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« chacune des tribusse levant toujours de manière « à voir l'étoile messagère du soleil.
« C’est ce signe de l’aurore qui était dans leur pensée, lorsqu'ils vinrent de là où le soleil se lève, en partant de ce lieu qui est à une grande distance, nous dit-on aujourd’hui ».
Leur cœur se brisait et grandes étaient leurs souffrances, car ils étaient sans nourriture, sans soleil et sans feu.
Ils passèrent de ce côté comme s’il n’y avait pas eu de mer, « car ils passèrent sur des pierres « éparses et ces pierres étaient roulées sur les « sables ».
Toujours dans l'angoisse, sans sommeil, sans repos, dans l'attente de l’aurore « et de la clarté à venir, hélas! » disaient-ils, « puissions-nous voir enfin le lever du soleil! Comment donc avons-nous fait (qu’étant tous) d’un même sentiment dans notre patrie, nous nous en sommes « ainsi arrachés ! ?»
Bien que leur itinéraire soit vaguement indiqué,
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1 M. Brasseur DE BourrourG, Popol-Vuh. — Le Livre sacréet les mythes de l'antiquité américaine, avec les livres héroïques et historiques des Quichés. Paris, Bertrand, 1861, pp. 215-239.
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On voit cependant qu'ils vinrent sur les glaces, des pays où le soleil se lève, traversèrent la région des longues nuits et se rendirent, d'étape en étape, aux riantes contrées mexicaines où ils fondèrent un grand empire.
Les Quichés appartiennent à cette belle et intelligente race rouge que l'on retrouve encore autour des imposantes ruines des monuments qu'elle éleva, dans ses jours de grandeur, au Mexique,au Pérou et sur les bords du Nil.
Si l’on découvre un jour, ainsi qu'il est à croire, qu'une grande île existait jadis à l'endroit où dort maintenant la merde Sargasse, onidentifiera la catastrophe qui détruisit l'Atlantide avec celle qui plongea dans les flots une partie notable de l’'Amérique; on aura l'explication de ces ressemblances frappantes que les divers peuples de race rouge présentent comme type, commearts et traditions : on admettra sans peine comme probables, sinon comme certains, les longs rapports qui paraissent avoir existé, dans les temps pré-historiques, entre le Nouveau-Monde et l'Europe.
On pense qu'après la révolution que racontent Platon et les anciens livres mexicains, la mer fut
longtemps impraticable et que les Phéniciens ont eu l'honneur de franchir, les premiers, les Colonnes d'Hercule. Ces intrépides marins semblent avoir fréquenté l'Amérique, mais s’il transpira quelque chose de leurs découvertes, ce ne furent, dit M. d'Avezac, que de vagues indices livrés aux caprices de l’imagination des Grecs '.
Le premier voyage certain à travers l’Atlantique est celui de Pythéas, de Marseille.
Cet habile marin partit environ l’an 340 avant notre ère, en même temps que son compatriote Euthymenès, qui fit route au sud, le long des côtes d'Afrique. Le but et la simultanéité de ces expéditions prouvent qu’elles avaient lieu sous les auspices de la grande cité phocéenne. Si Polybe et Strabon avaient remarqué ce détail, ils auraient compris que la position de fortune de Pythéas ne pouvait être invoquée pour ou contre la réalité de son voyage.
Il fit le tour de la péninsule ibérique, remonta le long des côtes de la Gaule et pénétra dans la Manche après avoir mesuré la distance qui sépare
‘ M. d'Avezac, Les Iles de l'Afrique, 2° partie, p. 4. (Collection de l'Univers).
de la terre ferme les îles Uxisamées ou d'Ouessant ‘.
On ne voit pas qu'il ait visité les Cassitérides ou Sorlingues, qui fournissaient à Marseille beaucoup d'étain *, non plus que l'ile Ictis ou Mictis (Wight), entrepôt des régions voisines :.
Au retour de ses voyages, il a composé deux ouvrages: [lept seu Queaveu (de l'Océan) et Ts repuodos (Le tour du monde). Ces deux ouvrages sont malheureusement perdus, et l'on n’a plus pour reconstruire son périple que les fragments cités par ses contradicteurs,
On sait toutefois qu'il a vu la pointe sud-est de la Grande-Bretagne que les anciens désignaient sous le nom de cap Cantion. De ce point, les uns le font aller vers le Danemark et la Norvége, les autres lui font explorer les côtes orientales de l'Angleterre et fixent l'Islande pour terme de sa navigation.
Les étroites limites d'une préface ne permettent
! Géographie de Strabon, liv. 1, ch. 1v, S 5; trad. Tardieu, t.1, p. 109.
? Jbid.liv. nr, ch. n, So,t. 1, p. 241.
3 LeLEwEL, Pythéas de Marseille et la Géographie de son temps; Paris, 1836, pp. 30, 31.
pas une discussion de ces hypothèses ; nous nous contenterons d'exposer les indices qui nous font pencher en faveur de la seconde.
Après une longue marche que Lelewel suppose avoir été faite sur la marge orientale de l’Angleterre, Pythéas vit, à six jours de navigation de Thulé, des Barbares qui lui montrèrent le lieu du coucher dusoleil. Dans ces contrées, dit Géminus, la nuit était de deux heures pour les uns et de trois pour iles autres '. Ces indications permirent à Pythéas de calculer la durée du jour solsticial aux diverses latitudes boréales et donnent pour position au pays des Barbares les environs du 63° parallèle.
A cette latitude, on ne trouve qu’un seul groupe d'îles: les Feroë. A six jours de navigation des Feroë on ne trouve qu'une seule terre: l'Islande. L’Islande serait donc la Thulé de Pythéas.
Pythéas ne put savoir si Thulé était île ou con-
Ù l'epuvou etTaywyn ep Tæ pauwomevx, p. 30 (Collection faite par l’abbé Halma sous le titre: Table chronologique des règnes.... Paris, 1810.)
D’après le grammairien Cratès, c’est dans ce pays qu’Homère plaçait les Lestrigons (V. Odyssée, ch. x, v. 83-87. éd. gréco-latine de Firmin Didot, Paris, 1856).
tinent ‘. Ce doute se comprend si l'on place Thulé en Islande, cette île ayant 200 lieues de lonsueur Sur 100 de largeur moyenne: il ne se comprendrait ni pour les 85 flots qui composent le groupe des Shetland, ni pour les 22 petites îles qui composent le groupe des Feroë.On verra un marin scandinave exprimer sur l'Islande le même doute que Pythéas sur Thulé.
D’après Strabon, qui cite Polybe, Pythéas aurait dit qu’au-delà de Thulé on ne rencontre plus ni terre, ni mer, ni air, mais une concrétion de ces divers éléments semblable au Poumon marin, qui tient en suspension et réunit Par un lien commun la terre, la mer et l'air et ne permet plus à l'homme de marcher ou de naviguer ?.
Les savants ont beaucoup discuté sur ce poumon marin et l'ont transformé successivement en fumée projetée par l'Hékla, en glaces polaires, en pierres ponces provenant de volcans qui semblent exister vers le 75° degré,
‘ Géographie de Strabon, liv. 1m, S 3, Paris, Imp. Imp. 1800, t. 1, PP- 313, 314. /
? Géographie de Strabon, liv. 11, ch. rv, S 1, trad. Tardieu, t. 1, p. 171.
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fi Pythéas connaissait assez la fumée, la glace et la pierre ponce pour ne pas les comparer au poumon marin, Zoophyte dont il avait sans doute sous les yeux un grand nombre de sujets ‘.
Mais s'il a vu l'Islande pendant l'hiver, il l’a trouvée frissonnante sous un épais manteau de neige, enveloppée d’une atmosphère sombre et fumeuse *, souvent remplie de particules glacées. Peut-être aperçut-il, pendant une éclaircie, des montagnes de glace flottant à l'horizon ou l’un de
' Pour la description du Poumon marin, voir LiINNé, Systema naturæ, Lipsiæ, 1748, p. 73; — Puine, lib. 1x, cap. xLv, — LxvIN de l'éd. Nisard; — KéraLio, De la connoissance que les anciens ont eue des pays du nord de l'Europe, — 1* mém. pp. 34-45, ap. Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. 45.
2 En 1827, Ampère était à Drontheim, située à très-peu près sous la latitude de l’Islande. « Les montagnes, » dit-il, « étaient enveloppées d’une brume épaisse qui semblait « réunir le ciel et la mer, et à travers laquelle un jour faux | « tombait obliquement sur les vagues. » (J.-J. AMPÈRE, Littérature et Voyages; Paris, Didier, ch. 1, p. 54.) En | Islande, l'intensité de la brume était augmentée par les particules glacées qui emplissaient l’atmosphère, par les teintes sombres et fumeuses que produisent les neiges et par les vapeurs que les marins appellent fumée des glaces.
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ces nuages blancs, épais, effroi des navigateurs, qui se rencontrent fréquemment au Spitzberg : et dans la mer de Baffin *, sur une ligne isothermique très-voisine de celle qui passe par le nord de l'Islande * Les glaces flottantes pouvaient consteller cette atmosphère de points lumineux, c'est-à-dire produire le même effet que le poumon marin dans les vagues.
Un marin qui n'avait encore vu que le beau ciel bleu de la Méditerranée, qui partageait plus ou moins les idées de son temps sur la cosmographie des régions hyperboréennes, put croire qu'il avait atteint la marge extrême de la partie du globe accessible à l'homme et comparer au pcumon marin l'atmosphère de ces régions.
Pythéas ne s’en tint pas à ce détail qui rappelle les vagues traditions des Phéniciens sur la mer Hespérienne : il détermina la latitude de Thulé
! Pawrs, Voyage au pôle boréal, Jait en 1773. Trad. anonyme; Paris, 1775, pp. 68,60.
2 Nouvelles annales des voyages, année 1819, t. 1, p. 430.
3 Euisée RecLus, La Terre; Paris, Hachette, 1872, t. 1, pl. xvrr.
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