MARS 16090. CHEMIN DE BILOXI. — BATON ROUGE
mer dans la baye où sont les navires mouillés; le Mississipy se jette dedans. Voilà la seule fourche qu'ils connoissent : la rivière depuis leur village a beaucoup serpenté. Plus je vais en haut, et plus je trouve le pays advancé : le raisin est grainé gros comme le plomb à bécassine, et plus; il y en a beaucoup le long dé la rivière. Le pays noye d’un pied, je ne sçay si dans les terres c’est la mesme chose.
Le 17°, nous nous sommes rendus à une petite rivière à la droite de la rivière, à cinq lieues et demye de la couchée, où ils nous faisoient connoistre qu’il y avoit une grande quantité de poissons, où j'ay fait tendre des filets et n’ay pris que deux barbues. Les Sauvages s’estant arrestés deux lieues au decà pour chasser aux ours, où ils disent qu'il y en a beaucoup, mon frère y a resté avec eux. Cette rivière fait la séparation du pays pour les chasses des Bayogoulas et des Oumas. Il ya sur le bord beaucoup de cabanes couvertes ide lataniers ct un ay sans branches, rougy avec plusieurs testes de pois-
sons et d’ours attachées en sacrifice. Le terrein est parfaite-
ment beau.
Le 18°, mon frère et ces Sauvages m'ont joint, qui n'ont rien tué; mon frère a tué un ours. À deux lieues de la couchée, j’ay trouvé une isle d’une lieue de long; c’est la première que j’aye trouvée sur la rivière. A deux lieues de l’isle, à la droite, j'ay trouvé un pays haut, élevé de cinquante pieds de terre; terre sablonneuse, comme à Estampes, pendant deux lieues; l’autre bord plat comme ailleurs. A six lieues et demye de la couchée, nous avons trouvé un ruisseau large de six pieds, qui vient de la rivière du Mississipy. Les Sauvages m'ont dit que, si je pouvois passer mes chaloupes par là, j’abrégerois d’une journée de chemin. J’envoyay mon frère en