MARS 1699. RETOUR DE SAUVOLE PAR LE FLEUVE
deux biscayennes sont arrivées du Mississipi. Sauvolle me dit n’avoir peu sonder le chenal du milieu à cause du vent, et qu'il n’avoit pas séjourné là pour attendre le beau temps pour cela, ayant peu de vivres, n’en ayant pas pris aux Bayogoulas, sur un petit différend que causa le Père Récollect, qui ayant perdu son bréviaire, s'en alla au village pleurant et s’adressant au chef des Bayogoulas, qui vint au camp assez courroucé contre le père qui faisoit toujours grand bruit, que l’on fut obligé de faire taire et retirer, n’ayant pas de raison. Le Bayogoula , estant véritablement fasché que l’on accusast ses gens, pendant qu’il y avoit là plusieurs Sauvages de différentes nations, qui pouvoient l'avoir fait aussy bien que ses gens. Il fist entendre au Sieur de Sauvolle de s’en aller. Le bruit s’apaisa à la fin. Le chef des Bayogoulas donna à mon frère un petit Sauvage qu'il avoit adopté, pour marque d'amitié, et mon frère luy donna un fuzil et quelque munition. Nos gens remarquèrent que des femmes remportèrent du pain qu’elles avoient apporté; ils partirent sans cela, et le vent les excita pour s’en venir, qui ne l’est pas souvent, les vents régnant ordinairement à l’est-nord-est. Mon frère m'a apporté une lettre que le chef des Mougoulaschas avoit, que Tonty luy avoit laissée en montant pour M. de La Salle, dont voilà la copie.
Du village des Quinipissas, le 20 avril 1685.
« Monsieur,
« Ayant trouvé le poteau, où vous aviez arboré les armes du Roy, renversé par les boys de marées, j'en ay fait planter un autre au deçà, environ sept lieues de la mer, et j'ay laissé une
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