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APPLICATIONS DU MÉTAL AU MOBILIER

répandus, c'est le bois apparent qui, par des combinaisons nouvelles de bâtis et de panneaux, fournit tous les éléments de la décoration des meubles, réservant toutefois au métal les emplacements indispensables des pentures servant à soutenir les vantaux mobiles, ou des serrures servant à les condamner.

C'est seulement à la fin du xv^ siècle qu'on fît, en France comme en Italie, l'essai, pour les meubles, de bois exotiques, dont les colorations variées permettaient d'obtenir par placage un décor de surface remplaçant leffet des reliefs par celui des couleurs. Ainsi naissait la « marqueterie », mosaïque de bois colorés dont les stalles du château de Gaillon, aujourd'hui conservées dans l'église de Saint-Denis, ou les lambris de la chapelle d'Kcouen. transportés dans la chapelle du château de Chantilly, sont de précieux spécimens.

L'incrustation dans le bois de matières précieuses, ivoire, marbre, pierres fines, nacre, écaille, se développa rapidement au xvi*" siècle et se généralisa en France au temps de Louis XIII, à l'époque où sexerça le plus linfluence de lart italien.

En France. Técaille appliquée sur fond de bois peint en bleu ou en rouge, et employée en placage avec des lamelles de cuivre étamé, argenté ou doré, qu'on découpait suivant des contours s'adaptant à ceux de l'écaillé, a donné lieu à des applications multiples qui, sous Louis XH^ et sous Louis XV. caractérisèrent le mobilier français.

Dès le commencement du xvii' siècle, on employait le bronze pour le décor des meubles, et cet emploi coïncidait avec celui des bois plaqués.

Jusqu'alors, dans nos meubles de France, les formes s accordaient avec la constitution fibreuse du bois. Les assemblages rigides des bâtis et traverses formaient un cadre résistant à des panneaux suffisamment étroits pour qu'ils pussent être d'une seule pièce. Chaque panneau décoré par la sculpture jouait libre-

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ment dans les rainures du bâti, et les bois indigènes, tels que le cbène ou le noyer, demeuraient apparents.

Le !4()ùl italien, tenant peu de compte de la structure, la sul)ordonnait au décor polychrome des surfaces : le bois n'était plus qu'un support, qu'une membrure de pièces, assemblées sans doute, mais dissimulées sous un revêtement. On pouvait ainsi employer, avec des effets particuliers tirés de leur débit, des bois qui, vu leur rareté et leur prix, eussent difficilement été employés massifs (acajou, palissandre, bois de rose, etc.). Le placage nécessitait une emboîture solide en bois résistant, ou, à son défaut, un encadrement de métal suppléant à lemboiture.

Les premiers meubles garnis (fc bronze montrent bien cet empU)i (tu métal redessinant les formes du meuble, consolidant les pieds, encadrant les tabfettes ou les tiroirs, accusant les emplacements des poignées, des serinres. (] était un parti très logi<|ue pt)ur des meubles dans lesquels les combinaisons de menuiserie, quoique essentielles, ne jouaient plus dans le décor le rôle principal et pour lesquels il fallait éviter les dégradations résu liant des chocs.

Au début du règne de Louis Xl\', bien que les formes courbes des panneaux soient compliquées et nécessitent l'emploi du ])lacage, les formes sont simples et le bronze qui sert à consolider les pieds, a encadrer les tablettes, à décorer des panneaux ou des frises, a généralement sa place bien marquée dans le décor.

L'idée d'employer le enivre en feuilles découpées et de lassocier à lécaille pour former une marqueterie appliquée sur un fond coloré semble avoir pris naissance au temps de Louis XIII. à l'époque où les tonalités grises et bleues étaient employées de préférence j)our les étoffes.

Un tel décor donnait libre carrière à rimagiiuilion de l'artiste, lui laissant la faculté de traiter en décoration plane les surfaces principales du meuble et de mettre en valeur par des saillies (piel(|ues éléments du décor correspondant à la construction.

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Une armoire de BouUe conservée au Louvre est un type parlait de ce genre de décoration. Elle est divisée en deux parties par un montant cpie surmonte une console ajustée sur un motif circulaire. Les vantaux ferrés sur l'angle au moyen de pivots à grandes équerres se développent complètement sur les jouées latérales fpii font office de bâtis. Des entrées ornées de

Fig:. 8,s.

Bibliothèque en marqueterie de Buuile, dans la Galerie d'Apollon, au Louvre.

coquilles marquent remplacement des serrures déterminant l'infléchissement de larges rinceaux, qui s'ajustent avec des ornements d'applique en bronze traités en léger relief, tandis que les incrustations d'écaillé et de cuivre forment un jeu de fond dans la limite des contours des ornements d'applique. Le meuble est couronné par une sorte de socle servant sans doute à porter un vase. La galerie d'Apollon conserve un meuble de même style, dont le panneau central, enrichi de marqueterie, est compris entre deux portes vitrées, ferrées de même ifig. 88 .

C'est là une application très originale et très française d'un

LE CUIVRK ET LE HHONZE

décor de revêlement dont le goût nous était venu d'Italie, mais que notre art s'appropriait. L'artiste tirait les etTets les plus variés des incrustations de cuivre et d'écaillé, employant alternativement chaque matière pour les ornements ou pour les fonds i Cabinet de Boulle fi<.>". 89 au Louvrci .

Lampleur des formes et la fermeté des contours caractérisent l'application du bronze au mobilier pendant le x\if siècle. Une table conservée dans la salle du Conseil, à ^ersailles, est un de ces meubles somptueux dont les supports, revêtus d'ornements de bronze, formaient des gaines enrichies de trophées ou de têtes d'animaux. Le métal borde la table, contournant les tiroirs, marquant l'entrée de> serrures ou les poignées.

Ces dispositions décoratives se maintenaient encore sous la Régence (Table-console en marqueterie décaille et de cuivre, au Grand Trianon).

A la suite des relations qui s'établirent entre notre pays et les pays d'Extrême-Orient, la mode fui aux décorations en laque, sous lesquelles le bois disparut de plus en plus, mais qui rendirent plus utile encore la protection des angles et des arêtes par

Fifi. S!t. Cabinet en mar((uelerie de

Boulle, orné d'une statuette de

Louis XIV Musée du Louvre .

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