‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 104 sur 504 · MARS 1699. LA POINTE COUPÉE · texte numérisé non relu

MARS 1699. LA POINTE COUPÉE

canot voir si cela se pouvoit. M’ayant dit qu'ouy, avec un peu de travail, il y a un espace de cinq cents pas, où j'ay trouvé un amas de bois de trente pieds de haut, que les grandes eaux avoient amassés les uns sur les autres, qui en bouchent la sortie; je fis travailler à faire un chemin de trois cent cinquante pas de long, et fis le portage de tout ce que j'avois dans ma chaloupe, et avec des palans je les fis passer

de l’autre costé et les jeter dans la rivière avec beaucoup de

peine. Il pleuvoit et le pays estoit de vase, sur laquelle on ne pouvoit se tenir. Je finis ce travail à neuf heures du soir, avec flambeaux de cannes liées ensemble, et fus coucher de l’autre bord de la rivière, où mon frère, avec les deux canots d’escorce, avoit passé faire les tentes et à souper pour tout le monde. Nous vivons tous de bled d'Inde que j'ay acheté chez les Bayogoulas, dont nous faisons de la sagamité, n'ayant plus de vivres que deux cents livres de pain dans chaque chaloupe, que je garde pour le retour.

Le 19°, nous avons fait aujourd'huy six grandes lieues et demye et sommes venus coucher à la nuit sur la gauche de la rivière. A trois lieues du desbarquement des Oumas, j'ay fait tirer un coup de boiste pour les advertir de mon arrivée pour ne les pas surprendre. Nous avons marché aujourd’huy treize heures du jour, mes gens sont très fatiguez et ne mangeant que la sagamité, ils jurent et pestent contre les faiseurs de relations fausses, qui sont cause que je m'engage si avant.

Le 20°, je me suis rendu au desbarquement du village des Oumas, à dix heures et demye du matin, distant de ma couchée de trois lieues, où j'ay trouvé cinq hommes, trois Oumas et Quinipissas, qui m'y attendoient avec le calumet de paix, estant venus du village, ayant entendu le coup de pierrier.

Du tant Bayogo terre, no et avons lage, les du chem tant tou mauvais escarpé midy, nq cens pas le calun ce qui nouvea avoit tr firent ar attendar vint not marchoi de paix, considé:

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