‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle [microforme]Chapitre 62 sur 78 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

L'Amérique et le Groenland paient la dîime et le denier de Saint-Pierre.

E qu'on vient de lire sur le baptistère de Newport et le culte de la Croix chez les Gaspésiens prouve que les prêtres normands ont longtemps

habité l'Amérique avant l’arrivée de Colomb

aux Antilles. Un fait certain, attesté par des pièces authentiques, c’est la prédication des Croisades dans cette partie du monde.

En 1261, l'évêque Olaf fut chargé, par la cour de Norvége, de préparer la réunion à la couronne desétablissements scandinaves d'outre-mer. Il profita de sa mission pour parler des Croisades et de l'intérêt qu'avait l'Eglise à La délivrance du tombeau de Jésus :.

‘ M. P. Rianr, Expéditions et pèlerinages des Scandinaves en Terre Sainte au temps des Croisades. Paris, 1865, in-8° p. 364.

CRE 2 cédant ge ESS Ci 5e TP. d

Quinze ans plus tard, sur ses indications sans doute, le Saint-Siége résolut une demande de subsides à ces lointaines contrées. Par lettre datée de Viterbe, le 4 décembre 1276, Jean XX ou XXI autorisa l'archevêque Jon, à cause de la longueur du chemin, à ne pas faire en personne le voyage du Groenland.

En 1279, Jon profita d’un vaisse: u qui partait à destination de l’Amérique pour envoyer « une sage et discrète personne » recueillir en son nom les dîmes et le produit des commutations de vœux, tant dans l'évêché de Gardar que dans les îles et terres voisines. Par lettre datée de Rome, le 31 janvier 1279, NicolasITI confirma les pleins pouvoirs donnés par l'archevêque au collecteur anonyme :.

Trois ans après, cette sage et discrète personne revint en Norvége avec un chargement de dents de morse, de fanons de baleine et de pelleterie. Les colons américains n'étaient pas riches, et s’ils avaient quelques pièces d’or ou d'argent, ils les trouvaient trop précieuses pour s’en défaire.

L’archevêque, très-embarrassé de ses marchandises, demanda conseil à Rome. Martin IV lui répondit, par lettre du 4 mars 1282, que le meilleur était de vendre.

En 1307, les dîimes du Vinland figuraient encore dans le produit des collectes.

En 1309, après le concile de Vienne, une levée de subsides fut publiée et l’évêque de Gardar, Arnius, se rendit à sa résidence, en 1315 ?, pour l'organiser. Les colons amé-

" M. P. RianT, op. cit., p. 365.

2 Ta. Torræus, Historia Gronlandia, p. 251.

Page 1