I. — LA PÉNINSULE D’AVALON
Il reste à fixer l’époque et à décrire les cartes où Terre-Neuve fut enfin complètement représentée sous sa véritable forme. Non moins utile serait l’historique des tracés successifs de chaque important profil en particulier. Le géographe doit commencer par ces détails, puisque c’est à la suite des progrès accomplis dans la connaissance géodésique des caps et des péninsules dont la côte de Terre-Neuve est hérissée, ainsi que de ses baies profondes et de ses échancrures presque innombrables, qu’on arrive à établir une vue d’ensemble exacte des contours singuliers de cette île. Pour le présent, faute d’espace, nous limiterons notre étude à l’évolution cartographique des deux parties les plus remarquables : les péninsules d’Avalon et du Petit-Nord. Celles-ci en effet peuvent être considérées comme jointes à un parallélogramme qui est la figure de Terre-Neuve, abstraction faite de ces deux grandes presqu’îles.
De toutes les configurations géographiques du globe il n’y en a pas de plus extraordinairement irrégulière que la péninsule d’Avalon, qui constitue l’angle Sud-Est de Terre-Neuve; comme on le voit par notre cliché 9 5.
Rattachée à Pile par un isthme de 4 à 5 kilomètres de largeur seulement, elle se subdivise en quatre presqu’îles, elles-mêmes excessivement échancrées et couvertes de caps et de promontoires. Ayant en moyenne 90 kilomètres dans les deux sens, on s’explique la difficulté qu’eurent les premiers hydrographes à reconnaître le caractère réel de l’ensemble.
11 est vrai que Johannes Ruysch, dès i5o7, trace des contours qui, au premier abord, semblent répondre à la réalité*. Cependant si l’on considère
1 Supra , p. 58, n° 9.
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l’exploration difficile et minutieuse que de tels relevés eussent exigé, les moyens qu’on possédait à l’époque et le fait que les cartographes restèrent près d’un siècle avant de se rendre compte de ce bizarre assemblage, il ne faut voir dans la figure de Terre-Neuve qu expose la mappemonde du géo-
çj5, — Presqu’île d’Avalo.n.
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allemand, qu’une coïncidence fortuite, causée par la vue de nombaies, mais non relevées dans leur totalité et dans leurs rapports avec b le du littoral même de l’ile.