RAMUSIO
tioli, est le tracé du Labrador et de la Nouvelle-Écosse inséré dans le Ptolé-
mée de Girolamo Ruscelli, imprimé à Venise en i56i *, et que nous reproduirons plus loin, pour tenir lieu des deux.
Une pierre de touche pour cette catégorie de cartes, c’est l’île imaginaire (à moins que ce ne soit une des Feroe1 2) placée à l’extrémité orientale du Labrador et inscrite d’abord (par Desliens en i54i) sous le nom de « Yc des
dorberlande » et sur laquelle figure un cap de « lobos marinhos » (dans l’Harleyenne et les Desceliers), expression qui dénote son origine portugaise.
Quant à la nomenclature, on la retrouve dans ladite carte de Ruscelli, mais avec l’addition, comme dans Ramusio, du nom de Isola de Demoni donné à File la plus grande de cet archipel supposé.
C’est encore de cette source que proviennent les contours de Terre- Neuve dans la carte insérée par Ramusio3.
On a attaché beaucoup d’importance à cette carte, parce qu elle fut dressée par Gastaldi sur des renseignements que Frascator lui aurait communiqués. 11 est question, en effet, dans Ramusio de données géographiques qu’on envoyait « chaque jour » au célèbre médecin véronais, touchant les découvertes accomplies au nouveau monde, et que ce dernier lui transmettait. Ramusio ajoute même que parmi ces obligeants correspondants, ils se trouvait « d’excellents Français », qui lui avaient adressé de Paris des rapports et quatre délinéations de la Nouvelle-France, qu’il se proposait d’insérer dans le troisième volume de sa Raccolta .
loups marins », puis de « ysle
1 Infra, p. 253, n° 87.
- Ce ne peul être l’Islande, car celle-ci est déjà distinctement inscrite dans le Desceliers de i5/|6.
3 Terzo volume délie Navigationi et Viaggi. In Venelia nella Stamperia de Giunti. MDLVI, folio ; PP- 4 2 4-4 2 5 - Kohl, Discovery of Maine, pl. XI et
pp. 226-233: Jean et Séb. Cabot, n° 29, pp. 236-
4 « Fanno alcuui Eccellenti huomini Francesi, che da Parigi gli hanno mandato le relationi délia Nuoua Francia, con quattro disegni insieme, che saratino posti in questo volume à suoi luoghi »,
RAMUSIO ET MATTIOLI
Si la carte précitée est du nombre, il faut croire que Ramusio en possédait les éléments depuis au moins six années quand il écrivit ce que nous venons de citer, car on les retrouve dans la carte sur les Baccalaos, faite par Gastaldi pour le Ptolémée précité de i548. Quant à y voir avec Kohl des délinéations remontant à Jehan Denys et à Verrazano, et dépeignant la Nouvelle- France telle qu’on se la représentait avant les découvertes de Jacques Cartier, alors qu’on y voit tracé et nommé, non, il est vrai, à sa place, mais sous son premier nom ( Golfo cli Castelli = Baye des chasteaux) le détroit de Belle- Isle, c’est une opinion à laquelle nous ne saurions souscrire. La carte de Ramusio n’est évidemment qu’un dérivé d’une œuvre dieppoise du type de l’Harleyenne, mais manipulée par Gastaldi, sur les conseils, ce semble, de Frascator.
C’est incontestablement au type Gastaldi-Mattioli que Ruscelli de Venise mattioli . — uusa emprunté pour son Ptolémée de i5(5i 1 la carte de Terre-Neuve :
La nomenclature et l’ensemble des contours sont identiques, quoique ceux-ci soient à une échelle un peu plus grande.
1 Exposition et introduttioni universali de Girolamo Ruscelli. — Troisième partie de son Ptolémée.
I. III, édit, de 1 5 6 5 , dernier f. n. c. du Discorso en tète du volume. Ce discours est daté de Venise, le 20 juin 1 553.