APPLICATIONS DL METAL AT MOHILIER
des appliques de mêlai. Ces appliques sont d'ailleurs de plus en plus libres, et cela est fort explicable à une époque où la construction du meuble cesse de compter dans la décoration i Commode Louis W à revélemenl de laque, au palais de Fonlainebleau .
Les formes de eonslruction réapparaissent au temps de
Fi^^ 90. — Meuble laqué avec ornements de bronze, provenant du cliàteau de Bellevue. (Euvre de Martin Carlin Musée du Louvre .
Louis X^^I avec les composi lions un peu raides qu'inspire l'arl antique vu au travers des décorations un peu mièvres des villas d'Herculanum ou de Pompéi ; mais le goût pour les revêtements de laque subsiste. Le Louvre en possède un spécimen: c'est un meuble en laque de Cbine ! tig. 90 . monté sous Louis XA L et dont les appliques de bronze sont ciselées avec une perfection absolue Meuble par Martin Carlin, provenant du château de Bellevue I.
Le bronze jouissait alors d'une telle faveur que. sur certains
128 LK CLIVUK l'T I.K 15RONZE
meubles en forme de commodes, des Iropliées ou des rinceaux de mêlai garnissent presque complèlemeni les panneaux qu'encadrenl des lignes archileclurales sadaplanl médiocremeuL au mobilier (Commodes de Benneman avec garniture de bronze el camées en porcelaine ou faïence fine de ^^ edgewood).
Fi^. '.M. — Taljle à ouxrage de Mario-AnlôincI te. ()l",u\re de Hiesener et Goiithière (Musée du I.oiure .
Ces défauts sont d'ailleurs assez rares dans le mobilier du XVIII- siècle. Les meubles les plus délicats s'accordent en généiaU par la simplicité des formes, avec leur destination Table à ouvrage de Marie-Anloinetle ifig. 91 i. par Hiesener et Coulhière. el table-bureau de dame en marqueterie, à garnitures de biouze. par Riesener, au Louvre).
Si nous n'apprécions pas toujours très justement les meubles
APPLICATIONS DU MKTAL AU MOHILIKH
anciens, c'est que les collections publiques ont conservé, de préférence aux meubles bien conçus mais simples, des meubles de luxe, d'une richesse exceptionnelle, mais d'un goût coulestable.
Tel est le médaillier de Louis X^^ attribué aux frères Slodtz, ou le bureau à cylindre exécuté pour Louis XY par Oeben, Riesener. Duplessis et llervieux, intéressant sans doute pour la déco-
dcpuque Louis XN'.
Musi-e du Louvre .
ration du bronze et pour le développement donné à la galerie surmontant le cylindre qui servait à fermer le bureau, mais dont le décor exubérant contraste avec la simplicité des meubles similaires exécutés sous Louis X\T (Bureau à cylindre Louis XVL à lames d'acajou plaqué et appliques de bronze ; bureau de dame à cylindre Louis X^ I. marqueterie et garniture de bronze, Louvre i.
Même au temps de Louis X\\ les élégants bureaux plats (fig. 92), laissant libre la table pour l'approche du siège et ne comportant que des tiroirs et des tablettes, avaient des garnitures simples de bronze dont l'elfet était charmant. Le décor était
LWrl appliqué aii.r Métiers. — \ . 9
LE CUIVHK ET LE lUiO.NZE
localisé dans les pieds à gaine qnenihellissaienl de gracieuses le les de femme.
Les bnreaux plats d'époque Louis XM sont composés des mêmes éléments. Les tiroirs sont sur les côtés, se raccordant j)ar les amortissements de cadres fixes avec la traverse qui sou lient la table. Les pieds, de forme pyramidale, sont garnis an som-
Eit;'. 9'î. — Hureau à cylindre, de la lin du .\i
met de guirlandes de tleurs en bronze ciselé ; mais les lignes n ont pas la souplesse qui donne leur cbai'me aux cruvres exécutées sous la Régence et sous Louis X\'.
Ce sont les meubles d'usage journalier, de forme simple, mais d exécution parfaite, (pu ont fail la repu (al ion (\u mobilier français au temps de Louis X\'I (lig. 9.3). Une table, telle que la lable à ouvrage de Marie-Anloinelte (Louvre . caractérise bien ce goni pour des meubles bien éludiés en vue de Tusage : on enlonrait la tablette liante sur trois côtés d'une fine galerie de mêlai qui se répétait autour de la tablette basse pour éviter la
APPLICATIONS 1)1 METAL AU MOIilLIKU
cliule des objets qu'on y posait. Des roulettes facililaieul le déplacement de la table. Le bronze ciselé, discrètement employé, encadrait le tiroir, la serrure, les angles des supports, dans la hauteur des traverses. Des bagues de métal ornaient les pieds tournés.
La perfection de la ciselure caractérise tous les beaux meubles
Fig. 91. — Meuble bas, orné de bronze ciselé. I)^(l^enalll du château de Saint-Cloud Musée du Lou\rc .
contemporains lig. 94 i. P^n général, les applications de bronze, saccordant avec la structure, ne masquent jamais le bois. Sur le panneau du centre l'artiste place son motif principal de décor figures en bas-relief, rondes d'enfants, couronnes de fleurs ou attributs, dont se détachent des guirlandes, ou qui se lient à des branches de feuillages). Des rangées de perles de bronze ou des moulures de même métal dessinent les cadres, dans lesquels trouvent place les ornements d'applique. Presque toujours les
LE CUIVRE ET LE BRONZE
labletles soiil l)ordées duiu' petite galerie deslinée à relenii' les objets qui y étaient placés.
Quelques meubles très précieux associent au bronze la nacre.
FiK- 'Jâ. — Détail du meuble à bijoux de Mt Partie haute Petit Trianon
les camées, la peinture. Ainsi est décoré le meuble à bijoux de Marie-Antoinette (fîg. 9.5), conservé au petit Trianon.
Des cariatides de bronze accusent les divisions de la j)artie liante, et leur saillie détermine des i-essauts dans la corniche (pii couronne ce meuble d'ordonnance architecturale.
La partie basse est à jour, comme dans les « crédences » et