le métal arrive d'un seul jet aux extrémité» du moule et que soient ménagés, pour la sortie de l'air, des évents et des « lanternes » constitués par des tubes creux tra~ versant le noyau. (3n place aussi dans le noyau des bougies de cire qui tondent avec la cire du modèle et laissent des vides^ dans le noyau pour le passage de Fair. Il faut encore que le sable de l'enveloppe soit assez poreux pour qu'il laisse échap])er pendant la coulée les gaz qui se forment.

Pour obtenir ce résultat, on écliauffe d'abord à 100", pendant 12 à 15 beures, le moule de sable pour que la cire s'écoule bien, et une fois le moule vidé on élève progressivement la température jusqu'à ce que le sable de l'enveloppe soit complètement rougi, celle-ci ayant été pendant sa coni'ection consolidée par des armatures de fer. C'est en cet état que la terre est suffisamment poreuse pour donner passage aux gaz.

Lorsque la terre est rouge, on procède à la coulée du métal, et la pièce, si l'opération a été bien menée, sort terminée, donnant toutes les finesses soubaitées par le slatuaiie.

Tel est le procédé usité en France et qui a donné généralement d'excellents résultats i fontes de Bingen. |)our les statue» équestres de Jeanne d'.\rc par Fremiet et ])ar Paul Dubois, pour la figure de jeune Arabe du tombeau (luillaumet : foutesde Gruet pour les œuvres de Barrias, de Debrie, etc. .

Le procédé italien est différent, du moins aujourd'bui. eu ce que la cire, au lieu d être coulée dans le moule fermé après replacement du noyau, est coulée par le procédé dit '< au renversé », c'est-à-dire dans le moule sans noyau, le moule étant renversé pour l'évacuation de la cire lorsqu'on apprécie ({ue 1 épaisseur de cire adbérente est suffisante. On coule après coup le noyau formé de brique pilêe et de plâtre, et on le consolide

LE CUIVRE ET LE BRONZE EN ITALIE i i

en traversant la cire par de longues épingles ou par des tiges de fer, suivant la dimension de la pièce. Ce procédé a l'avantage <le Téconomie, mais Tinconvénient de surprises dans la coulée résultant des inégalités d'épaisseur de la cire qui, dans le moulage au renversé, a pu couler de telle sorte que sur quelques points l'épaisseur de métal soit insulïisante et trop forte sur d'autres.

Nous ne connaissons qu'imparfailemenl les méthodes employées pour la foule des statues italiennes des xv*^ et XVI'' siècles ; mais il y a tout lieu de croire que ces procédés furent appliqués en France au xvii*" siècle, à l'époque oîi l'art fi-ançais subit le plus rinlluence de l'art italien, et les descriptions qui ont été faites des fontes à cire perdue au temps de I^ouis ^XI\' pourraient sans doute s'appliquer aux fontes des brouzes italiens des siècles précédents. (Juant aux bronzes antiques, leurs dimensions et leur petit nombre n'ont pas permis jusqu'à présent de faire une étude complète des méthodes d'exécution. Cependant, dans ces dernières années, la découverte de r « aurige »> de bronze dans les fouilles de Delphes et d'un lutteur dans les fonds de sable explorés sur les rives de l'île de Cerigo ( Musée d'Athènes) pourraient déjà fournir quelques indications.

Ce qu'on peut aflirmer, c'est qu'au xv'' siècle les maîtres de la sculpture italienne avaient presque tous appris la technique <le l'art du bronze dans des ateliers d'orfèvres, et on pourrait expliquer ainsi le maintien, au xv*" siècle, dans les œuvres les plus célèbres, de formes s'appliquant plutôt au travail du cuivre qu à celui du bronze.

(^ela est manifeste sur les portes du Baptistère de Florence, et particulièrement sur celle du sud, œuvre d'Andréa Pisano (tig, 53 ). L'artiste y conserve la division par petits panneaux qu'avaient adoptée les Byzantins; il conserve aussi la disposition des couvre-joints formant cadres et jusqu'à l'apparence des

Li: crivRi-: i:t i.e hhon/e

clous ({ui les lixenl el des lèles d'animaux (jui aecusenl leur renconlre.

Le slvle des l)as-ieliefs est le style français du xiv' siècle, et

Porte d'Aiidiva Pisaiio an hapUslère àc Florence.

il esl intéressant de rapprocher des cadres quadrilobés qui les enferment les cadres des bas-reliefs du portail méridional de Notre-Dame ou de ceux des porches des cathédrales d'Amiens ou dAuxerre. La division par panneaux quadrilobés des sujets d'une légende avait été appliquée en France durant le xiii<^ siècle

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