‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle [microforme]Chapitre 3 sur 78 · CT RS DU · texte numérisé non relu

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par des observations astronomiques dont Strabon lui-même a reconnu l'exactitude '.

A Thulé, dit-il, le tropique d'été se confond avec le cercle arctique *, et le jour solsticial est de vingt-quatre heures. C’est aussi ce que disent , après Pomponius Mela ? et Pline *,

« Néanmoins, pour ce qui concerne la position géographique de ces lieux par rapport au ciel, il paraît raisonner assez conformément aux règles de l’Astronomie. » (Géographie de Strabon, liv. 1v, S vi, Imp. Imp. 1800, t. 1, pp. 83, 84.)

2 Géographie de Strabon, liv. nu, S nr, Imp. Imp., 1809, t. 1, pp. 313-314.

5 « In ea (Thule) quod sol longe occasurus exurgit, breves utique noctes sunt, sed per hyemem sicut alibi obscuræ, æstate lucidæ, quod per in tempus iam se altius euehens quanquam ipse non cernatur, vicino tamen splendore proxima illustrat : per solsticium vero nullæ, quod tum iam manifestior fulgorem modo, sed sui quoque partem maximam ostentat. » (JoacHim Vaprant HELVETI in Pomponia Mela commentaria; Paris, 1543, lib. 11, pp. 173, 174.) « On voit, » dit Kéralio, « que cet élégant écrivain suit le « récit de Pythéas mais qu’en peintre ambitieux il agrandit « son modèle, et place Thulé un peu au-delà du cercle po- « laire. » (Op. cit., 2° mémoire, p. 45.)

4u In Britanniâ..….. æstate lucidæ noctes haud dubiè repromittunt in quod cogit ratio credi, solsticii diébus acce-

Solin ‘, qui vivait un siècle et demi après eux, Dicuil*, qui prétend que toute la nuit comme en plein jour, un homme peut travailler et chercher ses Poux dans sa chemise, Horrebows ?, qui observa que de la mi-mai au mois de Septembre «on voit assez clair pour lire toute la nuit, » et que, dans la

dente sole propiüs verticem mundi, angustu lucis ambitu. subjecta terræ continuos dies habere senis mensibus,noctesque e diverso ad brumam remoto. Quod fieri in insulà Thule Pytheas Massiliensis scripsit, sex dierum navigatione in septentrionem a Britannià distante. » (Puine, lib. nr c. 75, S 77).

! « Multæ et aliæ circa Britanniam insulæ; e quibus Thule ultima. In quâ æstivo solsticio, sole de cancri sidere faciente transitum, nox pené nulla, brumali solsticio dies adèo conductus ut ortus junctus sit occasui. Ultra Thulen accepimus pigrum esse et concretum mare. (Juzrus Socinus PoLyKIsToR, cap. xxv, P. 302. Lugd. Batav., ap. Hieron. de Vogel, 1646).

? Dicuct Liber de mensura orbis terræ, C.-A. Walkenaer. Parisiis, ex typis Firmini Didot;, m.n.ccc.vrr, PP. 29, 30.

3 Horresows, Nouvelle description Physique-historique, civile et politique de l'Islande, avec des observations critiques sur l'histoire naturelle de celte isle, donnée par M. Anderson. Ouvrage traduit de l’allemand de M. Horrebows, qui y a été envoyé par le Roi de Danemark. Paris, Charpentier, 1764, t. 1, PP. 335-340.

| région du cap Nord le soleil reste sur l'horizon du [fe 12 juin au 1‘ juillet.

! D'après les calculs de Strabon, la terre ainsi décrite se trouverait sous le 66° degré de latitude boréale, à 46,200 stades de l’équateur. C’est précisément la position qu'Hipparque et les géographes

modernes donnent à l'Islande.

[:È De l’avis unanime des anciens, Pythéas est le on seul qui s’aventura si près du pôle et proclama l'habitabilité des régions arctiques. C’est d'après

| lui, selon toute apparence, qu'Aristote *? étendit le la zône habitable jusqu'au 67° degré « d’où l’on {1 voit toujours la couronne d'Ariane, où le jour solsul ticial d'été est de vingt-quatre heures ».

Sa description des étoiles du pôle est citée avec éloge par Hipparque, auteur du premier catalogue des étoiles fixes. Eratosthènes et Hipparque lui ont

1 Géographie de Strabon, Paris, Imp. Imp., t. 11, p. 84, n. 2. — BouGanvizce, Eclaircissements sur la vie et les voyages de Pythéas de Marseille, apud, Mémoires de F1 l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t.xix, p.150. — GosseLiN, Recherches sur la géographie systématique et [il 8 positive des anciens, Paris, Imp. de la Répub., an vi, t. 1, pp. 33, 34 et tabl. I de la p. 57.

2 Arisr., Meteorologica, lib. 1, cap. v, S 12.

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emprunté la plupart des déterminations de latitudes qu'ils ont données sur le nord de l'Europe , et cette partie de leurs travaux est beaucoup plus exacte que la partie correspondante des travaux de Strabon *. Ce grand géographe n'admettait pas l'habitabilité de la terre au-delà d'Ierné (l'Irlande), qu'il plaçait sans façon au nord de la Grande-Bretagne. Cette île est très-froide, disait-il, habitée par un petit peuple misérable et complètement sauvage ; On ne sait pas s’il y a des terres habitables au nord d'lerné ; en tout cas, la connaissance de ces contrées serait pour nous sans aucun avantage politique, scientifique ou commercial ;.

Cette étrange opinion était à peu d’exception près, celle de toute l'école d'Athènes, qui S'émer-

! BOUGAINVILLE, op. cit., PP: 147-150.

* En voici un exemple : Strabon reprend Hipparque d’avoir dit, sur la foy de Pythéas, que Bysance et Marseille sont à peu près sous la même latitude, parce qu'on y trouvait lemémerapport entre l'ombre et le gnomon. Après avoir rapporté l'opinion de plusieurs auteurs, il prétend que Bysance est plus au nord que Marseille (iv. 11, ch. v, So, trad. Tardieu, t. 1, pp. 187-189). On sait que, tout au contraire, Bysance est de 2° 1 3° 45” plus au sud que Marseille.

3 Géographie de Sirabon, liv. 1, Ch. v, S 8, trad. Tardieu, t. 1, pp. 188, 189 et passim.

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veillait, d’ailleurs avec raison, du voyage que Néarque avait fait du delta de l’Indus à l’Euphrate. Néarque avait navigué le long des côtes, sous la protection d'une armée victorieuse, et son trajet n’était que de 25,000 stades. Comment les Athéniens auraient-ils admis que Pythéas avait fait, quelques années plus tôt, dans les régions ténébreuses, un voyage de 186,000 stades ? En lui accordant qu'il connaissait la route de Marseille au promontoire Cantion, restait, d’après les calculs les plus modérés, 45,000 stades dans des parages inconnus; cette énorme distance dérangeait toutes leurs hypothèses cosmographiques et les déterminait à nier la réalité même de l’expédition.

Mais la brillante école d'Alexandrie, mieux à portée d'apprécier le mérite de Pythéas, profita largement des observations de l'illustre marin pour améliorer sa cartographie '. C'est l’honneur d’'Eratosthènes et d'Hipparque d’avoir fait profiter la science des précieuses découvertes du voyageur marseillais. L'avenir leur a donné raison contre les négations magistrales de Polybe et de Strabon.

! LELEWEL, op. cit., pp. 43, 44, 46.

Un fait nous semble n'avoir pas été suffisamment remarqué, c'est l'indication par Pythéas du voisinage de la mer de glace ou Cronienne '. Ce navigateur n'avait pu deviner que les glaces commençaient à un jour de navigation de Thulé.

S'il avait placé Thulé en Danemark ou en Norvège, il n'aurait pas vu les glaces du Sund à la distance d’un jour de navigation, mais à quelques encâblures de son navire. S'il avait cru Thulé aux Shetland ou même aux F eroë, l’intensité croissante du froid pouvait lui faire conjecturer l'existence d’une zône glaciale, mais il ne lui était pas possible de s'exprimer aussi affirmativement, surtout avec autant d’exactitude : ces deux archipels se trouvent à la fois trop au sud de Ja mer Cronienne et trop à l’est de la route des glaces.

Il n'a pas dû connaître la mer de glace proprement dite, mais il a pu voir le treibeis (glace flot: tante en fragments) qui apparaît sur la côte orientale de l'Islande ?, les ice-bergs qui flottent à l’ouest de la même île, les champs de glace qui

F Puis, lib. 1v, cap. 30, S 3.

2 M. Vivien DE S.-Marrin, l'Année géographique, année 1872, p. 300.

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