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APPLICATIONS DU CUIVRE ET DU BRONZE AUX APPAREILS D'ÉCLAIRAGE

Adaptation aux différentes sources de lumière : huile, cire ou résine, pétrole, gaz, électricité.

Les applications du cuivre cl du bronze aux appareils d'éclairage sont parmi les plus anciennes. La composition d'un appareil ne dépend pas seulement de sa destination : elle dépend surtout de la source de lumière.

Depuis Tantiquité jusqu'à la fin du wiif siècle on ne connaissait guère d'autre source de lumière que l'huile, la cire, le suif ou la résine. L'huile brùlail dans des lampes de terre ou de métal ; la cire, le suif ou la résine étaient employées sous forme de cylindres ou de troncs de cône traversés par une mèche et généralement fixés à un support métallique.

Les lampes primitives étaient en terre ; les lampes de bronze ne semblent pas antérieures à la civilisation grecque; elles ont eu dès l'origine la forme de godets à bec allongé recevant la mèche. Lu couvercle qu'on levait pour verser Ihuile dans la lampe occupait le centre du récipient.

De bonne heure on eut l'idée de grouper ces lampes autour dun réservoir circulaire pour en constituer des couronnes de lumière. Celles qui ont été trouvées dans les fouilles autour du Parlhénon et qui sont conservées au Musée de l'Acropole sont

Li: CnVHK ET L\: ijhonzk

en leiTC. Il en existe nne en hron/.e, (léeoiiverle à Corlone, (jui se rallaclic par le style anx ouvrages étrusques. Les fouilles de Pompëi ont enrichi le iMusée de Naples d'un grand nombre de lampes de bronze, les unes suspendues à des chaînes, les autres portées sur un pied (Lampes portatives conservées au Musée du Louvre).

Fij:- K'I. — Lampe atiLique de bronze à tieux luiiiirres. Iriiiivoc en Asie Mineure (Musée «lu Louvre .

Quelques-unes de ces lampes reposaient sur un pied 1res bas. mais étaient surmontées d'un motif ornemental. Ainsi une lampe à deux lumières (fig. JOl), d'époque gréco-romaine, trouvée en Syrie, est couronnée par une sorte d'arcade sous laquelle est une figure portant une corne d'abondance (Musée du Louvre). Souvent le suj)port de la lampe est une colonnette, et au-dessus du chapiteau se développent en saillie des attaches de chaînettes servant à la suspendre. Les pieds sont formés par des coi'|)s ou seulement dv<> pattes d'animaux. Les chandeliers ne dilTèrent que par leur couronnement des supporis de lampes. Ce couronne-

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ment est en forme de douille assez évasée pour former bobèche. Souvent plusieurs douilles sont groupées aux extrémités de branches issues d'une seule tige, dont un pied triangulaire assure la stabilité. Les torches de résine étaient portées sur des pieds de grande dimension ou sur des bras fixés à la muraille.

On comprend que les formes des appareils fussent très différentes, suivant qu'ils étaient suspendus aux plafonds ou appliqués aux murs, qu'ils s'appuyaient sur le sol ou reposaient sur une table. De là sont nées des séries de combinaisons qu'on retrouve à toutes les époques parce qu'elles répondent à des nécessités d'usage el qu'elles sont indépendantes des styles.

Par exemple, le pied d'un flambeau portatif doit être assez large pour en assurer la stabilité : le fût ne doit pas comporter d ornements saillants, sinon quelques bagues empêchant le glissement des doigts : sa qualité essentielle, c'est d'être maniable. La chandelle ou bougie de cire peut être fixée sur une pointe ou engagée dans une douille : dans l'un ou l'autre cas, on a protégé la main contre la chute éventuelle de gouttelettes de cire ou de suif au moyen d'un plateau circulaire de métal, remplacé de nos jours par une bobèche mobile de verre.

Aux belles époques d'art, la forme d'un objet usuel répond toujours à sa destination et qu'il s'agisse d'un flambeau portatif ou d'un grand candélabre à plusieurs branches, le principe de la composition est le même. On peut s'en convaincre en étudiant, dans le transept de la cathédrale de Milan tig. 102 1, le grand chandelier à sept branches, issues d'une tige principale, prenant appui sur un pied très ouvragé formé d'animaux symboliques dont les ailes, terminées en forme de crosse, se réunissent pour donner naissance à la tige. Celle-ci est coupée par des bagues à la naissance des tiges secondaires qui portent à leur extrémité un groupe de quatre lumières, sous lesquelles sont des plateaux de métal. La source de lumière est l'huile contenue dans des £fodets de verre.

Li: CUIVHi: KT LK HHON/i:

Le pied d un grand eandélabre. tel que celui de Milan ou celui de Saint-Hemi de Heims, exigeait pour la slabililé même de l'ouvrage une étendue sufïisante qui était d'aillcuis au piolil du décor. Lorsqu on eut Tidée d'enrichir les surfaces de mêlai

Fij;. 102. — (iranil c-liaiulolicr à sept branches, de la cathédraU- de Milan (xir-xiir sic''cle\

|)ar les émaux cliamplevés. on ne mancpia j)as d'opposer aux colorations des émaux les reliefs du bronze qui fournissaienl les soutiens résistants et rendaient sensibles leurs l'onclions. (7élail. comme on le voit sur un pied de candélabre ou de croix conservé au Musée de Sainl-Omer, des ligures en ronde bosse qui

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soiitenaienL la base hémisphérique décorée crémaiix sur laquelle s'appuyaient des anges de bronze amortissant les lignes verticales du fût.

On admettait d'ailleurs, pour des pièces de moindre dimension, les formes les plus variées.

C'est ainsi qu'un cavalier, transformé en porte-lumière fig. 103i, soutient le plateau à pointe centrale sur laquelle était fichée la bougie (Flambeau du xii*' siècle. Musée du Louvre^.

En Perse, on exagérait la stabilité du chandelier en lui donnant une souche tronconique ayant la moitié de la hauteur du support et dont la surface était décorée de médaillons ou d'inscriptions et de tleurs en lamelles d'argent incrustées dans le bronze l fig.

La tradition maintint, pendant une série de siècles, la forme antique de la lampe susj)endue à une chaînette ou accrochée à un support articulé pouvant s'adapter inditTéremment à la position horizontale ou verticale sans modifier l'équilibre. De ce type dérivaient les lampes de fer usitées en Italie au xv'' siècle, et aussi les lampes de bronze qui sont encore en usage en Bretagne. C'est aussi le type de la lampe de mineur.

Au Moyen Age on utilisait, en Orient comme en Occident la lampe à godet de verre suspendue à des chaînettes. C'était la

:. J03. — Chandelier en bronze en forme de cavalier, mi^ siècle (Musée du Louvre.

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LE CUIVRK KT LE BRONZE

lampe de sanctuaire el T usage s'en est conservé. Pour le groupement des lumières, la Grèce chrétienne avait emprunté à la Grèce païenne la répartition sur une couronne des lampes à godets ou des pointes soutenant les bougies de cire : des cliaî-

Fij;-. loi. — Soiiclie de chandelier poisini en bronze fçravé et incrusté d'argrent. Collection V. Garniei-.

nettes suspendaient ces couronnes aux voûtes ou aux charpentes. Elles étaient groupées deux par deux ou trois par trois par des attaches en l'orme de boules reliées à des chaînes plus fortes ou à une tige de suspension. On décorait ces couronnes par des gravures ou des nielles; on les ajourait, on les travaillait au repoussé.

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