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sous le patronage d'Olaf Tryggvason, en exalta la gloire et les mérites, se tut sur les moyens employés pour assurer sa prépondérance en France, en Allemagne, en Scandinavie, partout où le pouvoir civildésira son triomphe. Erik résista. Sa raison le portait sans doute vers les croyances de son fils, mais l'habitude et le respect des ancêtres l’enchaînaient aux divinités que les Scandinaves avaient apportées du fond de l'Orient.
Thorhilda, sa femme, reçut, au contraire, la « Bonne Nouvelle » avec enthousiasme, construisit, dans le voisinage de sa demeure, une église qui prit son nom ! et refusa de partager la couche de son mari. Ce dernier excès de zèle se produisait fréquemment dans les premiers siècles du christianisme. Il réussissait quelquefois, mais souvent il rompait les liens de la famille. En le conseillant à Thorhilda on commit une grave imprudence. Les anciens Scandinaves ne professaient pas la monogamie. Erik avait épousé, en même temps, Thorhilda, fille de Jorund, et Thorbjarga Knarrarbringa, qui, dans la suite, épousa Thorbjorn Kœædalens 2. Il pouvait expulser sa femme et les chrétiens. Heureusement il chancelait dans sa foi et la conduite audacieuse de Thorhilda détcrmina peut-être sa conversion 3.
1 Cette église est peut-être celle dont Hayes vit les ruines, en 1869, à Krakortok. (La Terre de désolation, ap., Le Tour du Monde, t. xxvi, liv. 652, p. 7).
2 Historia Thorfinni Karlsefnii, pp. 89, 90.
3 Historia Thorfinni Karlsefnii, pp. 119, 120. — Tu. Tor- Fæus, Historia Vinlandiæ antiquæ, pp. 30-33. — Torfæus dit
Comme one verra au chapitre suivant, la maison d'Erik fut chrétienne deux ans au plus après l’arrivée du prêtre norvégien.
ailleurs, Gronlandia antiqua, p. 242, sous la date de l'an 1000: « Gronlandia Leifo Eirici Rufi filio ad christianam fidem con- «Versa est. » Ce passage n’affirme pas la conversion d'Erik, mais il permet de croire qu’elle ne se fit pas attendre.