UNE FÊTE
Famille de l'église Saint-Patrice, des élèves de l'Ecole normale Taval, du Collège de Lévis, des élèves du Petit-Séminaire de Québec avec leur brillante fanfare, des marguilliers de l’église Saint- Patrice, des congréganistes de la Haute-Ville, de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, des membres de l’Union Saint-Joseph de cette ville, accompagnés de plusieurs délégués des différentes paroïsses voisines et des forestiers catholiques. Puis venaient une délégation de la Société française de bienfaisance, les syndics de l’église Saint-Patrice, M. le consul d’Espagne, M. le consul de la République Argentine, les membres du Conseil de Ville, les honorables MM. Garneau et Ross, membres du gouvernement de la Province, six représentants des zouaves pontificaux de Québec, une députation des descendants de la tribu des Hurons de Lorette et deux Montagnais du lac Saint-Jean, portant les cercueils qui contenaïent les restes des trois apôtres de la foi. Le R. P. Hamel, provincial, le R. P. Désy, supérieur de la résidence de Québec, le R. P. Drummond, recteur du Collège Sainte- Marie de Montréal, le P. Turgeon, ancien recteur, et le P. Martineau, marchaient À la suite. On voyait après eux la belle fanfare de la Batterie B, une délégation des forestiers des cours Laval, Frontenac et Saint-Sauveur, la Société Saïint-Jean- Baptiste de Québec, ayant à sa tête son président général et les autres officiers.
nn,
élèves de Lévis, des avec leur lise Saint- - Ville, de mbres de ompagnés isses voivenaient e bienfaiice, M. le épublique Ville, les nbres du tants des ation des Lorette portant les trois incial, le Québec, Sainterecteur, ite. On terie B, Laval, nt-Jeanrésident
TR LS D ni A pet à ZAR , RELIGIEUSE ET NATIONALE 19
PT PT aime tenants tannrinseneban ons ne
Le premier arrêt eut lieu à l’église des Jésuites. Là, les Hurons déposèrent les cercueils sur un catafalque érigé dans le sanctuaire : les zouaves servirent de garde d'honneur auprès du catafalque, et l’absoute fut faite par Sa Grandeur Mgr Fabre, archevêque de Montréal, assisté des RR, PP. Hamel et Désy.
A la Basilique— Panégyrique prononcé par Mgr B. Paquet
La cérémonie terminée à la Chapelle des Jésuites, le cortège se remit en marche, pour s'arrêter à la basilique. Les décorations de la vieille église offraient un coup d'œil magnifique. Dans le chœur, des banderoles aux couleurs violettes, partant de la voûte, recouvraient de leurs plis gracieux le catafalque où les sauvages avaient déposé les deux cereueils. La chaire, le banc d'œuvre et les fenêtres disparaissaient à demi sous les tentures violettes. Nos Seigneurs les Archevèques et Évêques de la province de Québec, les Pères de la Compagnie de Jésus et un grand nombre d’ecclésiastiques occupaient des sièges dans le chœur. Son Honneur le lieutenant-gouverneur assistait dans son banc, avec son secrétaire privé. Les honorables MM. Garneau et Ross avaient des fauteuils dans le bas du chœur. Tous les corps publics se placèrent dans les bancs de la nef, et le reste du cortège funèbre, avec une foule innombrable
29 A LA DASILIQUE
de citoyens, remplissait toutes les autres parties de la vaste église. Mgr B. Pâquet, recteur de l'Université-Laval, monta alors en chaire et prononça l'éloge funèbre des missionnaires jésuites. Ce discours, admirablement écrit et tout vibrant d’inspiration, produisit une très vive impression sur l'auditoire. Voici ce magnifique discours :
Quam speciosi pedes evangelisantium pacem, evangelisantium bona !
Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent le salut !
(LPiT. AUX ROM, X, 15) Messeigneurs, mes Frères, !
L’Apôtre des nations, dans son épître aux Romains, réduit le devoir de la religion à deux choses : croire de cœur, confesser de bouche et par nos actions.
Après avoir loué la puissance de la prière faite avec foi, espérance et amour, et l’avoir montrée comme indispensable pour obtenir la grâce, sans laquelle nous ne pouvons rien, il ajoute :
‘“ Puisqu’il faut prier avec foi et qu’il faut croire ‘“ avant que de prier, comment invoqueront-ils (les “ infidèles) celui en qui ils ne croient pas ? Et “ comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas
1—$Son Eniluence le Cardinal Taschereau devait présider cette céréiouie, mais une indisposition l’en empêcha.
parties eur de "ononça es Ce t d’ins- [on sur
relisantium na !
ds de ceux le ceux qui
omains, y : Croire
ons.
re faite montrée e, Sans
at croire ils (les pas ? Et ront pas
présider ha.
“entendu parler ? Et comment en entendront-ils ‘ parler, s'ils n’ont pas de prédicateurs qui le leur ‘“ annoncent ?
‘ Mais comment les prédicateurs le leur annonce- ‘ ront-ils (c’est toujours S. Paul qui parle), s'ils ne “ sont envoyés par celui qui est l’auteur et le maître “ de l'Evangile ? En effet, Jésus-Christ à envoyé ‘“ ses apôtres par toute la terre, selon qu’il avait été “ prédit par ces paroles d’Isaïe : Qu'ils sont beaux “ les pieds de ceux qui annoncent le salut ! ”
Avant de monter au ciel, Jésus-Christ a envoyé aux différentes nations du globe ses apôtres par excellence, ceux qu’il avait lui-même formés à la prédication de l'Evangile. Ceux-ci à leur tour et leurs successeurs, eten particulier le Pontife Romain Son Vicaire ici-bas, le gardien de ses enseignements, n’ont pas cessé d’envoyer des prédicateurs, des apôtres à toutes les nations, à tous les peuples, à toutes les tribus de la terre.
Le commandement donné par le maître et l’auteur de l'Evangile : Æuntes docete omnes gentes, a été fidèlement exécuté et continuera de l’être jusqu’à la fin des temps.
Non seulement les évêques, mais tous les prédicateurs de l'Evangile, même au milieu des peuples chrétiens, sont des envoyés de Dieu ; ils ne peuvent prêcher sa parole qu’en vertu de leur mission ; tous,
par conséquent, dans un sens, sont apôtres. Mais ceux-là méritent surtout ce titre qui sont envoyés aux nations infidèles. C’est à eux que s’appliquent spécialement les paroies du prophète Ïsaïe reproduites par $. Paul : “ Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui apportent la bonne nouvelle de la paix et des vrais biens que Jésus-Christ a procurés à tous les hommes ! ”
C’est pour obéir aux prescriptions de notre mère la sainte Eglise que la cérémonie présente paraît plus un deuil qu’une réjouissance. Tant que l’Eglise ma pas déclaré qu'un serviteur .de Dieu cest en posession de la gloire du ciel, nous ne pouvons pas lui rendre un culte public, bien que nous soyons convaincus de sa sainteté et que, privément, nous puissions l’invoquer.
Vous vous rappelez, mes Frères, quelle joie ce fut pour Québec lorsque, en 1878, les restes du fondateur de l'Eglise du Canada apparurent de nouveau à la lumière du jour et furent portés triomphalement dans les rues de notre cité. Eh bien, nous avons actuellement devant nous lès ossements de trois religieux de l’illustre Compagnie de Jésus qui ont été contemporains du Vénérable François de Montmorency-Laval. Comme lui, ils furent des apôtres et des fondateurs dela religion sur le sol du Canada. Grâce au patriotisme et à la générosité du gouvernenent de la province de Québec, leurs noms sont
es. Mais ; envoyés ppliquent ïe repros pieds de la paix et à tous les
otre mère te paraît 1e l'Eglise u cst en AvOns pas 18 Soyons ent, nous
oie ce fut fondateur veau à la halement us avons de trois qui ont de Monts apôtres | Canada.
"ouverneoms sont
gravés sur le marbre, et un superbe monument a été élevé en leur honneur dans l’église des Dames Ursulines. Sur ce monument nous lisons les paroles suivantes, abrégé de leur vie apostolique :
‘ [ei reposent dans le Christ trois membres de la Cempagnie de Jésus, dévoués champions de la foi catholique.
‘ L'un, Jean de Quen, né à Amiens, explora le premier la région du lac St-Jean, se fit pendant vingt-cinq ans l’apôtre des Algonquins, puis périt à Québec, l'an 1659, à l’âge de cinquante-neuf ans. victime de son dévouement aux pestiférés,
‘ L'autre, François du Peron, français et prôtre, consacra vingt-sept années de sa vie À évangéliser les Hurons. Il mourut au fort St-Louis, sur la rivière Richelieu, en 1665, hetreux d'aller jouir au ciel de la récompense de ses fatigues.
‘“ Le troisième, Jean Liégeois, originaire de la Champagne et frère coadjuteur, aida pendant dixneuf ans les Pères de son zèle intelligent et de ses travaux. Il était à Sillery, protégeant et encourageaut les nouveaux convertis, quand, le 29 mai 1655, il tomba mort sous les coups des Iroquois, qui lui transpercèrent le cœur, lui enlevèrent la chevelure et luitranchèrent la tête. Il était Agé de cinquantequatre «ns.
Lu re'ation de 1655 fait l'éloge Au Frère Liégeois
dans un style qui rappelle celui du martyrologe romain : “ Ce bon religieux, dit-elle, était homme de cœur tout plein d’amour pour les pauvres sauvages. La charité qu’il leur portait lui a causé une mort passagère pour lui donner une vice éternelle.”
Je crois entrer dans l’esprit de cette cérémonie en me renfermant dans les paroles de mon texte : “Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent lesalut !?”? #%er, vou : montrant brièvement que devant Dieu, devant l'Eglise et devant la société civile, le missionnaire est grand.
Devant Dieu le missionnañe est grand.
Mais, me direz-vous, peut-il y avoir atelque chose de beau, quelque chose de grand devant Dieu ? N'est-il pas lui-même toute beauté et toute grandeur ? Que sont devant Dieu les actions que les hommes appellent éclatantes, les exploits des grands capitaines et des conquérants ? Que sont les découvertes des savants et les productions des hommes de génie ? Tout cela peut-il exciter la louange et l’admiration de Dieu, attirer ses récompenses ? Nullement.
Mais que la charité se trouve dans un cœur.
qu’elle porte l’homme le plus petit, le plus ignora::, à donner un verre d’eau froide à son frère, et tout üe suite Dieu l'aime, fait son éloge ct lui réserve une