MARS 1699. LES OUMAS APPORTENT DU BLED D'INDE
Illes trouva en desbauche avec des femmes au village; il les pressa de venir me trouver, ils ie remirent au lendemain. Après plusieurs instances que mon frère leur fit, ne voulant pas venir, il les laissa, et paroissant mescontent d'eux, s'envint tout d’une course et se rendit à neuf heures du soir avec bien de la peine, n'y voyant goutte dans les cannes. A dix heures du soir, trois Bayogoulas et six Oumas s’en vinrent, nous apportant le calumet de paix tout de nouveau, nous croyant faschez. Les ayant fait approcher et donner à manger, ils me dirent que le prompt départ de mon frère du village, le croyant fasché, avoit mis tout le monde en tumulte et que l'on les avoit envoyez pour nous apaiser ; que le chef m'’envoyoit huit volailles et des citrouilles, et qu'il viendroit le lendemain au matin. Je donnay quelques bagatelles à ces Sauvages, et en renvoyay cinq sur le champ, à la clarté des flambeaux de cannes sè.".cs, dire au village que j'avois besoin de bled d'Inde, a : l’on m'en apportast, je les payerois. A deux lieues au dessus du desbarquement des Oumas, il y a une petite isle de demy lieue de tour; c’est la troisiesme que j’aye veue dans cette rivière entre les Bayogoulas et les Oumas.
Le 23°, sur les huit heures du matin, le chef des Oumas vint avec quatre-vingts de ses gens et femmes en partie, chargées de bled d'Inde, citrouilles et des volailles, et le chef des Bayogoulas et le reste de ses gens me dirent qu'ils avoient creu que j'estois fasché de ce qu’ils n'estoient pas venus hyer au soir avec mon frère, mais qu'il estoit trop tard pour cela. Je leur donnay quelques rassades, alènes, couteaux et aiguilles pour leur bled d’Inde. Après nous estre bien fait des amitiez les uns aux autres et dit adieu je m’embarquay. Le
chef des Oumas et un des principaux de ses gens me condui-