‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 42 sur 258 · da sontedo. 5. de farlla. 7. Terra dauens (deaves · texte numérisé non relu

da sontedo. 5. de farlla. 7. Terra dauens (deaves

' Supra, chap. vin, p. 39, et chap. ix, p. 44- 2 Bibliot. royale de Munich ; Cod. iconogr. i33 signalée et décrite par J. -A. Schmelleiï ; Abhandlungen dev l.Cl.d. Ak. d.Wiss. Munich, 1844. IV, Bd. Abth. I, p. 2 5o. Cette carte est, selon nous,

la copie faite par un Italien d’une carte portugaise. Les légendes : « Questo lago e aqua dolce ; A baia de tutti santi », etc., le prouvent. Discoveryofthe continent ofNortli America, p. 426-28.

Mais on doit admettre que les pilotes revenus à Lisbonne en octobre i5oo, apportèrent des épures, lesquelles forcément contenaient des légendes et des noms. Ceux de Ring et de Ivuntsmann N° II peuvent donc provenir de cette source. Ajoutons que les deux désignations cia mirla et clc farlla ne sont qu’une lecture scindée de C. de mirante et lexamc : « Cap Regarde-moi et Evite-moi », désignation inspirée par la légende du Cantino contenant la phrase : nam chegaron a terra mais vironla et qu’explique le souvenir du danger que Corte-Real avait couru en ce lieu même : temendo de stare in quel loco per il loro présenté periculo \

D’autre part, la configuration, d’ailleurs complètement erronée, du Groenland, et l’inscription sur Terre-Neuve, Terra de Corte-Real dans ces deux cartes, démontrent une date postérieure à celle du Cantino, si I on tient compte de ce que dit Galvào. Selon cet historien, c’est pour honorer la mémoire des deux frères que « se nao chamarse esta terra dos Corte reaes ainda agora ». Mais ce ne put être qu’au retour en Portugal des deux navires qu’en i5o3, le roi Emmanuel, « dans un moment de royale miséricorde », envoya à la recherche des deux infortunés navigateurs. Il paraîtrait, d’après Damiâo de Goes, que jusque-là Terre-Neuve portait le nom que lui aurait donné Gaspar Corte-Real : Terra vercle , à cause de ses grands arbres1 2. Aucune carte connue ne la désigne ainsi. Et cependant elle ne dut pas être anonyme, car Terra ciel Reij de portuguall est plutôt une étiquette de souveraineté.

Le triste sort de Gaspard et de Miguel Corte-Real ne découragea pas leur frère Vasqueanes. Ne pouvant croire qu’ils fussent morts, dit Damiào de Goes, il voulut aller les chercher sur des navires équipés à ses frais. Le roi lui en refusa l'autorisation, pensant que cette tentative serait inutile, et, ajoute l’historien portugais, « on ne pensa plus à cette affaire » 3.

Ce qu’il faut conclure de ces données, c’est que toutes les cartes portant la désignation Terra de Corte Real sont d’une date postérieure à l’automne de l’année i5o3.

1 « Ceux qui découvrirent [ce pays] ne descen-

dirent pas à terre... craignant de demeurer en ce lieu à cause de 1 imminence du danger. »

- La légende de la carte de Miller N° i (infra) dit cependant que Corte-Real donna son propre nom à celte terre : « primus invenit eamquc a suo nomine ita denominavil ». Ce serait le seul

exemple connu d’une attribution de ce genre faite par l’auteur d’une découverte maritime.

3 « Ncm se proçcdeo mais neste ncgoçio. » Damiam de Goes, Chronica do Felicissimo lier dont Emanucl , Lisboa, 1 566 , f° 65. Osouio ne fait que copier de Goes.

PREMIER DÉVELOPPEMENT CARTOGRAPHIQUE

Fait assez singulier, malgré le planisphère de La Cosa, malgré l’opinion avouée des premiers navigateurs portugais que Terre-Neuve attenait aux possessions transatlantiques de l’Espagne, les cartographes ne commencèrent à tracer la côte sans solution de continuité, depuis les régions septentrionales jusqu’à la Floride ou même seulement un peu au delà du cap Breton, que fort tard, chez les Espagnols comme chez les Portugais.

La première carte accusant pour Terre-Neuve des contours plus étendus et une nomenclature moins limitée que dans les cartes précédentes, est l’œuvre catalano-lusitanicnne intitulée Kunstmann N° III KUNSTMANN N° III

Ce qui frappe surtout dans cette carte, c’est la configuration et la position si exacte du Groenland. Kohl ne peut s’en expliquer la provenance. Nous croyons que le prototype de Cantino devait déjà donner cette forme, et à cette latitude ; car ce qu’il en reste dans Cantino laisse deviner une délinéation semblable, et non une île comme dans Ring et Kunstmann N° II.

La région continentale à l’Occident est bien Terre-Neuve; mais ici elle se prolonge au Nord-Ouest, et affecte la forme qu’on donne aujourd’hui au littoral du Labrador. Lorsque les deux navires de Gaspar Corte-Real revinrent à Lisbonne, en octobre idoi, on apprit qu’avant de quitter la région nouvellement découverte ils en avaient exploré six ou sept cents milles de la côte2.

Comme la carte de King fixe au cap Race la limite extrême de l’exploration vers le Sud, c’est au Nord-Ouest, c’est-à-dire au Labrador, qu’on devrait,

‘Oscar Peschel, Geschichte des Zeitalters der Entdeckungen ; Stuttgart, i858, p. 33 1 ; Kohl, Documentary Ilistory of Maine, Portland, 1869, p. 174; Kunstmann, Die Entdeckung America’ s,

planche III.

2 « Perla costa de laquai scorseno forsi miglia. de. in. dcc. ne mai trouoreno fin. » Paesi, édit, de i5o7, cap. cxxi, verso de Aii. La dépêche de Pasqualigo à la Seigneurie porte : « per spazio de 600 etpiù milia ».

dans cette hypothèse, localiser ce vaste parcours. Mais alors, pourquoi n en trouvons-nous pas déjà le profil dans Gantino ? Est-ce donc que l’assertion est exagérée et que Gaspar Corte-Real n’ayant exploré que la côte orientale de

g Terre-Neuve et le Groenland selon Kunstmann n° III.

Terre-Neuve nous devons diminuer ce chiffre de moitié, puisque du cap Race

au détroit de Belle-Isle on ne compte que cinq degrés de latitude (47°-52°) ?

11 faut aussi remarquer une limite tracée au Sud et, au delà, dans la même direction, mais teintée autrement, un commencement de côte se prolongeant, selon l’échelle des latitudes de la carte, du 48° au 43°.

Le titre Terra de Cortc Reall indique, ainsi que nous venons de le démontrer, un travail de cartographe postérieur à iao3, et ces délinéations témoignent de renseignements obtenus après les voyages malheureux des deux frères. Il est possible qu’elles aient pour origine les épures que durent rapporter les capitaines envoyés à leur secours par le roi Emmanuel. Dans l’état actuel de la question, c est tout ce qu on peut en diie.

Le Groenland ne porte que trois noms, connus déjà par Ivunstmann N° II,

PREMIER DÉVELOPPEMENT CARTOGRAPHIQUE

mais inscrits sur une grande péninsule qui témoigne par sa forme d’un progrès sur le Groenland de cette dernière carte.

i. Ca de s° Paulo, 2. C. de Spuscto, 3. C. de mirame et lexame.

Quant à la nomenclature terre-neuvienne, elle ajoute sept noms à celui qui seul était connu jusqu’alors ( Capo raso ) et qu’on s’étonne de ne pas retrouver ici :

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