CHAPITRE UNIQUE
Retranchements et tumuli de l'Amérique du Nord et de l'Amérique-Centrale. — Tumuli danois et irlandais. — Camps retranchés de l'Irlande. — Ancienne ville normande du Brésil. — Traditions mexicaines.— Liste des évêques qui ont occupé le siège de Gardar de 1 121 à i535.
ES hommes du Vinland supportaient impatiemment , comme leurs pères , la domination royale. Pressés par le monopole, par les SkrelfCjj lings et les pirates, décimés par les épidémies, ils crurent sage de chercher une nouvelle patrie et s'enfoncèrent dans les vastes forêts qui s'étendaient derrière eux.
Sur les rives del'Ohio, du Missouri, du Mississipi, c'està-dire sur la route qu'ils auraient dû suivre pour gagner l'Amérique du Sud, on trouve les ruines d'un grand nombre de camps et d'enceintes qui rappellent par leur étendue, leur situation et leur destination un genre de constructions trèsrépandues dans le Nord de l'Europe.
Bien que les constructions américaines soient déformées
par le temps, on en distingue les angles. D'après Carver, leur tracé était conforme aux règles de l'art militaire et d'une précision digne du fameux Vauban ' .
Elles affectent particulièrement la forme du cercle et du carré. Mais quand le terrain est accidenté, qu'elles servent à protéger des positions fortifiées par la nature, leurs lignes sont habilement modifiées : le cercle s'allonge en ellipse, le polygone se substitue au carré, et chaque section du retranchement présente l'obstacle indiqué par les nécessités de la défense.
Les différents ouvrages d'un même camp sont reliés par des chemins couverts.
Les murailles sont en terre, ou en terre mêlée de pierres. Elles ont habituellement de six à onze mètres d'épaisseur à la base et de deux à quatre de hauteur. Les fossés ont environ six mètres de largeur.
Les ruines d'Uzteilan, sur la Rock River, dans le Wisconsin, présentent quelques particularités.
Elles se composent d'un retranchement qui entoure vingt arpents de terre. Ce retranchement est protégé, du côté du fleuve, par un rempart de douze à quinze pieds de hauteur, en d'autres endroits, par une muraille de briques haute de quatre pieds et large de vingt-cinq. A des distances régulières d'environ vingt pieds, se trouvent des ouvrages saillants demi-circulaires. En dehors des murailles, de grands retranchements carrés se présentent comme des ouvrages
■ Carver, Travels through the interior parts ofnorth America, in theyears 17 00, 17O7 and 17 08; London, in-8", p. 177.
avancés. l>ansla place ceinte de murailles, on voit les traces de maisons et de rues qui semblent avoir été détruites par les flammes. Sur les remparts croissent des chcnes dont les cercles concentriques accusent de six à huit cents ans d'existence. A i8o mètres de distance se trouvent cinquante monticules coniques, de dimensions différentes; plusieurs sont hauts de six à sept mètres.
M. Richter d'Otsego (Etat de New- York), voit, dans les ruines, une ancienne habitation Scandinave et, dans les monticules, des tombeaux qu'il serait peut-être intéressant de fouiller '.
Tous les retranchements renferment, outre les ouvrages de défense, des puits, des lacs artificiels, destiimuli, deschamps qui paraissent avoir été cultivés, des buttes destinées à l'observation de la campagne.
A 900 milles français à l'ouest de Montréal, dans un endroit que les Européens n'avaient point encore vu, M. de Vérandrière découvrit, dans les bois et dans une plaine, de grands piliers de pierred'unseulblocélevésdemain d'homme. Dans un autre endroit, qui ne fournissait pas de pierres, il trouva des blocs semblables placés les uns sur les autres comme pour former une muraille. Dans l'un d'eux il recueillit une petite pierre, longue d'un pied et large de quatre à cinq pouces, couverte sur deux de ses faces de signes inconnus que des Jésuites prirent pour des caractères tatares. Cette pierre fut envoyée au ministre Maurepasqui la perdit ^.
' Mémoires de la Société royale des Antiquaires du Nord^ 1840-1843, pp. 8, 9.
* Warden, Recherches sur les Antiquités de l'Amérique sep-
Les twnuli forment la partie la plus curieuse de ces constructions.
Leur régularité et leurs prodigieuses dimensions prouvent qu'ils sont l'œuvre d'un peuple puissant dominé par une aristocratie religieuse ou militaire. Un peuple chasseur est trop pauvre, un peuple guerrier trop fier pour consacrer des milliers de bras et des années à l'érection de monuments improductifs. Les pyramides des bords du Nil furent construites par les esclaves juifs; les serfs gaulois ont élevé nos merveilleuses cathédrales; les monuments de la vallée du Mississipi ne peuvent être l'œuvre que de races vaincues.
Les tiimuli sont en formes de pyramides ou de cônes tronqués, et souvent de dimensions colossales. Celui de Saint- Louis, sur le Cahokia, mesure ySo mètres de circonférence et 3o de hauteur. Ces dimensions sont celles de la fameuse pyramide qui fut l'orgueil d'Asychis et le supplice de plusieurs générations '.
Leur vue provoque l'admiration ; elle doit aussi provo-
fe«fr/owiz/e; Paris, Everat, 1827, passitn (Extrait du 2^ volume des Mémoires de la Société de Géographie de Paris).
' Cette pyramide est en briques et surpasse en grandeur celles des prédécesseurs d'Asychis. Elle porte cette inscription relevée par Hérodote et traduite ainsi par Du Ryer : « Ne me compare « point avec les autres pyramides, que ie surpasse autant que « Jupiter les autres dieux; car ie n'ay esté bastie que du limon « qu'on a tire du fond du lac avec une sonde, et que y ayant « esté ramassé a este converty en briques, qui ont servy à m'es- « lever a la hauteur ou l'on me void. » (Hérodote, liv. 11, p. i Sy, trad. Du Ryer, Paris, 1C45).
quer le respect, car, dans leurs vastes flancs, ils renferment les cendres et peut-être aussi le secret du peuple qui les éleva.
On en a fouillé plusieurs. Ils contenaient des ossements humains en plus ou moins grande quantité, divers objets en pierre, en métal, des pièces d'argent, des pointes de flèches en cuivre, un sabre de facture inconnue. Les musées de New- York et de Boston ont recueilli beaucoup de ces objets, mais les antiquaires ne peuvent encore en déterminer l'origine.
Dans quelques-uns on a trouvé des cendres et des os humains calcinés, preuve que le peuple auteur de ces monuments pratiquait parfois l'incinération des morts. Dans d'autres tumiili on a découvert des os dont le gisement indiquait que les morts avaient été placés sur un lit de pierres et couverts d'autres pierres qui les séparaient de la masse du tertre.
Squier a remarqué que les monuments de la vallée du Mississipi croissent en grandeur et en perfection à mesure qu'on se rapproche du golfe du Mexique, et qu'ils paraissent empreints du même caractère religieux que ceux de l'Amérique-Centrale ' . Ce point est d'autant plus important à noter que beaucoup des anciennes populations mexicaines font venir leurs ancêtres de l'orient, par la région des longues
' Squier, Monuments of the Mississipi valley, published by the Smithsonian Institute, Washington (cité par M. Brasseur de Bourbourg).
nuits, des glaces et des tempêtes de neige ' ; que dans la plaine de Teotihuacan, à sept lieues de Mexico, et dans une grande partie des provinces guatémaltèques on trouve de nombreux tumuli tout-à-fait pareils à ceux des Etats-Unis. Les environs de Rabinal, dans la Vera-Paz, en renferment de fort remarquables, de même caractère et composés des mêmes matériaux que ceux de la vallée du Mississipi. M. Brasseur de Bourbourg observe qu'ils sont généralement situés dans le voisinage d'anciennes villes indiennes, et que la situation de ces villes rappelle les enceintes fortifiées de l'Amérique du Nord 2. Dans l'Amérique du Nord, ce sont au contraire des villes modernes qui s'élèvent sur l'emplacement ou dans le voisinage des anciens camps retranchés.
De la rivière Saint-Jean à la pointe méridionale de la Floride, on trouve beaucoup de constructions analogues, empreintes d'un caractère militaire et religieux qui rappelle les pyramides mexicaines.
Elles se terminent par des terrasses carrées qui paraissent avoir porté des forteresses pour défendre ou contenir la ville, et des autels pour les sacrifices humains. De vastes avenues
' Papol Vuh, trad. de M. Brasseur de Bourbourg, pp. 21 5-
2 M. l'abbé Brasseur de Bourbourg, Histoire des nations civilisées du Mexique et de r Amérique-Centrale, durant les siècles antérieurs à Christophe Colomb, écrite sur des documents originaux et entièrement inédits, puisés aux anciennes archives des indigènes. Paris, A. Bertrand, iSSj, t. i, p. i3, note I.
conduisent de ces pyramidesàdes lacs artificiels. On ne peut s'empêcher de reconnaître dans les anciennes constructions floridiennes des édifices publics et des monuments de magnificence destinés à perpétuer le souvenir et la grandeur de la nation qui habitait originairement ce pays '.
On rencontre beaucoup de monuments du même genre dans le nord de l'Europe.
En Danemark, les guerriers morts en combattant étaient ensevelis, — avec des armes, de l'or, de l'argent, des objets précieux, — sous des tertres d'une grande hauteur appelés Valcaster.
D'après Olaus Wormius, les anciens danois brûlaient les corps, en recueillaient les cendres dans des urnes et les déposaient au milieu d'un cercle de pierres qu'ils couvraient d'une grande pierre, puis d'un monticule gazonné ^.
Les tumuli irlandais, qui existent encore en grand nombre, sont en forme de cône tronqué, mesurent de 12 a 1 5 mètres de hauteur et de 1 2 à 2 1 de diamètre au sommet. Ils sont en sable mêlé de pierres et recouverts d'une couche de terre végétale suffisante à la production d'une belle pelouse.
En Irlande, comme en Amérique, on rencontre des tumuli
• W. Bartra.m, Travels through North and south Carolina^ Georgia, east and west Florida, the Cherokee counîry^ etc., part IX, chap. 6. London 1792.
* Olah Wormii Monum. Danic.^ lib, i, p. 41, cité par Warden.
qui forment, à mi-hauteur, des terrasses circulaires qui les font ressembler à deux tiimiili superposés l'un sur l'autre.
Les tiimuli irlandais portent le nom caractéristique de Danish Mounts (monts danois).
On trouve aussi en Irlande des camps retranchés identiquement pareils à ceux de la vallée du Mississipi. Ils sont en si grand nombre dans le comté de Down qu'on peut, dans un espace de plusieurs milles, comme dans certaines parties de l'Amérique, se voir et s'entendre de l'un à l'autre.
Les uns sont de peu d'étendue, les autres ont de 1 5 à 20 acres ; ils n'ont ici qu'un fossé, là, deux ou trois. L'aire en est parfois concave; beaucoup ont à leur centre, comme aux Etats-Unis, un monticule très-élevé qui domine tous les ouvrages inférieurs '.
En résumé, les Danish Moiints et les camps retranchés du Danemark et de l'Irlande sont parfaitement semblables à ceux que l'on trouve en Amérique sur toute la longueur de la route qu'auraient dû suivre les Normands pour aller dans l'Amérique du Sud.
Des découvertes récentes prouvent que les fils d'Odin ont, en effet, parcouru ces contrées.
M. Hégéwisch, professeur à l'université de Kiel, a offert au musée de la Société royale des Antiquaires du Nord
' Stephenson's Historical essay on the parish and congrégation 0/ Temple-Patrick. Belfast, 1825, pp. 7, 8. — Gérard Boate's History o/Jreland, pars III, containing a discourse concerning the Danish Mounts, forts and towers in Ireland , by Thomas Molincux; Dublin, ijSS, p. 208. — Wakden, op. cit., pp. 127, 129 et passim. ,
quelques éclats d'obsidienne et un morceau de cette même pierre qui servit d'instrument de percussion. Ces objets provenaient du Mexique, où ils sont en abondance. Ils ressemblent de la manière la plus frappante à ceux de même nature trouvés dans les tumuîi du nord de l'Europe. Les pointes de flèche en obsidienne envoyées à Copenhague sont trilatérales et de même facture que celles trouvées dans les tombes de la Norvège et du Danemark '.
Un peu avant le précieux envoi du professeur Hégéwisch, le docteur Lund, de Lagoa Santa du Brésil, fit savoir à la même société que l'on avait depuis longtemps découvert, dans la province de Bahia, une grande ville abandonnée, de construction très-ancienne, dont les édifices étaient en pierre de taille. Le docteur Schuck a pensé, d'après ïlnstitiito historico Bra\ilciro^ que cette ville devait être attribuée au séjour des Normands au Brésil. Ses convictions furent surtout déterminées par les inscriptions recueillies dans les ruines et par la découverte d'une statue qui, montée sur une colonne et le bras droit étendu, montre de l'index le pôle du Nord 2.
Les Normands étaient habiles navigateurs; on sait, par la précision de l'orientation de leurs monuments qu'ils connaissaient le pôle vrai; ils aimaient les régions boréales et portaient avec orgueil le nom d'hommes du Nord: à défaut
' Société royale des Antiquaires du Nord, 1844. pp. 178-
2 Société royale des Antiquaires du Nord, 1840- 1843, pp. 20, 27; 1844, p. iSo.
des inscriptions et des reliques nombreuses recueillies au Mexique et au Brésil, cette statue, qui montre du doigt une patrie lointaine, suffirait à prouver le séjour d'une population scandinaVe dans la province de Bahia.
Outre les monuments observés parSquieret M. Brasseur de Bourbourg, monuments dont l'origine ne laisse plus, ce semble, aucun doute, on a trouvé, dans les anciens manuscrits du Mexique^ la preuve que, longtemps avant Colomb, plusieurs parties de l'Amérique furent habitées par une population blanche qui pratiquait le christianisme. D'après un manuscrit original du même pays, dit le savant Aubin, de Mexico, le voyage de l'évêque Erik au Vinland coïnciderait avec celui de Xoloth au Mexique, où il amena les Chichimèques, fondateurs du royaume de Tercoran ' .
Le courant méridional du Gm// ^^ream a pu porter au Brésil quelques-uns des navires qui pirataient sur les côtes de l'Espagne et de l'Afrique; mais les équipages de ces navires n'ont jamais été assez nombreux pour fonder une ville. C'est donc par la vallée du Mississipi et la région isthmique que les Normands vinrent dansla province de Bahia, comme l'indiquent les monuments qui portent leur empreinte.
Et tandis que de nombreuses tribus allaient ainsi, de station en station, des froides régions du nord aux contrées aimées du soleil, les colonies groenlandaises résistaient courageusement à la peste, au monopole, aux Skrellings, aux
' Lettre de M. Aubin, du 19 juin iSSg, publiée dans les Mémoires de la Société royale des Antiquaires du Nord, 1840- 1843, pp. 9-12.
pirates. En i 537, c'est-à-dire 45 ans après la découverte des Antilles par Colomb, elles avaient encore une certaine importance et conservaient quelques rapports avec l'Europe. C'est du moins ce que l'on doit inférer de la présence d'un évêque au milieu d'elles. Pour que ce fait important ne laisse aucun doute, voici la liste des prélats qui occupèrent successivement le siège épiscopal de Gardar:
1 121 . Eiricus.
1 124. Arnaldus.
I i5o. Jon Knutus, aliis Kutus, mort en Groenland en
1188. Jon II.
1212. Helgius, mort en i2 3o.
1234. Nicolaus, mort en Groenland en 1240.
1246. Olafus.
1288. Theodorus, mort en Groenland en 1314.
i3i4. Arnius, venu en Groenland en i3i5.
1 343 . Jon Calvus, nommé du vivant d' Arnius dont on ignorait le sort.
1376. Alfus, mort en 1378.
1389. Henricus, dont le sceau a été retrouvé et publié par la Société royale des Antiquaires du Nord.
1406 . Andréas, envoyé de Norvège pour remplacer Henricus, s'il était mort '.
• Cette liste est empruntée à Th. Torfœus, Historia Gronlandîa, pp. 241-256.
1417* Jacohus. Son sceau, retrouvé et publié par la Société royale des Antiquaires du Nord, porte en légende: S. Jacobi de gra. epi. garden.
1433. Un évéque, dont on ignore le nom, a été désigné pour le Groenland par le pape Eugène IV '.
1448. Lettre de Nicolas V aux évoques de Skalholt et Holum 2.
' HuMBOLDT, Essai critique, t, 11, p. 104; Cosmos, t. u, p. 546, note 29.
2 Nous n'avons pu nous procurer le texte de cette importante lettre, découverte par Paul Egedes Efterretninger, dans les archives du Vatican. En voici l'extrait dont Beamish donne la traduction dans The discovery of america by the Northmen, in the tenth century, etc. London, 1841, pp. i52-i54.
« With référence to my bcloved children, who are natives of and dwell in the great island of Greenland, which is said to lie on the extreraest boundaries of the ôcean, norlhwards of the kingdom of Norway, and in the district of Throndjem, hâve their pitiful complaints grcatly moved my car, and awakencd our sympathy, seeing that the inhabitants, for almost six hundrcd ycars, hâve hcid the Christian foith, which, by the teaching of their first inslructor, King Olaf, was establishcd amongst them , firm and immoveable under the Roman See, and the Apostolic forms ; and seeing that, in after years, from the constant and ardent zeal of the inhabitants ofthe said island, many sacred buildings, and a handsome cathedral, hâve been erected in this island, in which the service of God was diligently performed, until heathcn foreigners from the ncighbouring wast , thirty years since, came with a Heet against them, and fcll with fury upon ail the peoplc who dwelt
i45o. Grcgorius. Son sceau a été retrouvé et publié par la Société royale des Antiquaires du Nord.
there, and laid waste the land itself and thc holy buildings with fire and sword, without leaving upon the island Greenland, other than the few people who are said to Ue far off, and which they, by reason of high mountains, could not reach, and took off the much to be commiserated inhabitants of both sexes, particularly those whom they looked upon as convenient and strong enough for the constant burden of slavery, and took home with them those against whom they could best direct their barbarity. But now since the same complaint further saiththat many, in the course of time, hâve corne back from said captivity, and after having, hère and there, rebuilt the devastated places, now wish to hâve the worshipof their Godagain established, and set upon the former footing ; and since they, in conséquence of the before named pressing calamity, wanting the necessary means themselves, hâve hitherto not had te power to support their priesthood and superiors, therefore, during ail that period of thirty years, hâve been in want of the consolations of the Bishops and the services of the Priests, except when some one through désire of the service of God, bas been willing to undertake tedious and toilsome journeys to the people whom the fury of the barbarians has spared, — Seeing that we bave a complète knowledge of ail thèse things, so do we now charge and direct ye brethren, who, we are informed, are the nearest Bishops to the said island, that ye, after previously conferring with the chief Bishop of the Diocèse, if the distance of the place allows of it, to nominate and send them a fit and proper man as Bishop ».
1487- Jacobus. Son sceau retrouvé et publié par la même Société porte en légende: Secretù. iacobi. epi. gadensis^ c'est-à-dire: Episcopi Gardensis.
i53j. Vincentius, dont le sceau a été retrouvé et publié par la même société '.
On voit par la simple inspection de cette liste que les rapports du Groenland avec l'Europe devinrent de moins en moins fréquents; ils suffisaient néanmoins pour conserver à Rome et dans les pays Scandinaves le souvenir de cette lointaine contrée. L'Islande, qui voyait passer ces évêques, qui conservait dans les sagas le récit des découvertes faites par la famille d'Erik le Rouge et Thorfinn Karlsefn, ne pouvait l'oublier. Les groenlandais se rappelaient encore, bien certainement, les grandes terres de l'ouest où tant de leurs enfants, avides de richesses et d'aventures, avaient fondé de nombreuses colonies.
' Société royale des Antiquaires du Nord, 1845- 1S49. p. 432 et tab, 1, fîg. i-ô.