Découverte du portrait de P. Corneille, peint
Cet écrit n'était d'abord qu'une simple communication à l'Académie de Rouen ; quelques amis , bien imprudents peut-être , ont pensé que le grand homme qui en était l'objet, réclamait une publicité plus étendue.
J'ai cru ne rien devoir changer à la forme primitive de mon travail , je crains seulement qu'il n'offre pas le même intérêt qu'à la lecture. Je ne puis , comme je l'ai fait alors, présenter pour justification les portraits peints par Lebrun, Jouvenet et Sicre. Il m'est impossible de mettre aux mains de mes lecteurs toutes les gravures que j'ai fait circuler dans le sein de l'Académie.
Pour y suppléer de mon mieux , j'ai fait graver avec soin d'après Lebrun, et j'offre des traits exacts des portraits de Sicre , de Jouvenet et de la gravure de Vallet. Cela suffira je pense, pour me rendre intelligible. Quant aux citations, je ne
parle d'aucun objet que je ne l'aie vu, examiné, comparé. J'aurais probablement cité davantage , si j'avais été à môme de consulter la riche collection de M. de Bure. Je pense cependant que ce qui m'est tombé dans les mains , est assez complet pour le but que je désirais atteindre.
J'ajouterai que si je heurte dans mes appréciations quelques idées admises généralement, je ne prétends point rendre des jugements sans appel. Je demande seulement qu'on fournisse ses preuves comme je produis les miennes. Je dois aussi prévenir MM. les Artistes que si je m'exprime en toute liberté sur les ressemblances de P. Corneille que j'étais, je pense, à même d'apprécier, je n'ai nullement prétendu m'établir juge du mérite de leurs ouvrages. Ce rôle me conviendrait moins qu'à qui que ce soit. Mes remarques et mes critiques ne doivent pas s'étendre au-delà de la figure , autrement je supporterais qu'on me dise:
Ne sutor ultra crepir/am.
ACADÉMIE UOYALE