Terre-Neuve et le Groenland selon Sylvano
complètement détachées du continent, sous la forme d’îles plus ou moins nombreuses.
Dès 1 5 1 1 , Sylvano d’Eboli, qui ne partageait pas les idées de Marcus Bene-
CARTES FRANCO-ITALIQUES
ventanus 1 , s’inspira certainement pour ses délinéations cortéréaliennes (. Regalis clomus et Terra laboratoris) d’une carte du type de King. 11 faut aussi croire que le géographe napolitain ignorait les progrès cartographiques des Portugais, que cependant Maggiolo à cette date insérait déjà dans son atlas à Naples même2.
Si une douzaine d’années après la publication de la mappemonde de Sylvano, les cartographes italiens changèrent Terre-Neuve de place, ce fut pour l’accoler au continent, non à l’instar des cartes de Roselli ou de la mappemonde de Ruysch, bien que celle-ci eût été gravée à Rome et publiée avec un certain éclat, mais en copiant pour cette région les œuvres lusitano- espagnoles.
Plus tard, l’influence des cartes dieppoises se fit sentir en Italie. D’abord d’une façon fort élémentaire, dans la mappemonde que Jacopo Gastaldi grava à Venise en i54G- On y voit Terre-Neuve sous forme d’un chapelet de dix ou douze petites îles, ne portant pour le tout qu’un nom : C. Ras , alors que sur le continent adjacent se trouvent : C. Hermoso , Gamas et C. de Spera , désignations essentiellement terre- neuviennes. Cette délinéation aussi fruste qu’erronée semble être la source où sont venus puiser, plus ou moins fidèlement, Julius de Musis pour Tramesini en i554, Zalteri en i56G 3, Forlani en 1570 sans parler de plusieurs autres géographes, graveurs et éditeurs italiens qui, avec plus ou moins de liberté, interprétèrent, copièrent et abrégèrent dans la seconde moitié du xvie siècle, cette configuration complètement inexacte.
Cependant, dès 1 54y-4^ 7 Gastaldi avait dressé à Venise pour le Ptolémée de Mattioli, une petite carte spéciale de la région des Baccalaos, encore très imparfaite, sans doute, mais indiquant un emprunt direct à quelque dérivé de Jehan Roze ou de Pierre Desceliers. De là, une série parallèle de cartes italiennes, de petit format, mais supérieures aux dérivés de la mappemonde de 1 546 de Gastaldi. La plus précise de ces cartes italiano-dieppoises, et en même temps celle qui reproduit le plus fidèlement la Terra Nveva de Mat-
1 Supra, p. 61.
2 Celte carie de Maggiolo (supra, n° 1 3 , p. 71) est datée de Naples, le 10 janvier 1 5 1 1 . Le colophou du Ptolémée de Sylvano (Napolitain de naissance) porte : Venetiis. MDXI, die XV mensis Martii.
3 II Disegno del discoperto délia nuua Franza. Venitijs œnis formis Zalterij. Anna M. D. LXVI.
* Universale descrittione di tvtti la terra conos-
ciuta fin qvi. Paulo Forlani Veronese fecit. Sans date, dédiée à Bartholami Zacco, Gentilhomo Padouano. La même avec un encadrement différent, et Claudij ducheti formis. Anno M. D. LXX. Dédiée au comte Daniel Banda.
Navigationi del mondo nouo ; d’après Nicolay d’Arfeville (« Nicollo del dolfinatlo »), gravée à Venise par Paulo di Forlani, et publiée par Gio- F. Camosio, MDLX. Celte carte a été plagiée par Berteli. s. a. ( circa 1 564).