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APPLICATIONS DU CUIVRE MARTELE A LA STATUAIRE EN FRANCE

Moyen Age et temps modernes.

La l'onle du bronze pour la staluaire a donné (ra(lniii'al)lcs (cuvres dans la (irèce antique et dans Tllalie au lenips de la Renaissance. (]ela lient à ce que les artistes avaient une connaissance approfondie de la technique jointe à une entente parfaite de la décoration et que leurs modèles étaient composés en vue de Texécution.

De nos jours il n'en est pas toujours ainsi ; les sculpteurs parlent constamment de la covdeur et cependant ils ont une tendance à vêtir leurs statues de sacs mal drapés où Ton chercherait vainement les oppositions de noirs profonds et de grands plans de lumière qui font le charme des statues anciennes et leur donnent vraiment cette couleur dont on parle trop mais qu'on n'obtient pas. Aussi est-il réconfortant de constater la faveur dont jouit depuis quelques années le procédé de martelage du cuivre appliqué à la statuaire. Quand l'artiste travaille lui-même la matière, marbre, bois ou métal, il est sur le chemin de la vérité. Lorstpie sa main intervient pour traduire sa pensée, il tend à la perfection artistique. L'œuvre est moins bien tenue lorscpie du modèle en terre on passe à une épreuve en plâtre, puis à un moule, puis à une fonte : ces opérations successives

APPLICATIONS DU CUIVRE MARTELK A LA STATUAIHE

alténuent singulièremenl la personnalité si l'arLisie n'a pas la volonté tenace de composer son modèle de terre en vue de la matière définitive dans laquelle il prendra corps. Avec le inarlelao-e la main de l'artisan conduit l'œuvre jusqu'au bout.

C'est un procédé (pii, appliqué d'abord en Orient, eut eu France de très nombreuses applications j)endant le Moyen

Fig. 78. — Châsse en cuivre repousse à Moissal-Bas ' Puy-de-Dùme

Age. Dès le xii- siècle, ainsi qu'on peut le constater sur une châsse de Moissat-Bas (Puy-de-Dôme), on exécutait en cuivre martelé des figures d'un grand caractère décoratif (fig. 78 . Ce n'étaient encore que des bas-reliefs dont l'exécution n'était pas plus difficile que celle des ornements. Un traçoir, sorte de poinçon, dessinait les contours enveloppant le métal qu'on repoussait à l'envers : la ciselure sur la face était faite avec des outils plus fins. L'outillage actuel ne ditfère pas de l'outillage ancien : on emploie pour les fonds l'outil à mater dit « mate »; la recingle, outil coudé, serré dans un étau, repousse

LE ciiviu: i:t li: hhonze

par eonli'e-cou|) le métal des pièces emboiilies qu'on ne peut al teindre directement.

Dès le xiii*" siècle on exécutait pour des plaques tombales des fleures en ronde bosse de grandeur naturelle. Pour en éviter la délormation on appliquait le métal sur un noyau de bois (tombe de cuivre martelé au Louvre). On peut citer aussi de belles tombes de bronze, celles des évêques fondateurs de la cathédrale dWmiens. Evrard de Fouilloy 1 1 223) et Geoll'rov d"Ku

luiul)..- en cuiMc .iiiciillcile .lcau.lil> ik- >aiiiL J.oui^, provi-uaul de abbaye de R(jyaunnonl ^Ej^lise abbatiale de Saiat-Denis .

(123()). Six lions supportent la plaque tombale sur laquelle est étendu le prélat revêtu de ses vêtements pontificaux, les pieds appuyés sur un dragon.

Le ch(eur de l'église abbatiale de Saint-Denis conserve la tombe en cuivre émaillé du prince Jean, fils de saint Louis. VA\l' provient de Tabbaye de Royaumont (fig. 79). La plaque funéraire sur laquelle repose la statue en cuivre martelé est enrichie d'émaux champlevés : la décoration du soubassement, dans lacjuelle alternent les ileurs de lys et les tours de Castille, est seulement gravée.

{.ne statue tombale de même époque en cuivre repoussé est conservée dans le cho'ur de la cathédrale de Hurgos : elle représente un évêque dont la mitre et les vêlements sont enrichis de pierreries (fig. 80 j.

Ce qui est vraiment admiiable dans le travail du cuivre

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