LE CUIVRE ET LE BRONZE EN OCCIDENT AU MOYEN AGE
Martelage du cuivre et fonte du bronze.
Le Moyen Age a été l'époque brillante pour les ouvrages tTu cuivre niarlelé el repoussé.
Il semble cjue dans les premières sociétés chréliennes, les méthodes de travail usitées en Orient aient été généralement pratiquées; on martela le cuivre, on lemboutil. on le reperça, on le grava : les Orientaux y inséraient même, par in taille ou damasquinage, l'or et l'argent.
La répétition symétrique d'ornements linéaires qui caractérise à toutes les époques, le décor oriental, ne nécessitait même pas le report dun dessin sur la feuille de cuivre : il suffisait de repères, déterminant les recoupements de lignes droites, ou les centres des courbes, pour faire le tracé directement et. dans les limites des compartiments ainsi obtenus, on pouvait soit repercer à jour les parties comprises entre les lignes de cadres, soit détacher les ornements sur les fonds en les relevant légèrement au marteau, soit garnir les parties gravées d'émail noir, soit défoncer la surface entre les traits pour l'insertion dans le cuivre d'un métal plus précieux.
C'est principalement sur les objets usuels ibassins. coupes, etc.) que se révèle le goût des Asiatiques pour les décorations
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gravées prises dans la i'oniu' : c'est un décor de surface donl léclal est dn à lOpposilioii constante des parties unies et des parties gravées ou enrichies par le damasquinage.
Le martelage, (pie les By/.antins pratiquaient aussi, exige le goùl et riiahilelé professionnelle de l'artisan, (pii devient le créa-
Fij;-. 26. — lioiioles tle ceinture mri-ii\ indiennes, en Iji'onze Fouilles de C;iranti;i).
tenr de la forme, ramassant le métal sur lui-même pour le rétreindre afin de le développer ensuite, si la forme s'ampliiie. tout en conservant à la feuille de cuivre une épaisseui- à peu |)i'ès régulière.
Il était complété, en Occident, par la ciselure dite " au repoussé ».
Après la mise en forme, un report du dessin [)ermet d'obtenir, par le repoussé, les masses nécessaires aux reliefs d'ornement (pii. naissant sur la surface, se prêtent sous le ciseau à un travail de modelé très délicat : ce travail ])eut. s'il est bien mené, donner des saillies de ronde-bosse.
LE ciiVHi-: i:t lk hronze ex occident
C'est la ciselure au repoussé qui caractérise les ouvrages exécutés au Moyen Age, en France.
Lintluence orientale s'exerçait, dans notre pays, dès Tépoque mérovingienne. Ou ne peut eu douter si Ton considère les pla(pies de ceintures el les agrafes de bronze recueillies en grand nombre dans les l(>ml)es fraucpies ( iig. 2tVi :
leur décoration contournant les gros rivets saillants. (|ui allacbaient sans doule la boucle à une ceinture de cuir, est formée de combinaisons de lianes droites ou courbes formant des tresses ou des méandres. ' lîoucles et agrafes de la collection Caranda. i
(]()mme types du travail primitif du cuivre au repoussé, on peut citer deux petites châsses du \f ou du vu' siècle.
conservées dans le trésor de l'église de Saint-Benoît-sur- Loire ifig. 27). Le travail, très rudimeutaire , prestpie caricatural, est très instructif parce qu'il nous initie à un mode de décor par application de panneaux de cuivre repoussé et gravé qui s'est maintenu juscpiau xvi^ siècle : ces appliques de cuivre revêtaient un cotfret de bois, auquel elles étaient fixées par des clous.
Le couvercle de Tune des châsses est décoré par de grossières figures ; l'autre est orné d'une croix où sont enchâssées des pâtes de verre taillées comme des gemmes et montées dans des cloisons de métal.
Cliâss
repousse.
^^ravé et doré. \i*-\ 11° siècles (Eglise de Saint-Beuoit-sui--I,oii-c .