LE MONUMENT
“ La fête d'hier est une des plus belles que nous ayons eues à Québec. Elle comptera parmi les grandes journées d’allégresse publique, auxquelles notre population se porte avec tant d’enthousiasme. Elle témoignera aussi que les Canadiens ont la mémoire du cœur ; car la démonstration d'hier était une démonstration de reconnaissance, Notre ‘ peuple manifestait, d’une manière éclatante, sa “ gratitude pour les apôtres de la Compagnie de ‘ Jésus, qui ont été sur nos rivages les pionniers de “ la civilisation et de l'Evangile. ”
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“Les organisateurs de cette belle fête voudront ‘ bien accepter nos plus cordiales félicitations. ”
Jean Liégeois, Frère coadjuteur
Nous croyons intéresser nos lecteurs en donnant une courte notice biographique de chacun des trois religieux, qui sont l’objet de cette fête À la fois religieuse et nationale.
Le Frère Jean Liégeois arriva à Québec en compagnie du P. Charles Lallemant, alors supérieur des missions du Canada, et fut envoyé aussitôt à la résidence de N.-D. des Anges, à Sillery, pour y remplir les fonctions de procureur. Ilse fit remarquer, dès les premiers jours, par une activité, un dévouement et une charité sans bornes. On le voyait tantôt se livrer aux rudes travaux des champs, tantôt diriger la construction des pauvres demeures que les Pères faisaient élever sur différents points de la colonie, soit pour eux-mêmes, soit pour les sauvages. Mais lorsqu'il s'agissait de secourir les malades ou les infirmes, son zèle ne reculait devant aucune
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fatigue et aucun danger. C'était un excellent ouvrier maçon et charpentier. Aussi les Peres de la mission lui confièrent-ils les différents travaux de construction exécutés en ce temps-là. C’est ainsi qu’un violent incendie ayant détruit, à Québec, la chapelle et la résidence de N.-D. de Recvouvrance, le F, Liégeois les rebâtit. Il se rendit ensuite aux Trois-Rivières, et y construisit une résidence pour les Pères et une chapelle pour les nouveaux chrétiens de cette région. A Sillery, le bon Frère dirigea les travaux des sauvages pour la construction d’un fort qui devait les mettre à l’abri des attaques de leurs ennemis. Les supérieurs, pleins de confiance dans sa prudence et son courage, l’envoyèrent deux fois en France pour les affaires de la mission. Il résidait au fort de Sillery, quand il cucillit la précieuse palme
‘du martyre, le 29 mai 1655. Les [roquois, furieux
contre les Algonquins et les Hurons convertis au christianisme et réfugiés dans le village de Sillery, rôdaient autour pour les surprendre et les attaquer. ‘ Te bon frère ”, nous dit le P. François Le Mercier, dans une lettre datée de Québec du 13 octcbre 1655, ‘ entendant de loin tirer quelques coups d’arquebuse, “ et sachant que les sauvages chrétiens étaient dans “leurs champs et qu’ils pouvaient être surpris par ‘ leurs ennemis, entra dans la forêt, pour découvrir si ‘ ceux-ci n’y étaient pas en embuscade. Ils y étaient ‘ en effet ; et, avant qu’il les eût découverts, ils le “ transpercèrent d’un coup d’arquebuec et lui coupè-
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