‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle [microforme]Chapitre 46 sur 78 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

FREYDISA.

Freydisa retourne en Vinland avec les frères Helge et Finnborge. — Ses fourberies. — Elle fait égorger les deux frères et leurs compagnons et tue de sa main cinq femmes. — Retour à

Eriksfjord. — Elle finit ses jours dans le mépris. — Antiquités et tombeaux de Fall-River.

partir pour la Norvége, l’un de ses anciens compagnons, Thorvard, revenait d’un second ÿ voyage au Vinland.

Pendant l’été de ro11, Helge de Finnborge, d'Œstfjord ou

d’Austfirdt, en Islande, étaient venus passer l'hiver en Groenland !.

Particula de Grænlandis, p. 65, — Rarn, Découverte de l'Amérique au 10e siècle, p. 14.

Freydisa, celle-même qui déploya tant de bravoure devant les Skrellings, conviui de faire le voyage du Vinland avec eux, à la condition d’avoir la moitié des bénéfices que donnerait l’entreprise. Leif ne voulut pas lui donner ses maisons du Vinland, mais il lui permit des’en servir. Pensait-il enavoir encore besoin ? Cela n’est pas probable. Riche, honoré, chanté par les scaldes, il croyait avoir droit au repos : si jadis il avait désiré des lauriers, c'était non-seulement pour dormir son dernier sommeil à leur ombrage, mais aussi et surtout pour jouir de leur parfum.

La convention faite entre les frères et Freydisa portait que chacune des parties contractantes pourrait avoir trente hommes d'armes. Freydisa, qui prévoyait une lutte, voulut s'assurer la supériorité du nombre. Dans ce but, elle cacha cinq hommes dans son navire; quand elle les montra, ce fut pour avertir ses associés qu’elle était la plus forte.

Les deux frères, arrivés les premiers à Leifsbudir, déchargeaient leur cargaison quand la sœur de Leif arriva.

« Pourquoi, » leur dit-elle, « avez-vous déposé vos ba- « gages dans ces maisons ? — Parce que nouscroyons, » répondent-ils, « que c’est chose convenue entre nous. — « Point du tout; c’est à moi, non à vous, que Leif les a « prêtées. -- Tu l’emporteras facilement sur nous par la « subtilité, » lui dit Helge. Les frères reprirent leurs bagages et construisirent, à quelque distance de la mer, une maison où, dit le chroniqueur, ils « vécurent honnèêtement ».

Freydisa fit couper des arbres pour en charger son navire.

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