‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle [microforme]Chapitre 1 sur 78 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

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GÈNE 12 octobre 1492, Christophe Colomb

crüut, et tout le monde avec lui, que les d , Européens touchaient pour la première fois la terre américaine.

En réalité, l’acte du grand navigateur génois se réduisait à la prise de possession officieile de cette partie du monde.

Dans les populations indiennes du Mexique et de l’Amérique-Centrale, on trouve des types égyptiens et juifs d’une pureté parfaite, qui rappellent les belles statues égyptiennes du Musée du Louvre et le profil de Juda qui se voit encore dans les ruines de Karnak. Les voyageurs admirent, dans

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certains villages guatémaliens, des costumesarabes et juifs exactement semblables à ceux des tableaux d'Horace Vernet '.

Les divinités mexicaines ont tous les attributs distinctifs de celles de l'Egypte, de la Grèce et de l’'Asie-Mineure ; elles ont, de plus, des explications plausibles, ce qui n’est pas toujours le cas pour les divinités de l’ancien continent.

M. Brasseur de Bourbourg, qui connaît beaucoup le pays et les documents échappés au fanatisme des moines espagnols, est convaincu de l'identité et de la communauté d'origine des mythes religieux des deux mondes.

La mythologie mexicaine est plus complète, s'enchaîne mieux que celles de l’Europe, de l’Afrique et de l'Asie, et trouve son explication géologique et géographique dans les Livres Sacrés du pays. Aussi, sans attribuer positivement au Me-

xique l'invention des anciens mythes religieux de l'antiquité, M. Brasseur croit avoir le droit d’en

1 M. Brasseur DE Boursourc, Histoire des nations civilisées du Mexique et de l’'Amérique-Centrale, pendant les siècles antérieurs à Christophe Colomb; Paris, Ber-

trand, 1857, t. 1, p. 17.

revendiquer pour cette contrée une notion plus claire et surtout plus complète !,

L'étude des langues mexico-guatémaliennes, latines et sanscrite donne également à M. Brasseur de Bourbourg les résultats les plus inattendus.

Non-seulement ces langues dériveraient les unes des autres, mais la priorité appartiendrait aux premières, qui emportent la plupart des racines latines inconnues aux Aryas et même des racines Sanscrites. « Si vous voulez vous donner la peine « d’en faire l'examen, » dit notre auteur, « vous ‘trouverez au moins la moitié des mots du dic- € tionnaire de Noël dans le groupe des langues ( mexico-guatémaliennes: vous en trouverez l'o- « rigine et la nature et vous les décomposerez jus- € qu’au simple son d’une voyelle, ce que le scal- « pel de Bopp, tout-puissant qu'il soit, n’a jamais (tenté pour aucune des langues qu’il avait sou- « mises à son génie : ».

UM. BRASSEUR DE Boursoure, Quatre lettres sur le

Mexique... d'après le Teo-Amaxtli; Paris, Maisonneuve, 1868, pp. 26, a:

? M. BRASSEUR DE BoursourG, Quatre lettres sur le Mexique... PP. 10, ri.

L'étude des majestueuses ruines de Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, Uxmal démontre également une grande similitude entre l’architecture antique du Mexique et celle de l'Asie septentrionale. Un point seulement reste incertain pour M. Viollet-Le-Duc : les rapports qu'il a constatés se sont-ils établis par le nord-est ou par le nordouest ! ?

En résumé, l'anthropologie, la mythologie, la linguistique, l'archéologie prouvent tout au moins, mais péremptoirement, des liens de parenté et de longues relations entre les peuples anciennement établis sur les bords opposés du Pacifique.

Les relations entre l'occident de l'Amérique et lorient de l’Asie étaient grandement facilitées par la chaîne des Aléoutiennes et les milliers d'îles que la nature a disposées, comme autant de stations intermédiaires, entre les deux continents.

Du côté de l’Europe, la rareté des îles est compensé par le peu de largeur du canal atlantique; les Orcades, les Shetland, les Feroë, l'Islande, le

‘ M. Viozcer-Lr-Duc, Antiquités américaines, introduction aux Cités et ruines américaines de M. D. Charnay. Paris, Gide et Morel, 1863, p. 104.

Groenland ont d’ailleurs rendu les mêmes services que les Aléoutiennes.

Dès les temps pré-historiques, l'Europe commença, par cette dernière route, son mouvement d'émigration vers l'Amérique.

D'après le Popol Vuk, les diverses tribus de la

nation Quichée se réunirent à 7° ulan-Zuiva (les Sept-Grottes, les Sept-Ravines) pour recevoir leurs dieux. Cette T'ulan était à l'extrême nord, car les hommes n'en « pouvaient plus à cause du froid et « de la gelée, tremblant (qu'ilsétaient tous) et cla- € quant des dents l'une contre l’autre, n'ayant « plus de vie en eux, les pieds et les mains engour- « dis, au point qu'ils ne pouvaient plus rien tenir lorsqu'ils arrivèrent. »

Une tempête éteignit le feu qui faisait leur joie. Ils abandonnèrent enfin « les lieux où le soleil se € lève.... mais leurs cœurs gémirent, lorsqu'ils « se mirent en chemin, après qu'ils se furent arra- « chés de Tulan.

« Hélas! nous ne verrons plus ici l'aurore au ‘moment où naît le soleil qui éclaire la face de « la terre, dirent-ils en se mettant en route,

« Maisonlaissa (du monde) en chemin; car il y eut des gens qui demeurèrent là endormis,

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