‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 117 sur 504 · MARS 1609. D'IBERVILLE ARRIVE AUX VAISSEAUX · texte numérisé non relu

MARS 1609. D'IBERVILLE ARRIVE AUX VAISSEAUX

de fond à vingt-trois pieds de ligne. Le vent estant au sud-est, j'ay laissé la grande passe et ay suivy entre des isles, où j’ay trouvé une rivière d’eau douce, large de trois cents pas ct trois brasses de profondeur, qui se fourche en deux, une allant dans la grande passe et l’autre courant entre des isles que j'ay suivies cinq lieues, où j'ay couché. Tous ces environs de rivière m'ont paru très beau pays, remply de belles prairies et quelques isles, propres à habiter. Je ne me suis pas mis en peine de suivre la sortie du desgorgement de ce lac, que j'estime à huit ou dix lieues des navires, que Surgères aura envoyé reconnoistre.

Le 30°, j’ay continué ma route à l’est un quart nord-est, le long de la coste estant tout à fait sale. J’ay fait sept lieues et me suis rendu à une pointe, que j’ay reconnue pour estre celle où je desbarquay la première fois que je mis à terre, au nord des navires, le temps couvert et un peu de vent. J’ay couché là, où j'ay fait un grand feu pour estre veu des navires, qui sont à quatre lieues de moy, pour avoir les chaloupes demain, en cas qu'il vente pour aller à bord. Je trouve par mes courses réduites que le rumb de vent, depuis l'embouchure de la rivière d’Iberville dans le Malbanchya à venir aux navires, doit estre l’est-sud et la distance de quarante-huit lieues, les navires par 30 degrez o minutes.

Le 31° mars, calme. Je suis party avec mes deux canots pour traverser et aller à bord. À moitié chemin, j'ay rencon-

tré les deux felouques, qui venoient voir ce que c’estoit que le feu que j’avois fait à terre. Je me suis rendu à bord sur le

midy, où j'ay trouvé tous mes gens en bonne santé; seulement mon contre-maistre de mort et deux matelots de malides et l’autre noyé. Sur les deux heures après midy, les

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