VOYAGES DE GASPAR CORTE-REAL
Nous devons à cette place donner un aperçu des voyages transatlantiques accomplis par Gaspar Corte-Real et décrire ce qu’en exposent les cartes contemporaines de ses découvertes.
Le hardi navigateur azoréen commanda trois expéditions au nouveau monde. La première, entreprise à la fin du xve siècle, ne fut pas couronnée de succès1. La seconde se place après le 12 mai ijoo et avant le 10 avril i5oi. Cette fois, il aurait découvert une terre nouvelle, mais sans pouvoir atterrir. Le premier qui en parle est Pietro Pasqualigo, ambassadeur de Venise en Portugal, dans une dépêche adressée à la Seigneurie le 18 octobre i5oi, et dans une lettre écrite à ses frères le lendemain. Rendant compte du troisième voyage de Corte-Real, il dit et répète que la contrée découverte au cours de cette dernière expédition est « adjacente à un autre pays trouvé au Nord l' année precedente, mais dont on ne put approcher, parce que la mer était congelée et couverte d’une telle quantité de neige qu’il y en avait des montagnes, comme sur terre2 ».
D’autre part, si l’on en croit Antonio Galvào et Damiào de Goes, l’atterrage au contraire se serait effectué, et par 5o° lat. Nord : « foy à quella clima
' « Por quamto Gaspar Corlcrrcall osdiaspasados se trabalhou per sy e a sua cusla coin nauyos e homes de buscar e dcscubrir e achareom muyto seu trabalho e despesa de sua fazemda e peryguo de sua pe soa algumas illias e terra firme... » Lettres patentes du 12 mai 1 5oo. De Bettencourt, Descobrimentos , guerras c conquistas dos Portuguezes... Lisbonne, 1881-82, in-/(°, pip. 137-141; Archiva dos Açores, t. III, n° XVII, p. 402; Les Corte-Real, p. 196.
2 « Credeno quesli di la caravella, la soprascritla terra esser terra ferma, et conjungersi
con altra terra, la quai l’anno passato solo la tramontana fu scoperla da Paître caravelle de quesla majestà, licct non polesseno arivar a quella, per esser el mar 11 agiazato con grandissima quantila di neve, in modo ch’è monli quai terra. » Sanuto, Diarii , t. IV, p. a5o. Dans la lettre de Pasqualigo à ses frères, on lit aussi : <c Una altra terra clic lanno passato fo discoperta sotto la tramontana, le quai caravelle non posseno ariuar afin la, per esser el Mare agliazato et infinita copia de neue. » Paesi nouamente retrouati , Vicentia, 1507, cap. cxxvi, verso de Aii.