Le Groenland selon Kinst.viann, n° ni
Nous voyons réapparaître cette péninsule, dans Ivunstmann n° III, encore innommée, mais d’origine identique et insérée avec la même intention, puisqu’elle porte un nom rappelant le déboire de Corte-Real : C. de mirante et le .rame.
Ivunstmann n° II, tient aussi à indiquer le lieu de cette mésaventure. Mais cette fois ce n’est plus une péninsule, mamelonnée ou autre, que choisit le cartographe. Il adopte une île, longue et étroite, parfaitement définie, placée au même endroit et portant d’ailleurs la dénomination essentielle, quoique scindée et mal écrite : da mirla , de farlla, à laquelle sont ajoutés deux noms nouveaux : Terra dauens ( Terra de ave s = la Terre des oiseaux?) et da sonleclo , qui est inintelligible.
Mais ce qui réclame l’attention, c’est la banderole afférente à cette délinéation. O11 y lit (pour la première fois sur une carte) Terra de lauorculor : la Terre du laboureur ou du manœuvre.
1 Rappelons que , selon le Dictionnaire de 1 Académie, atterrir , c est prendre terre ou débarquer. Atterrer, c’est arriver de la haute mer dans le voisinage d’une terre et la reconnaître .
C’est tout ce que fil Corte-Real au Groenland dans ses voyages.
2 Peut-être faut-il lire les mots tronqués da fonte do... — de la source de... ou do Santo do...
CARTOGRAPHIE DU LABRADOR
C'est évidemment du même prototype que s’est inspiré Iving, lequel n’a fait que latiniser la légende : Terra laboratoris.
TER. R. A LABO RATORI5
63. — Atterrage de C.-R. , selon Kunistmann, nu ii. 6j. — Atterrage de C.-R., selon Iving.
Quant à savoir si Ring a précédé Runstmann n° II, ou si c’est l'inverse, et d où leur est venue l’idée de modifier1 à ce point le caractère géographique du Groenland, on l’ignore.
Toujours est-il que les cartographes portugais ne tardèrent pas à revenir à la forme mamelonnée. Pedro Reinel nous en offre le plus ancien exemple connu. Elle ne cessera de figurer dans les caries du nouveau monde pendant bien des années :