LE CUIVRE ET LE BRONZE DANS LANTIQUITÉ
Objets usuels.
Au moment où nous commençons l'étude des applications de l'art aux objets usuels de cuivre ou de bronze, il importe de bien comprendre lintUience décisive que Tart peut et doit exercer sur les sociétés humaines, en général, et. en particulier, sur la nôtre.
L'art est applicable à tout et son action sur le développement de rinlelligence et du goût est d'autant plus grande qu'il est vulgarisé par les objets les plus simples.
Aux époques anciennes, soit dans l'antiquité, soit au moyen âge, l'art s'appliquait aussi bien à un vase qu'à une statue.
On jugeait digne de perfection artistique l'objet le plus humble, le manche dune cuiller, le su])porl d'une lampe, et cela n'était pas inditTérent.
Le citoyen dWthènes. capable d'apprécier les beautés d'un ouvrage d'Eschyle ou de Sophocle, était celui dont le goût s'était développé à la vue des beaux bronzes, des belles poteries, et cette unité artistique qui caractérise les grandes époques d'art était la conséquence de la ditîusion du goût dans tous les milieux.
Trop longtemps, on a découragé les initiatives en prétendant élever l'art si haut qu'il n'était plus accessible aux foules. On l'a
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isolé fin peuple pour lequel il est l'ail, au milieu duquel il ddil naîlre el ou a créé une déplorable coulusiou eu assiuiilaul les objets dai'l aux objets de luxe.
Toutaulre doit être notre objeclif. ^'ulgariser l'art, le niellre à la portée de tous est le but principal dun cours comme le nôtre. C'est la (( culture » suivant la tradition française.
11 faut que. dans toutes les conditions, on s'habilue à aimer Fart et à en jouir; il faut que tous soient cboqués par les laideurs physiques, qui confinent aux laideurs morales ; que tous soient convaincus qn'en s'acherninant vers la perfection des œuvres ils s'orientent aussi vers le perfectionnement des idées et des mœurs.
L'art élève sûrement le peuple au-dessus des mesquines compétitions d'appétits matériels qui risquent de l'avilir : el quand un pays a, comme le nôtre, les plus glorieuses Iradilions. quand, à toutes les époques, nous voyons nos ancêtres épris de beauté, de générosité et d'honneur, nous devons comprendre que nous sommes tenus de respecter leur héritage, de l'augmenter, si faire se peut, en tout cas de le transmettre tel que nous l'avons reçu à nos enfants, sans en négliger aucune parcelle.
Lorsque les Grecs ont réalisé leurs types humains divinisés, nOut-ils pas appliqué à toutes leurs œuvres, même aux (cuvres usuelles, celte idée de la perfection artistique qui est le signe des races vraiment supérieures?
L'ai't ainsi compris est la source de jouissances infinies, accessibles à tous, aux riches comme aux pauvres, et (|ui ne laissent après elles ni amertume ni regret.
Ce ne sont pas les rhéteurs, les abstracleurs de quiutescence, comme on les appelait au temps de Rabelais, qui peuvent donnera l'homme le bouheui' qu'ils lui promettent, et la prospérité d'un |)ays ne se mesure pas aux discours qu'on y prononce : elle est la conséquence directe du travail fait avec entrain et avec succès ; c'est en aimant et en pratiquant le travail qu'un
LE CriVHK KT LE BRONZE DANS L ANTIQUITE
peuple slioiiore eL s'enrichit : ce n'est pas en discourant sur des droits qu'on exagère et sur des devoirs qu'on ne remplit pas.
Les antipathies et les haines, savamment entretenues entre les enfants d'un même pays, peuvent servir les dessins de quelques ambitieux : elles ne peuvent rien pour le bonheur des hommes, tandis que la ditFusion de Tart, par une éducation meilleure, otl're comme com|)ensation à des devoirs, souvent austères et pénibles, la joie d'un travail bien l'ait, qu'on a eu plaisir à bien faire.
A l'abaissement de l'art a toujours correspondu l'abaissement des caractères. Lorsque la satisfaction des appétits grossiers a le pas sur l'idéal , le peuple . perdant l'usage de sa volonté et de son initiative et, pour tout dire en un mot, de sa liberté, est mûr pour la servitude. C'est à cela que tend la (( culture germanique ».
Aux époques anciennes, le travail était honoré et respecté, et si l'on tient compte de la valeur relative de l'argent, les prix étaient assez rémunérateurs pour que l'exécution du travail n'eût jamais à soulTrir d'une rétribution insuffisante.
Ces idées générales trouvent leur confirmation dans l'application que les Grecs ont faite de l'art à tous les objets usuels, et particulièrement aux objets de cuivre et de bronze.
On confond trop aisément, sous la dénomination de bronze, le cuivre et ses alliages lorsqu'il s'agit d'ouvrages anciens. Le
Vi^. 1". — ^'ase fiinéi-aire égyptien en bronze ciselé eL g:ra\ é (Musée de Turin .
2'2 II". crivHi: i:t lk huonzk
cuivre csl. comme le Ter. susceplible dcHre forgé, soucié, marlelé, embouti el travaillé au repoussé. Ces qualités subsistent, mais à un (le<>ré moindre, dans l'alliage moderne de cuivre et de zinc, le laiton ou cuivre jaune, moins malléable mais pres- (juaussi tenace que le cuivre pur ou cuivre rouge.
Quant au bronze, alliage (jui, dans lanliquité, ne comportait
Fij;. Is. — \'ases égyptiens, iia ( les autres en bi-onzo fundu,
■uivre rejious ;lé ou ui-avé.
généralement avec le cuivre d autres métaux que Tétain et le plomb, ses qualités, résultant de sa contexture etde sa fusibilité, le rendaient surtout propre à la fonle dans un moule, à la cise- 'ure el à la gravure.
Il esl peu probable (ju'on ail su. dans Tanli^juité, souder le cui\re an cuivre.
Cette opération qu'on l'ail, de nos jours, au chalumeau, pour donner aux parties à souder lélévalion de lemj)érature nécessaire. ii"('lait guère praticable dans un foyer.