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th s'ils étaient venus des Feroë? Il y a donc lieu de supposer Rite que les Hommes de l’ouest venus par mer étaient des Ires | transplantés de bonne heure en Amérique et venus du pays des Hommes blancs, sur la côte sud-est de l’Islande, à Pa-
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tensité, on les aperçoit sur l'Océan, bien loin, pêchant et -prêchant sur des rivages inconnus.
Sur le parallèle de l’Islande, le canal Atlantique est d’ailleurs très-resserré. De cette île en Amérique, le navigateur th if est porté par les vents du nord-est, et le Gulf Stream le ra- 4 1h mène de l’Amérique en Irlande. L'histoire a conservé le souvenir de plus d’une traversée accidentelle. Faudrait-il donc s'étonner que les Irlandais se fussent établis en Amé-
I, il pyli et dans la petite île Papart.
1 dE Ils entrent dans l’histoire, pour ainsi dire, en barque et il ni la croix à la main. Quand les ténèbres perdent de leur in- # k
{ ÿ ‘ Humsozpr, Cosmos, t. 11, pp. 286-288.
rique après y avoir été portés par les hasards de la navigation.
Les Gallois avaient le caractère audacieux des Irlandais, leurs frères et voisins. Moins bien partagés qu'eux sous le rapport du climat, ils étaient peut-être plus disposés à l'émigration. L'histoire ne dit rien cependant de leurs excursions. Madoc ap Owen a seul obtenu l'honneur de quelques lignes.
L'an 1170, après la mort d'Owen Guineth, les fils de ce chef, dit la légende, se disputèrent, les armes à la main, sa petite principauté. Madoc, l’un d’eux, fatigué des discordes civiles et d’une guerre fratricide, équipa quelques navires et partit à la découverte de terres nouvelles. Il laissa l'Hibernie derrière lui et parvint à des contrées précédemment inconnues, « où il vit beaucoup de choses admircbles ».
I y laissa cent vingt hommes, et, revenant dans sa patrie, il raconta que les terres inhabitées qu'il avait découvertes étaient agréables et fécondes, prêtes à recevoir ceux qui souhaïteraient d'échapper aux horreurs de la guerre civile. Quand il eut persuadé beaucoup de monde, il équipa dix navires, les approvisionna de tout ce qui était nécessaire à l'établissement d’une colonie, embarqua un grand nombre d'hommes et de femmes qui s’affligeaient des malheurs du pays Gallois et dit adieu à sa patrie. « Là, » observe M. d’Avezac, « s'arrête la vieille légende, et quelques vers gallois « du quinzième siècle ont seuls tardivement consacré le sou- « venir de l’entreprise de Madoc ap Owen ! ».
! Davin PoweLLus, Historia Cambriæ, Londres, 1854, in-4°, cité par M. Gaffarel. — M. D'Avezac, op. cit.,f, 1. — M. BRaS-
Deux points de ce trop court récit méritent une attention particulière.
Le premier, c'est le départ de Madoc à la découverte de terres nouvelles, e patria profectus ut novas terras investigaret. Un homme de bon jugement ne pouvait se lancer en plein Atlantique, au hasard des vents et des courants, sans savoir s’il avait chance de trouver terre. Il semble naturel de penser que Madoc n'ignorait pas les navigations normandes et irlandaises; on peut même admettre, sans trop de peine, qu’il fut instruit par des marins gallois.
Le second point à considérer, c’est son retour, qui dénote un esprit pratique, une face du caractère écossais.
Sans tirer aucune conséquence des analogies, très-contestées, des langages écossais et irlandais avec celui de plusieurs tribus indigènes de l’ Amérique, on peut déduire la véracité du récit de sa forme, de ses détails et de la date de sa rédaction par Meredith. On fera bien, en tout cas, de ne pas le rejeter et de s’en tenir à cette sage observation de Humboldt, répétée par MM. Brasseur de Bourbourg et Gaffarel : « Il est très à souhaiter que de nos jours, où s'exerce une « critique sévère sans être pour cela dédaigneuse, les an- « ciennes recherches de Powel et de Richard Hakluyt puis- « sent être reprises surle sol mêmede l’Angleterre et de l’Ir-
SEUR DE BourBOURG, Popol Vuh, Le Livre Sacré et les mythes de l'Antiquité américaine. — Dissertation sur les Mythes de l'Antiquité américaine; Paris, Bertrand, 1871, p. Lx. — Nouvelle Biographie générale, au mot Madoc. — Hakluyt, The principal navigations, voiages, traffiques and discoveries of the English Nation, etc. London, George Bishop, 1600, t. n1, p. 4.
lande. Est-il vrai que le voyage aventureux de Madoc fut célébré, quinze ans avant la découverte de Colomb, dans le poème du barde gallois Mereditho ? Je ne partage pas l'esprit exclusif qui a trop souvent jeté dans l'oubli les traditions populaires; j'ai, au contraire, l’intime conviction qu'avec un peu plus d'application et de persévérance on parviendra un jour, par la découverte de faits restés jusqu'ici entièrement inconnus, à résoudre une foule de problèmes qui se rapportent, soit aux voyages maritimes accomplis dès les premiers siècles du moyen-âge, soit à la ressen:blance merveilleuse qu'offrent les traditions religieuses, les divisions du temps et les œuvres de l’art dans l'Amérique et dans l'Asie orientale, aux migrations des peuplades mexicaines et à ces centres primitifs de civilisation qui brillèrent à Aztlan, à Quivira et dans la Louisiane supérieure, ainsi que sur les plateaux de Cundinamarcça et du Pérou ! ».
1 Humsoupr, Cosmos, t. 11, pp. 548, 540.
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