CHAPITRE XV
Ainsi débarrassé de ses ennemis, Kamrasi était comme pétrifié d'étonnement. Il me fit visite sur-le-champ, et en entrant dans la cour, s'arrêta pour contempler, comme si c'eût été un talisman, le drapeau qui flottait au-dessus de sa tête. Il me demanda pourquoi les Turcs étaient efTrayés de ce qui ne semblait qu'une bagatelle. Je lui expliquai que ce drapeau était bien connu, et pouvait se voir dans toutes les parties du monde ; partout où il flottait, il était respecté, ainsi qu'il venait de le remarquer, même aussi loin de son pays et aussi peu fourni de moyens de défense que dans TOunyoro. Saisissant l'occasion, il me le demanda. « Que ferai je, » dit-il, a quand vous aurez quitté moD pays et emporté ce drapeau avec vous? Les Turcs reviendront, à n'en pas douter. Donnez-moi le pavillon, et ils craindront de m'attaquer. » Je fus obligé de lui expliquer que le respect imposé par le drapeau anglais provenait uniquement de ce que ceux qui le portaient ne fuyaient pas à l'approche du danger, comme il s'était proposé de le faire. On ne pouvait pas le confier à un étranger. Persistant dans ses habitudes de mendier, il répondit alors : « Si vous ne pouvez pas me donner le drapeau, donnez-moi au moins cette petite carabine à deux coups dont vous n'avez pas besoin, puisque vous allez retourner chez vous. Alors, si les Turcs m'attaquent, je pourrai me défendre. »
J'étais dégoûté au plus haut point. Il venait d'être sauvé, grâce. à mon intervention, et au lieu de me remercier, il me demandaiU
obstinément ce que je lui avais déjà vingt fois refusé. Je lui dis de ne jamais me reparler de la carabine, car je ne m'en dessaisirais sous aucun prétexte. En ce moment, j'entendis du tapage en dehors de ma cabane, et des cris aigus, accompagnés de coups : un homme, pieds et poings liés, était traîné devant ma porte ; les nègres le tuèrent à coups de bâton. Cette opération dura plusieurs minutes, jusqu'à ce que les os du malheureux fussent entièrement brisés. On traîna ensuite le cadavre dans un bosquet de bananiers, où il fut abandonné aux vautours, qui ne tardèrent pas à s'y rassembler. Il parait que le crime puni d'une façon aussi sommaire consistait en une simple conversation que le coupable avait eue avec des nègres de la troupe des. gens de Mohammed, entre les îles de Fowouka et Kisouna. La conversation avec un ennemi était regardée comme un crime de haute trahison et entraînait sur-le-champ l'application de la peine de mort. Lorsque Kanu^asi ou M'Gambi avaient arrêté l'exécution immédiate d'un criminel, ils donnaient le signal en touchant le condamné avec un fer de lance. Les gardes se jetaient de suite sur le malheureux et le dépêchaient à coups de bâton. Quelquefois on le touchait avec un bâton; alors c'était à coups de lance qu'on l'expédiait, l'instrument employé contre le coupable étant toujours l'opposé de celui qui servait à donner le signal.
Le lendemain, les tambours battirent, les trompes sonnèrent, et les nègres se livrèrent de toutes parts aux chants et à la danse. On fit une large distribution de pots de cidre, et une orgie générale annonça la joie du peuple à la nouvelle que la troupe de Mohammed, suivant sa convention avec moi, s'était* retirée au delà du fleuve. Mes ambassadeurs étaient revenus avec une lettre dans laquelle Mohammed déclarait qu'il ne craignait ni les soldats d'Ibrahim, ni les sujets de Kamrasi; mais que puisque je revendiquais le pays, force lui était de se retirer. Non-seulement il avait battu en retraite en dépit de ses alliés, mais irrité par le fiasco de cette expédition, il s'était disputé avec Fowouka, auquel il avait enlevé tous ses bestiaux et un grand nombre d'esclaves. Cette conclusion de l'affaire avait tellement réjoui Kamrasi que des fêtes spéciales furent décrétées dans tout l'Ounyoro; des bœufs furent abattus en grand nombre et distribués au peuple, et la moitié du pays noya
ce qu'elle possédait de raison dans des flots de mérissa ou cidre de banane.
Mohammed, le vakil de Debono, s'était en définitive fort bien conduit envers moi, quoique passablement mal envers ses alliés; comme preuve de son bon vouloir, il m'envoya six morceaux de savon et quelques écheveaux de perles bleues et de. jenetios (perles rouges en verre).
Les Turcs avaient à peine disparu que Kamrasi résolut d'en finir avec ses ennemis. Il envoya au camp de grandes quantités d'ivoire, et un soir ses gens déposèrent à ma porte vingt défenses, en me priant de les compter. Je fis dire au roi de donner tout l'ivoire aux hommes d'Ibrahim, car je n'avais besoin de rien; tandis que si à son retour dans ce pays Ibrahim trouvait une abondante provision d'ivoire, il ferait certainement tout ce que Kamrasi pourrait désirer.
Quelques jours après de longues files de porteurs arrivèrent chargés d'énormes défenses pour Eddris. Le lendemain matin de bonne heure l'armée entière de Kamrasi parut chargée de provisions. Chaque homme portait sur sa tête un paquet de farine pesant environ 40 livres. Les dix Turcs se joignirent à eux, et j'appris qu'on méditait une attaque contre Fowouka.
Peu de jours après le départ de l'expédition, les Turcs revinrent avec environ 1000 nègres; Kamrasi était au comble de la joie. Il avait remporté une victoire complète et défait Fowouka à plate couture. Non-seulement les îles étaient prises et leurs habitants massacrés, mais toutes les femmes des principaux chefs étaient prisonnières, ainsi qu'un grand nombre d'esclaves de moindre importance. On avait aussi saisi un troupeau de chèvres que les soldats de Mohammed n'avaient heureusement pas découvert lors de leur retraite. Fowouka et Owine s'étaient échappés en gagnant la rive nord du fleuve, mais leur pvissance était abattue, leurs villages avaient été pillés et brûlés, et leurs femmes et leurs enfants emmenés captifs
Dans cette razzia générale beaucoup de femmes âgées avaient été prises; comme elles ne pouvaient pas marcher assez vite pour suivre la marche de leurs ravisseurs, on les avait toutes tuées le long du chemin à coups de massue sur la nuque. Telles sont les brutalités du droit de la guerre en ce pays.
Le lendemain matin j'allais voir les prisonniers. Les femmes
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étaient assises sons un hangar, en apparence fo J'examinai les mains de quatorze d'entre elles; toute et singulièrement douces, elles prouvaient le rang < femmes, qui n'avaient jamais dû s'occuper de travau pour la plupart, ces malheureuses avaient des trait liers, des nez bien modelés, les cheveux crépus élancée. Elles ressemblaient au type général des Ghopi et de l'Ounyoro.
Parmi ces captives s'en trouvait une, mère d'u petit garçon d'environ un an. L'état du plus gti semblait déplorable, car elles ne pouvaient travf été accoutumées comme femmes de chefs au luxe Bachita, qui nous avait accompagnés dans cette infortunées, reconnut parmi elles, chose singulièi cienne maltresse, la veuve de Sali; elle avait été a les femmes et les filles de Rionga. A sa vue, Bach ses genoux et rampa vers elle, absolument comme les sujets de Kamrasi lorsqu'ils s'approchaient d< Sali occupait une position aussi élevée que celle c et avait été traîtreusement massacré par Kamrasi présence de Bachita. A cette époque la paix venai due entre Kamrasi et les trois grands chefs que le une conférence à H'rouli dans le but de s'en défai à peine arrivés que Rionga fut arrêté par les or rasi, et enfermé dans une hutte circulaire don' terre n avaient point de porte. On le fit descendre ture pratiquée dans le toit, et il fut condamné vif le lendemain pour quelque offense imagini v^ouka devaient recevoir, selon l'occurrence, le mort. Sali était Tami intime de Rionga, et i rendre a liberté. A cet effet il fit boire les gard et penaant que ceux-ci passaient la nuit à cl^ de l'aucre ses hommes percèrent le mur con délivrèrent Rionga qui s'échappa.
Sali fit la folie de rester à M'rouli après Kamrasi, soupçonnant la part qu'il y avait ] immédiatement à être sais iet mis en pièce* poteau et on le tortura en lui arrachant les l'autre; les mains furent d'abord coupées
bras détachés à rarticulation du coude. Bachita, témoin de cette scène atroce, rendit témoignage à rhéroïsme de Sali; au milieu de ses souffrances, il criait à ses amis qui pouvaient se trouver dans la foule de prendre la fuite, car il allait mourir, et s'ils restaient on leur ferait partager son sort. Quelques-uns s'échappèrent, entre autres Fowouka, mais la plupart furent massacrés surplace; Bachita, emmenée captive par Kamrasi, fut envoyée par lui au camp turc à Faloro, comme je Tai déjà dit. Depuis ce temps la guerre n'avait pas cessé entre Kamrasi et les chefs des Iles; elle venait d'avoir pour dernier acte la défaite de ceux-ci et l'enlèvement de leurs femmes, grâce à l'aide des Turcs.
La joie de Kamrasi ne connut plus de limites; les défenses d'éléphant ne cessaient d^étre apportéesau camp, et une hutte en était déjà pleine. Eddris, le chef du détachement turc, sentait que la victoire avait été remportée principalement au moyen des armes à feu ; il refusa donc de remettre les prisonniers que le roi réclamait; il les revendiqua comme appartenant à Ibrahim, et ne voulut entrer dans aucune discussion à ce su^t jusqu'à l'arrivée de son maître. Kamrasi disait de son côté, que, si efficaces qu'eussent été les fusils, on n'aurait pu faire de prisonniers sans les canots qui avaient été transportés par terre depuis Karuma j usqu'au point désigné pour l'attaque .
Suivant l'habitude en cas de dispute , on s'en rapporta à mon arbitrage. Kamrasi envoya de nuit son factotum Gassavé pour conférer avec moi à Finsu des Turcs; ensuite M'Gambi son frère arriva, et enfin après une kyrielle fatigante de messages différents, le grand roi survint en personne. Il me dit qu'Eddris était très-insolent et avait menacé de tirer sur lui; il l'avait insulté, lui y siégeant sur son trône même, entouré de ses chefs, et si je ne l'avais pas introduit dans le pays, Kamrasi l'aurait fait mettre à mort, ainsi que ses gens.
Je conseillai à Kamrasi de ne pas faire trop d'embarras ; il avait vu ce que dix fusils seulement avaient fait dans le combat contre Fowouka ; il pouvait donc s'imaginer les résultats que pourraient amener la moindre manifestation hostile. Les caravanes d'Ibrahim et de Mohammed Wat-el-Mek s'uniraient immédiatement et détruiraient ses États et lui. Le moindre cheveu enlevé à la tète d'un Turc causerait infailliblement sa perte,
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et son rival Fowouka serait mis sur le trône à sa place. Cet avis fit presque verdir de peur le brave Kamrasi. Je lui conseilla) de ne pas se chamailler pour des vétilles; comme j'étais. responsable de la conduite des Turcs tant que je serais dans le pays, il n'avait rien à craindre; mais d'un autre côté il fallait qu'il fût juste et généreux. S'il leur donnait une bonne cargaison d'ivoire, il pouvait compter sur leur alliance; mais s'il se mettait à leur chercher querelle, ils détruiraient le pays après mon départ. Naturellement il me pria de ne pas songer à le quitter, mais de m'établir pour toujours dans le Kitouara, me promettant tout ce dont j'aurais besoin, outre un grand territoire. Je lui répliquai que le climat ne me convenait pas, et que rien ne pourrait me déterminer à rester; mais comme les bateaux n'arriveraient pas de six mois à Gondokoro (en février) je pourrais passer ce temps près de lui aussi bien qu'ailleurs. En même temps je lui dis que sa prétendue amitié pour moi n'était qu'une feinte ; et qu'il me regardait simplement comme un bouclier contre le danger. Après une longue conversation, je réussis h lui persuader d'abandonner toute prétention à l'égard des prisonniers de guerre, et de considérer Eddris comme un va/ci/jusqu*à l'arrivée d'Ibrahim. Il quitta ma cabane, en me promettant de ne plus reparler de cette affaire; toutefois, le lendemain il envoya Cassavé demander à Eddris de lui remettre deux des plus jolies captives. Pour toute réponse, Eddrees, qui avait la tête fort près du bonnet, se rendit chez Kamrasi et lui refusa sa demande de la manière la plus insolente. Le roi inmiédiatement se leva et lui tourna le dos. Bouillant de colère, Eddris court au camp, fait armer sa troupe et s'en va droit à la hutte de Kamrasi pour lui demander réparation. Heureusement mon vakil m'ayant appris ce qui se passait, je fis courir après Eddris avec ordre de revenir de suite, parce que personne ne troublerait la paix impunément, tant que je serais dans le pays. Au bout de dix minutes il revint avec ses gens; tous semblaient honteux et s'accusaient les uns les autres conmie d'habitude lorsqu'un coup a manqué. Les Turcs étaient vraiment tous de prendre l'offensive, car un conflit survenant, ils eussent succombé à coup sûr. Ils avaient usé presque toutes leurs cartouches dans l'aflaire contre Fowouka. Il leur en restait cinq par homme. Heureusement Kamrasi ne savait pas cela. Ouant à
moi j'en étais abondamment pourvu, car aucun de mes hommes ne pouvait tirer un coup de feu sans ma permission expresse. La caravane turque était absolument en mon pouvoir. J'envoyai chercher Eddris et le roi; celui-ci avait déjà appris des nègres l'arrivée des Turcs armés, et mon intervention. Kamrasi refusa de venir en personne, mais il envoya son frère M'Gambi qui, comme d'ordinaire, était chargé de tirer les marrons du feu. M'Gambi, fort irrité, déclara que Kamrasi avait strictement défendu à Eddris de paraître devant lui. J'insistai sur une réparation de la part d'Eddris, et il fut résolu que dorénavant je serais chargé exclusivement des négociations. Je proposai que dans l'intérêt des deux partis l'on envoyât sans délai un message à Ibrahim alors dans le Shoua; sa présence était fort nécessaire , car je ne voulais pas continuer à être responsable de la conduite des Turcs. J'étais venu dans l'Ounyoro avec l'intention unique de voirie lac et de m'en retourner de suite. C'était d'après les ordres de Kamrasi que j'avais été retenu, et je ne pouvais assumer la responsabilité des actes d'Eddris. Ce que j'avais promis c'était de garantir la conduite des Turcs sous les ordres d'Ibrahim, chef de leur caravane. A court de munitions, Eddris était devenu fort humble; désireux surtout de renforts, il offrit d'envoyer cinq hommes à Shoua pourvu que Kamrasi voulût permettre à quelques nègres de les accompagner. Cela ne convenait pas au soupçonneux M'Gambi; il supposait à Eddris l'intention de calomnier le roi afin d'exciter Ibrahim contre lui. 11 refusa donc l'offre du vakil, mais consentit à fournir des portefaix et des guides si je voulais envoyer un de mes gens avec une lettre. Cette autre proposition me convenait fort ; j'avais hâte de quitter le pays de Kamrasi et Kisouna, où emprisonné dans des herbes impraticables, j'étais condamné à une inaction complète ; tandis que si je pouvais retourner à Shoua, je passerais le temps agréablement dans un beau pays ouvert et sous un climat salubre, avec l'avantage d'être de cinq jours de marche plus rapproché de ma patrie. Je dis donc à mon vakil d'écrire une lettre à Ibrahim pour le prier de revenir de suite à Kisouna, où il y avait une ample moisson d'ivoire qui serait perdue pour lui si Eddris faisait des coups de tête. Le lendemain matin quatre de mes gens partirent pour Shoua, accompagnés d'un grand nombre de nègres.
Kisouna retomba dans sa monotonie ordinaire. La guerre contre Fowouka étant finie, les nègres, libres 4e tout souci, passaient leur temps à danser et à boire ; il était presque impossible de dormir pendant la nuit, car depuis le coucher du soleil jusqu'au matin des bandes d'individus ivres ne cessaient de hurler en chœur, de sonner de la trompe et de battre le tambour. Les femmes ne prenaient aucune part à ces divertissements, par la raison qu'en Ounyoro les hommes ne font rien tandis que leurs épouses travaillent aux champs. Ainsi exténuées de fatigue elles étaient enchantées de pouvoir se reposer, pendant que leurs maris passaient les nuits en orgies tumultueuses. Le mode ordinaire de leur chant est un solo rapidement exécuté, niélé par intervalles d'un chœur étourdissant accompagné de trompes et de tambours. Les trompes sont des calebasses immenses que leur forme particulière et leur extrémité en goulot de bouteilles, permettent de convertir aisément en instruments de musique. De temps en temps le cri au feu! poussé au milieu de la nuit variait l'ennui de notre existence ; les huttes étaient jonchées de paille sur laquelle les nègres à moitié ivres tombaient tout endormis avec leurs pipes allumées, et un incendie s'ensuivait. Dans ce cas la flamme se communiquait d'une hutte à l'autre avec une rapidité incroyable.; souvent quatre ou cinq cents cabanes du camp de Kamrasi étaient détruites par le feu, puis rebâties en peu de jours. Ceci ne me laissait çs^s sans inquiétude pour ma poudre, car dans ces circonstances, la paille flambait si vite que rien ne pouvait échapper et l'explosion de mes munitions m'aurait laissé entièrement sans défense. Aussi, je profitai du premier accident de feu, arrivé dans mon voisinage, pour exiger qu'aucune hutte indigène ne fut élevée à moins de trente verges de ma demeure ; les nègres ayant voulu s'y refuser, je lis moi-même démolir leurs cabanes par mes gens, et je me débarrassai ainsi de voisins ivrognes et dangereux.
Quoique le roi nous eût fourni du bœuf très-régulièrement , nous avions beaucoup de peine à nous procurer des poulets; la guerre avec Fowouka avait amené la destruction de presque toute la volaille dans le voisinage de Kisouna, parce que Kamrasi et ses Kajours (magiciens) faisaient chaque matin des sacrifices, et cherchaient à lire l'avenir dans les entrailles des ci-
seaux. Le roi était entouré de sorciers et de sorcières qui se distinguaient des autres nègres par leurs têtes ceintes de couronnes de racines de différentes plantes. Quelques-uns y ajoutaient des lézards desséchés, des dents de crocodiles, des griffes de lion, de petites carapaces de tortue, etc. Ils auraient pu fournir des ingrédietits au chaudron des sorcières dans Macbeth.
Serpent, lézard, allez vous tordre
Dans Phorrible chaudron de fer !
Bout comme un noir coulis d^enfer,
Mélange puissant en désordre '.
Lorsque^ pour la première foif, je vis paraître ces femmes, pour la plupart vieilles et ridées, je me sentis disposé à répéter la question de Banquo * :
t Qu^est-ce donc ! ces trois êtres difformes.
Et bizarres de mise et bizarres de formes; Certe, ils n^babitent point la terre comme nous; Ils y marchent pourtant! vivez-vous ; étes-vous Des ôtres que l'on puisse interroger. . . .' ?
Kamrasi etses sujets avaient la foi la plus implicite dans ces magiciens. Bachita et mes gens me dirent que lorsque ma femme paraissait devoir,mourir d'un coup de soleil, le guide s'était procuré une sorcière qui avait tué un poulet pour savoir si elle se rétablirait, et si nous atteindrions jamais le lac. Le poulet en mourant tira la langue, ce qui passait pour un signe favorable; après une indication pareille^ mes gens n'avaient aucun doute du succès. Quoique supérieurs aux tribus du nord du Nil pour l'intelligence, les natifs d'Ounyoro n'ont pas la moindre notion