FRÈRE COADJUTEUR
‘ rent la tète, qu’ils luissèrent, après lui avoir enlevé
“la chevelure. Ce bon religieux était un homme
“de cœur, tout plein d’amour pour les pauvres “ sauvages. La charité qu’il leur portait lui a causé ‘une mort passagère, pour lui donner une Vie ‘éternelle. ”
Cal
Le fait suivant, rapporté par le Père Paul Le Jeune, peint admirablement la charité de ce glorieux martyr :
“ Le seize de janvier 1640, ayant appris qu’une pauvre vieille femme étant partie de la résidence de St-Joseph, pour aller aux Trois-Rivières, était demeurée malade en chemin avec deux enfants incapables de la secourir, nous envoyÂmes deux sauvages pour l’amener à l'Hôpital ; comme ils n'avaient pas de traîne, ils amenèrent les deux enfants, et laissèrent la malade toute seule au milieu des bois. Nous tançimes fort ces deux messagers, et leur dîmes qu’il fallait retourner quérir cette pauvre créature ; l’un deux, qui n’était pas encore chrétien, entendant parler de retourner, s’esquiva au plus tôt ; celui qui était baptisé rebroussa chemin avec un de nos Pères et notre frère Jean Liégeois. A:rivés où était la malade, ils la trouvèrent en un trou fait dans l& neige, couchée sur quelques bran. ches de pin sans autre abri que le ciel ; elle n’avait pas d’écorce pour se défendre de l’injure de l'air, 11 fallut coucher en cette même hôtellerie où on ne