‹ Décor du métalChapitre 34 sur 61 · LE CUIVRE ET LE HRONZE EN FRANCE · texte numérisé non relu

LE CUIVRE ET LE HRONZE EN FRANCE

appartienne? L'interprëlalion de l'œillel par le sculpteur Ducuing, pour la serrure comme pour la clef (fig. 72 1, montre sulïisamment Torientation à donnera ces objets d'usage courant qui, lorsqu'ils ne sont pas des pastiches, sont généralement laids, faute d'une main d'artiste.

Zépliire. Fipiu-e <lc bi'onze Ht-corant une clicmiiu-i au cluUeau de Vei'sailles.

Les travaux du château de A'ersailles y avaient fait atlhier des artistes et des artisans de tous pays. On cite parmi eux les frères Keller, fondeurs, originaires de Zurich, auxtpiels on attribue la fonte en une seule pièce de la statue de Louis XH' érigée sur la place des Mctoires et détruite à la Révolution.

De nombreux groupes, merveilleusement patines, el (jui

LE ClIVHi: ET LE BHONZE

ornent les bassins de la terrasse dn château de ^'e^sailles, portent la signature des Keller. Sur l'un d'eux, où sont des animaux, la date de l()8l accompagne la signature (fig. 73).

Larl délicat du wiii'' siècle a poussé plus loin encore que lart du xvii'^ siècle linterprétalion de la figure en métal. 11

Fijr. Tô. — EspcifiTiolctlc en bronze ciselé dans le cabinet du Ri au château de Versailles.

sendde (jue dans la réaction contre Tari pompeux du règne précédent, il y ail plus (ju'un caprice de la mode. C'est un retour vers l'art spirituel et lin de la cour des ^'alois, mais aux formes décoratives assouplies, appropriées à la vie élégante et tant soit peu licencieuse qui succédait à lapjjarente austérité des mo'urs de la cour à la fin du règne de Louis \1\'.

C'est encore Versailles qui nous ofTrira l'une des o-uvres les

LE CUIVRE ET LE BRONZE EN FliANCE

plus parfaites de cette époque, une cheminée dont la tablette est soutenue aux angles par deux gracieuses ligures de bronze. Flore et Zéphire ifig. 74 1. sortant de deux consoles en forme de gaines, dont lornemen talion délicate révèle le goûl le plus lin tout en accusant les qualités du métal.

Fig-. 76. — Cheminée en marbre ronj^'e aiitit|iie. a\ic ^ariiidne de bronze, dans le cabinet attenant à la chambre tlu Hoi (Château île \'er>ailles .

Flore relevant ses voiles d'un geste élégant forme le plus charmant contraste avec Zéphire. Le sculpteur a fait de cette cheminée une décoration vivante en quelque sorte et tout à fait originale.

Dans la cheminée du salon voisin sont des chenets à peu près contemporains, portant lun un cerf, l'autre un sanglier, sur un sol jonché de branches de chêne et de laurier. Ln salon de l'hôtel de Castries. à Paris, a conservé intacte sa cheminée à décor de bronze encadrée dans ses lambris.

Li: CnVRE ET LE BRONZE

Au temps de Louis XVI s'accuse un retour du goùl vers l'autiquilé classique, (|u*on imite dans ce qu'elle a généralement d'un peu raide et de conventionnel. Les chenets conservés au palais de F'onlainebleau et dont les motifs de décoration sont des vases, aux anses formées par des serpents, n'échappent pas

à cette critique.

A cette époque, la perfection de l'exécution n'est pas toujours exempte de sécheresse et de mièvrerie. C'est le cas de la décoration du cabinet royal, achevée en 1789.

La pièce est complète avec ses himhris empruntant leur décor aux inventions de la fin (hi siècle, avec ses serrures, son espagnolette ifig. Toi et surtout sa cheminée de marbre rouge antique ifig. Ttn.

(pi'enrichissent des appliques de bronze ciselé dues à (iouthière. Il semble, à examiner cette cheminée, qu'on revint alors aux délicats rinceaux, aux chutes de feuilles ou de fruits (pii furent en grand honneur au temps de François P'" et dont la délicatesse donnait tant de prix au métal ciselé des frises, des pilastres et des consoles. Ce qui est vraiment admirable, c est la perfection de la ciselure : elle ajoute un caractère de préciosité au mascjue. entouré de rinceaux, (pii occupe le nnlieu du linteau» aux guirlandes de Heurs et aux rubans enlacés d'un serpent (pii supportent les pièces accessoires de la garniture de la cheminée

Kijr. 77. — Détail des oiiicnieiits en bronze tle clu-minco du CahiiuH du Uoi. à Versailles.

LE CUIVRE ET LE lîRONZE EN FRANCE -109

L'arl, à celle époque, otlVe un singulier mélange de naturalisme et de convention, associant à un décor floral bien observé sur la nature des ornements traditionnels, inspirés de l'art antique. A cet égard, le Petit Trianon fournit de bien précieux documents, et sans entrer dans les détails du mobilier, il suffira de citer les appliques de bronze bien connues, formées de cors de cbasse, attaclié^ par des rubans à des brancbes de chêne.

C'est à l'école des ciseleurs du xviii*^ siècle que revient le principal mérite des œuvres exécutées sous le premier Empire, <jL*uvres d'un goût moins sûr, où prévaut l'imitation de formes égyptiennes, grecques ou romaines, mais qui s'appuient encore sur les connaissances techniques de l'enseignement corporatif.

Page 1