‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 107 sur 258 · C. de gu a île (de aguada · texte numérisé non relu

C. de gu a île (de aguada

Comme on vient de le voir, la nomenclature labradorienne de Desliens est composée de noms presque tous portugais ou traduits de cette langue.

Nous retrouverons aussi beaucoup île désignations empruntées directement à ce langage parmi celles qui sont inscrites sur la côte des Etats-Unis, particulièrement au Nord de la partie dont la découverte est attribuée à Estevao Cornez.

C’est que dans le second quart du xvte siècle toute la région s’étendant du Labrador à la Floride a été à coup sûr fréquemment visitée par des navires portugais frétés pour des expéditions, les unes clandestines, les autres dûment autorisées, mais toutes à la recherche soit des produits précieux qu’on pensait

1 B. de Manuel Pinheiro. Riccard. Ce dernier fait suivre cette légende d'une autre : R. dos pinlieiros =: la rivière des pins. C’est le C. de Manuel Pinol de Cabot.

2 B. da serra. Rico. Velho et Doue. C’est la baya de syieras de Cabot — la baie des montagnes ?

3 B. dos samtos. Rico. Yellio et Doue. Baya de los santés. Cab.

4 Tera de vsos bramcos. Doue. (Sic peu ussos ou ursos brancos) — la terre des ours blancs. Ricc. Terra de rius pranus. Cabot.

s G. do pracel. Ricc. B. do pracell. Doue. = la baie sablonneuse.

6 G. de maluas. Ricc. et Cabot. — le golfe des mauves. I. de maluas. Doue.

7 R. de bramdào. Velho et Doue. — la rivière du brandon ou de la torche. G. de branda. Cabot.

SC. F rio. Ricc. — le cap froid.

9 R de caramello. Descel. — la rivière des glaçons. Yllas de carauillo. Meecatoe — les îles de la caravelle (?).

18 La pointe de la daine ou des daines.

11 Pour la partie correspondante on remarque sur nos cartes françaises, 1 île du grand Caribou,

I ile Bataille, le cap Saint-Charles et le cap de la Table. Sur nos cartes anglaises, Round island, Seal island, Spear point et le cap Charles.

y trouver, soit de marchés imaginaires : dernières illusions causées par les récits de Marco Polo. Mais ce qui surtout conduisit les marins dans la partie septentrionale de l’Amérique, fut l’espoir d’arriver par cette voie au Cathay.

D’ailleurs, dès le milieu du xvie siècle l’existence dans ces latitudes du passage à l’Ouest n’était plus une simple hypothèse, mais bien un article de foi. Plusieurs cartes dressées à cette époque par Sébastien Cabot marquaient l’entrée du fameux et imaginaire détroit « par Gi°-64° de latitude, lequel se continuait io° à 1 Ouest, d’où il s'inclinait en s’évasant de plus en plus vers le Sud1 ». C’est même ce tracé fantaisiste qui, selon Willes, décida Frobisher à tenter l’entreprise de 1076. Sébastien Cabot ne se vantait-il même pas de l’avoir traversé en partie? Le temps ne lit qu’accentuer cette conviction. Pour les Malouins et les Dicppois, ce fut d’abord par la voie du Saguenay qu’on pouvait trouver la route lluviale ou maritime conduisant à la Chine et au Japon. Pour les Portugais, à une époque plus récente, le détroit était plus au Nord. Ainsi Uakluyt rapporte qu’en 1 584 7 à Paris, Dom Antonio, le prétendant à la couronne de Portugal, lui montra une mappemonde où « le Passage à l’Ouest était clairement marqué par le de latitude2 ».

1 Ilumphrey Gilbert, Discourse of a Discouerie for a New Passage to Cataia ; tond., 1576 (écrit au plus tard eu t 566), in- 4°, l°niii: Richard

Willes, dans son édition de YIDslory of Trauayle, de Richard Edl.n ; Rond. 1377, in-4", l'° 2B2, décrivant la carte manuscrite de Séb. Cabot, qu’on conservait chez le duc de Bedford, dit : « the mouth of the Norlh- Western Strait lietli near the B18 meridian belween 61 and 64° in élévation ».

2 Uakluyt, Discourse concerning Westerne Planting ; Cambridge, in-8°, 1877, p. ii3. Il ajoute que Guillaume Postel emprunta à la carte même de Dom Antonio la forme pour la sienne propre. Qu’est-ce que cette mappemonde dressée par le célèbre visionnaire, nécessairement avant septembre 1 58 1 ?

LA CARTOGRAPHIE AMÉRICANO-D I EPPOISE

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