‹ Décor du métalChapitre 3 sur 61 · LI:LK KMI'LOI DANS L A.NTIQLITi · texte numérisé non relu

LI:LK KMI'LOI DANS L A.NTIQLITi

el les Chaldéens durent en faire usage avant les Egyptiens.

Les touilles des tombeaux mycéniens ont enrichi le Musée d'Athènes de poignards en bronze à lames incrustées d'or et de l'alliage d'or et d'argent auquel les anciens donnaient le nom d'électron i fîg. 2 .

Ainsi à une époque cpii, pour la (irèce primitive, correspond à celle des dynasties lhél)aines en Kgyple. c'esl-à-dire vers le

(laniasquiur d .>i- el Musée flAthénes .

)n trouvé à Mvcènes

xv'' OU le XVI'' siècle avant noire ère, l'alliage de cuivre et d élain était connu et employé pour les armes otFensives. 11 fut appliqué plus tard, concurremment avec le cuivre, aux défenses du corps 'cuirasses, cnémidesi.

L'existence du cuivre à l'état natif dans certains pays explique l'emploi très ancien de ce métal dont la technique, lorsqu'il était pur, ne ditférait pas beaucoup de celle en usage pour les métaux précieux. Si rudimentaire que fût la métallui'gie. 1 or. l argent ou le cuivre pouvaient être fondus et coulés en tables; le battage réduisait ces tables en feuilles qu'tm travaillait au marteau, en formant des pièces complètes ou des pièces séparées qu'on réunissait par des rivets.

On pouvait, en traçant un dessin sur la feuille, relever le métal en le martelant sur un corps dur et obtenir ainsi des orne-

4 LE (UIVIŒ ET LF. lUJON/.F.

iiu'iils (raiilaiil plus souples (jiie le relief en élail pris dans la feuille même de cuivre.

Si Ion en ju^e par rélvmolo^ie du mol « cuprum » on peut croire que le cuivre, à Tépoque l'omaine, élail lire de File de (^hvprc. De nos jours, des gisements importants sont exploités en Europe, dans TOural. dans Tltalie du Nord (province de Lucca), en Espagne province de Iluelva, mines de Hio-Tinlo), dans la Saxe prussienne Mine de Mansfeldi.

C'esl en Amérique que sont les mines les plus inqjorlanles, celles de cuivre natif sui- les frontières des Etats-Unis et du (Canada, celles d'oxyde de enivre dans la Basse-(]alifornie (gisement du Boléoj, celles de pyrites de cuivre et de fer au Chili.

Ce sont les pyrites ( sulfures i qui sont le plus répandues. Le minerai est grillé à Tair pour éliminer une partie du soufre : une première fusion sépare environ la moitié du fer qui passe dans les scories de la « malle », sulfure double de cuivre et de fer déjà plus riche en cuivre que le minerai. La même opération est recommencée plusieurs fois jusqu'à ce qu'une dernière fusion oxydante élimine le soufre et donne le cuivre brut.

Un industriel lyonnais, M. Manhès, a simplifié l'opération en adaptant à l'aftinage du cuivre le convertisseur Bessemer.

.\près une première fonte donnant des malles à 20 ou 30 " ,,. on verse ces malles dans le convertisseur avec du sable siliceux (jui facilite lélimination du fer. Le fer s'oxyde en dégageani des étincelles : le soufre en brùlanl donne des va])eurs blanches : quand les fumées cessent, lopération est terminée. Vn dernier atïinage dans le four à réverbère donne le cuivre pur.

On a j)rocédé aussi à l'ailinage j)ar léleclrolyse ; on a pu même exécuter directement des tubes de cuivre par dépôt galvano-plaslique du métal sur un mandrin en fer. On comprime au fur et à mesure de leur formation les couches de cuivre par des brunissoirs en agate pour donner aux tubes une consistance sutlisanle. (Procédé Ellmore.)

LEUR EMPLOI DANS L ANTIQUITE O

Le cuivre, pour être travaillé par emboutissage ou martelage, doit être livré en tables ou en feuilles. A cet effet, on refond les lingots de cuivie dans des fours à réverbère et on les coule en plateaux dont le poids ne dépasse pas 600 kilogr. On les fait passer entre deux cylindres de laminoirs dont on diminue progressivement la distance; les plateaux amincis et élargis donnent ainsi des feuilles prêtes à être travaillées.

C'est en Orient et particulièrement dans Tlndeque les feuilles de cuivre sont travaillées au repoussé, ajourées ou gravées. Des procédés de travail analogues sont employés en France. Une des applications les plus intéressantes du cuivre à la statuaire est l'exécution en feuilles, n'ayant pas plus d'un millimètre ou 1 millimètre 1/2 d'épaisseur, de figures et même de groupes de dimensions colossales, qui seraient difficilement réalisables en métal fondu, lorsque ces groupes sont destinés à couronner des combles.

Les qualités du cuivre sont tellement améliorées par l'alliage d'autres métaux, tels que l'étain, le plomb et le zinc, que. dès l'antiquité, on avait préféré, pour la fonte des armes offensives et des statues, l'alliage de cuivre, d'étain et de plomb qu'on appelle le « bronze ■> et qu'il ne faut pas confondre avec l'alliage moderne de cuivre et de zinc qu'on appelle le laiton.

L'analyse des bronzes attiques donne :

62 '^/o de cuivre, 32 'Vo d'étain, 6 ^ I o de plomb.

Dans les bronzes romains, le cuivre entre pour (S4 " „ et l'étain pour 10 %•

Ces alliages, faciles à travailler, assez fusibles pour reproduire toutes les finesses d'un moule, bénéficiaient d'une belle coloration que la patine embellit encore.

Dès l'antiquité, on avait remarqué les qualités que donne au bronze l'alliage d'une petite quantité de plomb.

o i.E crivHi: i-T Li: hhon/i;

AcUiellenu'iiL le " l)i'oii/i' dai-l » conlient. en proportions variables, des inélaiix eiihanl dans Talliage, ()0 à (So " „ de cuivre, '-l à 5 " „ délain. Kl à .'>.') " o <le zinc cl de I à 3 " ,, de plomb.

Le bronze des slaLties conlieni nénéralenieiil So à *.)() " /,, de enivre : celui des monnaies qui doit résisler à l'usure en con-

l'iji. 3. — Lion assviifii. Kxpiessiini luiluialislo Musc'-c du Louvre

lient plus encore. 95 " ,, de cuivre pour i d'élain el 1 de zinc.

Pour les médailles. rallia<,^e est de 119 de cuivre el de i d'ëtain.

Le bronze des clocbes. dur niais aussi un peu cassant, contient de 22 à 25 parties d'étaiu ])our 7<S à T.") de cuivre.

Le laiton a des applications nombreuses dans l'industrie ; on l'emploie en planches, en feuilles, en fils, etc., mais il est moins tenace et moins malléable que le cuivre roui^e.

La proportion de zinc, qui atteint jusqu'à SI " „ dans le laiton des borlowrs, lui donne l'avantaiie tle l'économie.

LEIH EMPLOI DANS L ANTIQUITi:

Dans ranliquité comme de nos jours, le cuivre et le bronze élaient employés pour la statuaire et pour les objets usuels, et les progrès de l'art entraînaient ceux des méthodes de travail, soit pour le battage et le repoussage du métal pur, soit pour la

fonte de son alliage.

L'application du cuivre et du bronze à la statuaire est trèï

Fiu-.

IJoii persan dépociuc ;icliéméni(lc. Expression décorative Musée du I.ouvri

ancienne; on a découvert, dans les fouilles d'anciens sanctuaires ou dans les toml^eaux, des plaquettes de métal ajouré et gravé représentant des divinités ou des personnages héroïques ou même des scènes familières.

Le Musée du Louvre et quelques collections publiques ou privées conservent quelques-unes de ces plaquettes trouvées en Grèce et qui sont à comparer, pour le style aussi bien que pour le décor, à certaines plaques funéraires de terre cuite découvertes dans des tombes grecques ou étrusques et qui sont décorées aussi par la gravure.

LE cuivRi: i:t ij: iîhon/f.

Les mêmes procédés avaient été employés en Egyple pour des ex-voto de l)ronze.

Sur une de ces plaquettes, Thoutmès est représenté dans un i^œste d'offrande. La gravure complète le décor du has-relief dont la saillie sur le fond est très faible : des Irons semblent indiquer

l'utilisation de cette plaquette comme pièce d'applique.

Une autre plaquette de cuivre découpé el gravé , d'origine grecque et représentant une scène de chasse, est conservée au Louvre.

L'usage du cuivre endjonli ou assemblé par feuilles l'ivées semble avoir précédé, pour les armes défensives, celui du cuivi'e fondu, autant qu'on en peut juger par les casques grecs ou étrusques dont les rivets fixant la garniture intérieure concourent à la décoration.

Quelques-uns sont surmontés de liants cimiers et enrichis d'ornements repoussés qui s'étendent du sommet du cas(pie jus- (pi'aux oreillères.

'i'andis ijue le sculpteur, en Lgypte comme en (irèce. élail gêné par lintei'jM-élation du mouvement des figures, la fonte de statuettes ou d'objets usuels : poignées de vases ou de trépieds), dont le décor comportait l'interprétation de la iigure ou de Tanimal. pouvait être réalisée assez simplement.

Cependant, si l'on considère comme certaines les dates attribuées aux objets découverts à Suse au cours des fouilles de la mission de Morgan, on peut croire cpi'au xii'' ou au xiu' siècle

Fi}?. 5

Fi};uie vulive cl'.A.thèna.

Bronze doré en deux plaquettes Musé*^ dWtlièncs .

LEUR EMPLOI DANS L ANTIQUITE

avant notre ère, les fondeurs de la Chaldée et de IKlam étaient déjà d'habiles technieiens.

Kn Assyrie, sous les Sargonides, la fonte du bronze atteignait à la maîtrise. Les artistes assyriens ont interprété l'animal dans toutes les attitudes avec une justesse d'expression dont on peut apprécier la valeur sur le lion accroupi conservé au Musée du Louvre fig. o . Son intérêt s'est accru après la découverte, à Suse, d'un lion persan, datant de la dynastie Achéménide , et pour lequel les conventions décoratives ont remplacé l'étude directe et consciencieuse de la nature (fig, 4i.

En Grèce comme en Assyrie, les progrès des fondeurs ont suivi ceux des sculpteurs.

On peut s'en convaincre en comparant les bronzes archaïques trouvés à Olympie, dont les formes accusent encore l'intluence égyptienne ou assyrienne, aux bronzes plus récents découverts dans les fouilles de Dodone et dont l'auteur s'etforçait de donner à ses figures la vie et le mouvement.

D'ailleurs les petits trous constatés sur les murs de la tombe en coupole « dite Trésor d'Atrée », à Mycènes, semblent indiquer, pour une époque contemporaine des bronzes chaldéens, l'emploi, sinon de re vêlement, au moins de pièces d'applique en

6. — ALlièna Pi'uniachos provenant des fouilles de l'Acropole ^ Mu sec d'Athènes.

LE CUIVRE ET LE H1K)N/.E

mJlal el le décoi' des boucliers pai' zones concenlriques tel qu'il ressort des desci'iptions homériques, révèle l'art de l'Orient.

(Certaines ])atères phéniciennes, trouvées à Préneste, sonl ainsi décorées par zones. L'art grec ne sesl allVanchi <pie lardivenienl des inlluences orientales.

(lesl l'élaboralion des typet

divins, idéalisant les formes humaines, qui eut sur la statuaire grecque, et, jiar répercussion, sur le travail du bronze, une influence décisive.

On ne peut en douter en comparant;! la ligure d'Athèna Promachos, trouvée dans les fouilles de 1 Acropole, une ligure votive (rAthèua i fig, 5) formée de deux plaquettes de bronze fondues séparément et réunies pour j)résenler, sur chaque face, la déesse de protil, vêtue de la longue tunique ionienne et portant sur les épaules l'égide bordée de serpents.

LAthèna Promachos est vêtue de même, mais elle lient la lance et le bouclier dans l'attitude du combat et porte un casque à haut cimier (fig. 6). Un magnitique torse trouvé aussi dans les fouilles de l'Acropole (lîg. 7) complète la série de ces onivres, daulaut plus intéressantes à étudier qu'elles sont comme le commentaire des descriptions poétiques concernant la déesse prolec- Iric-e d Athènes.

Bien que, dès le vu' siècle avant notre ère, la statuaire enq)loie le bronze fondu de préférence au cuivre martelé, certains objets élaient encore travaillés au repoussé. On |)eul citer des phupies

i/e cl Alliena.

•c d'Athènes

LEUR EMPLOI DANS L ANTIQUITE

semblant provenir de boucliers et décorées par zones de figures ou d'animaux suivant la tradition orientale; le travail du burin complète le décor par des traits gravés.

Au Musée du Louvre sont des têtes de griffons, provenant ïians doute de supports de bassins, et qui sont exécutées en cuivre repoussé. D'ailleurs le travail de la fonte s'était perfectionné : on peut s'en assurer eu étudiant les sauvages griffons de bronze découverts dans les fouilles d'Olympie ifig. 8i et (pii.

cpioique issus duu type oriental, accusent par le style larl hellénique. Ces tètes étaient sans doute fixées par des rivets à des bassins de bronze dont elles formaient les anses.

Comme eu Egypte, Tceil était évidé et rempli par une pâte vitreuse.

On sait que, sous les dynasties memphites, l'œil des statues était construit comme l'œil humain à l'aide d'une capsule de cuivre embouti dont les bords étaient rabattus pour figurer les paupières, enchâssant un globe de quartz hyalin qui simulait la cornée : dans ce globe était évidée la prunelle en cristal de roche s'appuyaut au fond sur une pointe de métal qui donnait l'illusion de la pupille et animait la ligure.

La composition du griffon d'Olympie accuse bien, par la silhouette de cette bète étrange au bec crochu, aux oreilles droites, la technique du métal sur lequel la gravure, complétant

aviiiil luinic

l'anse d'un (répied. Eouilles d'Olympie.

LK CUIVlîE 1;T le HRONZi:

le décor du col et de la lête, dessine des écailles et des rubans.

Au-dessus de la lèle s'élève un bouton fleuri qui servait sans

doute de poignée |)our le transport du bassin.

Durant âvvix siècles vu'' el vi'-' siècles avant notre ère (|ui correspondent en (Irèce à lémancipation de la statuaire, les procédés de la fonte du bronze ont constamment progressé, en même temps que progressait l'élude du corps humain.

M. (^ollignon a signalé la répétition, sur les médailles aussi bien <|ue sur les statues, du type de l'Apollon Didyméen. dont on peut apprécier la souveraine beauté sur le bronze du Louvre, trouvé à Pioinbino ilig. i) .

Ces types divins, une lois créés, se modifiaient peu : celui dAthèna est caractérisé par des mouvements et des costumes presque identiques sur les statuettes mises à découvert par les fouilles de TAcropole el sur les monnaies altiques.

La gravure complétait encore, au VI'' siècle, le décor des vases, des miroirs, (\e^ coffrets cistes trouvées à Préneste. Musée i\u Louvre i ;

mais ])eu à peu la foule du ])ronze s'adaptait aux formes

souples de la statuaire i Uranis égyptien. Bibliothèque nationale . Ce goût de la polychromie, très développé chez les (jrecs.

leur avait suggéré l'idée d'associer le bronze au mar])ie j)our le

décor des bas-reliefs el des statues. Sur la frise du trésor des

Viy;. 0 — Apollon Uéplique do l'Apollon Didymc'en trouvé à Pinmbino Miisi'-e du I.ouvfc .

LEUH KMPLOI DANS L ANTIQUITK

Cnitliens. décoiiverL à Delplies, une lance de bronze, incrustée dans le marbre, esl maniée par l'un des comballants de la (iigantomachie.

Sur les frontons dOlympie. sur la grande frise des Panathénées, sur les architraves mêmes (hi Parlhénon apparaissent de

Fig. 10. — Tète d'Ephèbc en bronze doré Musée d'AUiènes)

petits trous cylindriques, indiquant remplacement des attaches d'ornements de bronze en applique.

Ce bronze était-il doré? Cela esl probable : Tor apparaît sur la plaquette votive d'Athèna trouvée dans les fouilles de l'Acropole. Des mêmes fouilles provient une des })lus belles pièces du Musée d'Athènes, une tête d'éphèbe, qui marque en quelque sorte la fin de la période des conventions décoratives dans la statuaire grecque et la transition (hi vi*" au v'^ siècle. Or. cette tête doit son admirable patine à l'or partiellement conservé (fig. 10).

i.K crivHK i:t m: mhon/.k

Oii peul (lii'e qu'à celle époque l";ir( du loïKleiU' ;illeiL;ii;iiL presque à la perfeelioii : il s'appliquait à des types caracléiisliques de heauLé. virils ou fëmiuius. parmi lesquels on peu! ciler la lèle de Zeus trouvée à ()lyiuj)ie. aussi remarquable par ses ligues (pie par les siuq)lilicatious (jui révèlent le L;énie de

FiK. 11. — Tète de Zeus trouvée à Olvinnie Musée d'Atliènes .

larliste et son sentiment très vif de la décoration lii;. Il .

Ce sentiment est très apparent sur toutes les lii^uiines de bronze contemporaines, par exemple sur la statuette trouvée à Corfou (Musée d'Athènes) dont la coitl'ure éta^jée retombe en boucles régulières sur le dos 'lîg. l'ii. dont la luni(pie a les longs plis droits qu'ont encore, un siècle plus larti, les tuniques des femmes qui portent le plafond de la tribune à 1 lùechtlieion.

Ces artistes grecs, même lorscpi'ils réalisaient dans la décoration monumentale des simplifications nécessaires, compre-

m:(1{ kmploi dans l antiqi ni:

uaicnl l)ieii rijbli^alioii (rime iiiLerprélation sincère de la iialure, et c'esL autant par la justesse de Fexpression que par Tobservation des rapports de grandeur et par la silhouette qu'ils cherchaient le caractère de la ligure humaine.

Presque tous les musées d'Europe conserveni des lémoins précieux de celte période de Tart grec (]ui correspond à l'apogée de la fonte i\n bronze.

Depuis la lèle de bronze trouvée à C.yliière et conservée au Musée de Berlin, jusqu'à la Lête d'homme aux traits simplifiés du Musée d'Athènes, jusqu'à la staUielle dhoiilile trouvée dans les fouilles de Dodone, (oui indique qu'au v'' siècle le fondeur el le ciseleni- connaissaienl à fontl les ressources du mélier.

L'aurige découvert dans les fouilles de Delphes et donl le moulage esl au Louvre , paraît être de date plus récente, mais de même caractère.

Va\ Grèce, la plus importante des

d'uvres de bronze esl la grande statue

Fig. 12. — Kimiic \ femme troiixt'c .1 Détail de la cuilTui d'Athènes).

trouvée dans la mer, sur les côtes de

Cythère, et qu'on croit provenir du convoi de statues grecques que le consul Muminius destinait à Home. Un naufrage l'aurait jetée à la mer el en partie enfouie dans le sable qui l'aurait conservée (Musée d'Athènes).

Les bronzes trouvés en Etrurie sont à rapprocher des bronzes d'époque grecque archaïque et confirment une opinion, bien souvent émise, qui tend à considérer l'art étrusque comme une ramification de l'art grec ancien.

Cependant les Etrusques semblent avoir pratiipié plutôt le Ira-

LK cuivHF, i:t li; i?H()N/i;

vail (lu martelage du cuivre que celui de la foule du bronze. Après le v'' siècle, les sculpteurs grecs se divisaient, les uns continuant la tradition de l'école de Phidias, les antres cherciiaul la vérité de l'expression, poussée jusqu'au réalisme.

A la j)iemière tradition appartient la grande tigure de hron/c recueillie au Musée d'Athènes : la nouvelle orientation est nettement accusée par une tête hirsute et boufïie d'athlète trouvée dans les fouilles d'Olympie : il semble que celte orientation, très caractérisée à la tin tlu IV*' siècle, soit due à l'inlluence de Lysippe et de l'école qui tendait à suivre de très près la nature. Lathlète d'Olympie lig. 13, d'un type bestial, au front bas et bombé, aux yeux enfoncés, presque tuméfiés, contraste singulièrement avec l'athlète du Louvre, trouvé à Bénevent, dont les traits sont idéalisés et (jui se recommande certainement de la grande école florissant, au v^ siècle, dans le Péloponèse et rAtticjue lig. 14i.

Dès le m'' siècle, ce n'est plus en (jrèce, mais en Asie et en Egypte, dans les royaumes issus du démembrement de l'empire d'Alexandre, que l'art grec poursuit son évolution. Nous en avons pour témoins la belle tête d'Aphrodite, en bronze, trouvée en Arménie i British Muséum) et la tête d'homme trouvée dans la Cyrénaïque.

Lorscjue la Grèce fut conquise par les Romains, la sculplure était en décadence, les sujets de genre avaient remplacé les sujets héroïques, et l'art, en se vulgarisant, tendait à un naturalisme, brutal mais expressif, dont (juehjues bustes, celui de Sénèque ifig. 15), celui de l'enq^ereur \'ilt'lliiis. s(»iit des types remarijuables.

Fig-. 13. — Tc-le dAlhléte à expression naturaliste, trouvée à Olympie ^Musée d'Athènes .

LEUR EMPLOI DANS L ANTIQUITÉ

ix. 1 i. — Tète id.-alisle tl Alhlctclroiivéeà l'.énc- \ent Musée du Louvre .

Sous les Antonins, el surtout au temps <le lempereur Hadrien, on revint pour un temps aux formes de lart grec ancien, dont la tradition s'était d'ailleurs maintenue dans l'Italie méridionale.

Les danseuses provenant des fouilles <le Pompéi et qui sont conservées au Musée de Naples, ont, malgré la liberté de la pose, le geste ample et les draperies simples qui, du vi*' au v^ siècle, accusaient un sentiment très juste des simplifications nécessaires à l'effet dune ligure décorative (fîg. l(i).

Ces simplifications s'accordent d'ailleurs avec l'observation de la nature, el l'attitude des danseuses du Musée de Naples est l'expression juste des mouvements rvthmés d'une danse lente et solennelle.

Ces formes décoratives de l'art grec renouvelé s'appliquaient à des objets usuels, à des vases (vase à tête de jeune homme provenant de Gabies.

Louvre), à des casques ornés.

C'est par le portrait que lart romain, issu de l'art grécomacédonien, s'impose à notre attention. M. Collignon a pu.

avec raison, rapprocher de l'athlète d'Olvmpie le pugiliste de bronze, aux yeux évidés, „. , „ , , o. . qui fut trouvé à Rome en 188 i

bi^'. 1j. — Buslc en brunze de Seneque, '■

trouvé à Herculanum (Musée de Naples). et qui CSt actuellement aU

LWrt appliqué aux Métiers. — V. 2

LK crivni. i:t m: MiioN/F

Musée (les Thermes. On pciil eilei' encore le hcaii husle de Marciana. s<eiu' de Trajau. conserve' au Musée du Louvre.

Les Romains. (|ui confondaicnl 1 "aii avec le luxe. oui. les premiers, surchargé de ligures el dOniemeuls les ohjels usuels de bronze, au lieu de chercher, couime les (irecs. 1 e\|)ression

Fit;. 11). — Comédiennes et danseuses eu l)i-()ii/e ti-i . Musée de Naples .

arlisLique dans une l'orme simple, s accordanl avec la deslinahon de l'objet.

Ces objets usuels ont donné lieu à des applications variées du travail du cuivre et du bronze. KUes sont intéressantes à un double point de vue : elles nous initient à la vie des anciens et elles nous font connaître en même temps der^ mélhodes de travail dont nous pouvons tirer prolit.

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