‹ Decouverte de la vieChapitre 1 sur 12 · DÉDICACE · texte numérisé non relu

DÉDICACE

Mère,

Je vous dois la Découverte de la Vie. Vous avez été pour moi la plus précieuse des Mères. Vous m'avez laissé libre de me développer selon mon tempérament et mes goûts. Certes, vous n'avez pas envisagé sans tristesse la douleur que je me réservais à vouloir penser par moi-même dans une société indifférente. Vous saviez quelles déceptions attendent celui qui comprend son métier d'écrivain noblement ; mais vous n'avez pas voulu m.'imposer une déception plus cruelle : celle de ne pas découvrir la vie pour ne pas l'avoir cherchée au milieu de la douleur causée par la volonté même de la découvrir.

Pourtant, je considère ma douleur comme peu de chose auprès de la vôtre. Mon œuvre n'est pas mon œuvre. J'ai puisé dans -vos conseils l'amour des belles choses, de l'art, de la nature ; j'y ai puisé le sentiment de la justice. Cette œuvre est à vous. Je vous la rends, parce qu'elle vous appartient, parce qu'elle est la dette que j'ai contractée depuis longtemps envers vous, pour tous les sacrifices que vou^ vous êtes imposes»

Ce qu'il y a de bon dans ce livre, je vous prie de le considérer comme vôtre ; c*est ce qui vous appartient. Vousmême m'apprendrez ce qui est indigne de votre amour ; vous m*ohligerez une fois encore à implorer votre indulgence ; vous corrigerez ce qui n'appartient qu'à moi ; votes continuerez ainsi cet enseignement d'art et de beauté auquel je dois la Découverte de la Vie.

Votre fils affectueux et reconnaissant,

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