‹ Découverte du portrait E.P. Corneille feuitChapitre 4 sur 4 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

La bibliothèque historique, publiée en 1775 par Lelonget Fontette, dit, à l'artide Corneille, quHi a été peint par Lebrun et par Sîcre. Quant à Thomas, eUe cite ks portraits de Mignard et de Jouvenet. Je pense qu'elle était parfntementtenseigRée. Il n'existe pas d'autres portraits originaux de ces deux hommes célèbres.

Dans le cours des recherches auxquelles je me suis livré , j'ai partout rencontré sympathie et bienveillance ; j'ai abondamment profité des richesses que renferme la Bibliothèque de Rouen, et je dois beaucoup au concours éclairé de mes excellents confrères MM. Floqnet et Ballin. Je dois cependant mentionner particulièrement l'accueil que j'ai reçu de Messieurs du Théâtre-Français , qui m'ont mis à même de consulter^ avec la plus grande liberté, et leurs archives et leur charmante collection. Je dois à l'obligeance de M. Régnier, sociétaire , quelques lettres relatives à l'objet qui m'occupe ; on ne sera peut-être pas fâché de les trouver ici.

M. Mole à M. Caffîeri, 1777.

« La Comédie, après avoir admiré votre ouvrage du buste de Pierre Corneille que vous avez placé dans notre foyer , n'a rien de plus pressé que de vous témoigner ses sincères remerciements du cadeau précieux que vous lui avez fait du portrait peint du même grand homme. Elle est désespérée de ce que, dans mille occasions, des raisons de prudence insurmontables Tempèchent de se livrer à tous les mouvement» d'une reconnaissance fondée, telle que celle qu'elle devrait à un homme d'un talent aussi distingué que le vôtre. Mais au moins elle vous prie de compter et sur son admiration pour le vôtre , et sur l'em* pressement qu'elle mettra dans toutes les occasions à voas prouver des sentiments d'attachement et d'estime. Je suis enchanté pour mon compte de celle qui me procure la satisfaction de vous assurer de tous les sentiments particuliers d'estime et de reconnaissance avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

(( Le Semainier. »

Dans une lettre du 2 novembre 1778, Caffiéri dit que M. le comte. d'Angeviller le chargea de l'exécution de la statue de Pierre Corneille , en marbre , pour le roi. Il demande le buste où il avait réussi, pour reproduire la tète.

Il demande aussi le portrait peint de Thomas, un particulier désirant avoir son portrait pour faire pendant de Corneille. En réponse à cette lettre , le semainier de la Comédie répondit :

tt Elle voudrait pouvoir vous témoigner sa

gratitude, en vous communiquant le portrait de Thomas Corneille dont vous avez besoin. Mais elle ne peut ni ne doit vous tromper, et vous exposer à des reproches en vous laissant transmettre à la postérité un ouvrage qui serait précieux sans doutQ par son travail , mais qui manquerait de ce qui intéresse le plus dans un portrait, la vérité. Le portrait qu'elle possède de Thomas Corneille, ainsi que celui de son frère, qu'elle vous a prêté et dont vous n'avez pu faire usage , sont faux tous les deux : elle a été trompée à cet égard. Ils lui ont coûté fort cher, mais on ne doit pas vous en imposer. M. Bouret a dit à la dernière assemblée qu'il avait eu Thonneur de vous informer de ces détails, et de vous assurer «

que voas étiez le maître de faire emporter le buste que vous avez fait de Pierre Corneille , pour en faire une copie, la Comédie n'ayant rien , Monsieur , à refuser à une personne comme vous^ dont elle estime la personne et les talents. »

Lettre de Caffiéri , 16 mars 1778.

« Messieurs et Mesdames ,

« Lorsque je vous ai emprunté les portraits de Pierre et de Thomas Corneille, j'étais persuadé qu'ils ne leur ressemblaient nullement. Mon intention a toujours été de les remplacer par deux autres plus vrais et plus ^fidèles. Je vous ai donné une copie de Pierre Corneille , faite d'après Ch. Lebrun. Depuis , j'ai profité de la bonne volonté de madame la comtesse de Bouviile, qui m'a confié le portrait original de Thomas Corneille , peint par Jouvenet , pour en faire une copie. Je vous prie , Messieurs et Dames , de vouloir bien l'accepter comme une preuve de mon attachement et de l'intérêt que je prends à votre collection des grands poètes.

« J'ai eu l'iionneur de vous proposer d'exécuter en marbre le portrait de J. de Rotrou, pour faire pendant à Pierre CorneiHe, aux mêmes conditions auxquelles j'û fait Pierre Corneille , pour l'entrée d'un ami que je veux obliger. J'ose espérer que vous voudrez bien acquiescer à ma demande.

« J'ai l'honneur etc. »

Une lettre du même, du 22 novembre 1779, porte que , le 12 juillet de la même année, il a offert le portrait peint de Thomas, qui fut placé dans le foyer, et demande réponse à sa lettre pré-> cédente , dont les conditions n'étaient pas encore acceptées.

Lettre de Caffléri , 1782.

Messieurs et Mesdames ,

« J'ai l'honneur de vous proposer de faire les portraits en marbre de Thomas Corneille et de La Chaussée , pour un ami et son épouse, que je désire obliger. J'ose espérer que mon offre

TOUS sera agréable, et que vouf; voudrez bien lu'accorder ma demande.

ti P. S. Je vous observerai, Messieurs, que j'ai acquis le portrait de La Chaussée, peint par M. De Latour , qui est le seul qui existe.

« Pour celui de Thomas Corneille, je le ferai d'après Toriginal que possède madame la comtesse de Bouville , sa ptelite-fille. » '

« Caffiéri. 5 janvier 1783.»

M. Calliéri a Thonneur de vous observer qu'il a fait présent à la Comédie, en 1778 , de deux fidèles copies qu'il a fait faire à ses dépens, de Pierre Corneille, peint par Lebrun, et de Thomas Corneille , peint par Jouvenet , d'après lesdits originaux que possède madame la comtesse de Bouville.

Animé du même zèle d'enrichir la Comédie des portraits de ses illustres auteurs, il a donné , en 1779, à MM. les Comédiens du roi , les deux bustes en terre cuite de Philippe Quiuauli et de Jean Lafontaine.

M. Caifiéri rappelé qu'il vend ordinairement chacun de ses bustes en terre coite 25 louis. Il estimait ses bustes en marbre à 5,000 fr., sur lesquels il avait à payer 560 Cr. pour le «arbre et 600 fr. pour l'ouvrier.

' Caffléri pouvait cioire ((ue madame de Bouville était petite-fille de Thomas. Je dois ici réublir la vérité. Elle était de la famille Mathieu de Lamperière , père des deux femmes des Corneille. Son frère , Jean-LoiUs de Lamperière , chevalier , seigoeor de Montigny, conseiller au parlement de Paris , épousa , en 1717 , Marthe Richer d*Aube , dont il prit le nom , sous lequel il est plus connu. Fontenelle vécut 20 ans chez lui. Celui-ci étant mort, sa sœur, du nom de Jeanne-Suzanne de Lamperière de Montigiiy, conserva pour l'ami de son frère une tendresse filiale. C'est cette dame qui épousa , en 1743, à Portmort, M. Nicolas-Jubert de Bouville, mort maréchal-dc-camp.

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